mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2409546 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL HAUT ANJOU AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 24 juin 2024 et le 11 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Caverne, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 12 avril 2024, par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Les Ligériennes a prononcé sa radiation des cadres pour atteinte de la limite d'âge à compter du 27 mai 2024, ainsi que celle du 29 mai 2024 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à cet établissement de le réintégrer dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui rétrocéder son traitement pour la période concernée ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement Les Ligériennes la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ; il a déposé le 24 juin 2024 auprès du tribunal une requête tendant à l'annulation de la décision du 12 avril 2024 ; l'établissement Les Ligériennes a répondu selon les termes de son courrier du 29 mai 2024 à son recours gracieux ;
- la condition d'urgence est satisfaite ; il a saisi le 21 mai 2024 l'établissement les Ligériennes d'un recours gracieux tendant au retrait de la décision attaquée qui a fait l'objet d'une décision de rejet réceptionnée le 3 juin 2024 ; il a saisi le tribunal le 24 juin 2024 de sa demande de suspension, ; il est âgé de 62 ans ; il ne peut aujourd'hui percevoir de pension de retraite dès lors qu'il n'a pas atteint l'âge légal de la retraite ; cette retraite, évaluée mensuellement à 855 euros, même cumulée aux revenus de son épouse, d'un montant mensuel de 1 314 euros, ne permettra pas de couvrir les charges du foyer qui s'élèvent à 1 079 euros et de vivre dignement ; il ne dispose d'aucun revenu annexe ; aucun versement de pension ne pourra être effectif avant juin 2025 ; sa mise à la retraite brutale lui cause un préjudice moral important.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées:
* la décision du 12 avril 2024 est entachée d'un vice d'incompétence ;
* elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a jamais été avisé, avant son édiction, de ce qu'il approchait de l'âge légal de la retraite ou l'âge limite pour exercer ses fonctions alors qu'il avait interrogé le service des ressources humaines de l'établissement sur l'impact de son congé longue durée sur ses droits à la retraite ; il n'avait pas à formuler de demande de prolongation d'activité dans les six mois précédant sa mise à la retraite, compte tenu de son âge ; en se prononçant sur son inaptitude sans avoir saisi le comité médical au préalable dès lors qu'une reprise à mi-temps thérapeutique était envisagée en septembre 2023, l'établissement Les Ligériennes a entaché sa décision de mise à la retraite d'un vice de procédure au regard de l'article 17 du décret n°88-386 du 19 avril 1988 ; lors de la séance du 12 mars 2024, le comité médical n'a pas pu se prononcer sur son inaptitude de Monsieur B à exercer ses fonctions ; un réexamen de la situation était envisagé pour les séances de juin ou de juillet, comme indiqué dans le courriel de Mme A en date du 19 mars 2024, ainsi que l'examen de la proposition de reprise à mi-temps thérapeutique ; l'établissement employeur ne pouvait donc se prononcer sur son aptitude physique, tel que le spécifie le courrier du 12 mai 2024, accompagnant la décision de radiation ; selon les dispositions de l'article L. 550-1 du code de la fonction publique, la radiation d'office ne peut intervenir que sous certaines conditions, notamment selon le 5° l'admission à la retraite ;
* elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'en application de l'article 1er du décret 2023-436 du 3 juin 2023 et compte tenu de sa date de naissance, le 26 mai 1962, l'âge de son départ à la retraite est fixé à 62 ans et 6 mois ;
* elle est entachée d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure ; l'administration lui a fourni des informations erronées dans le but de le radier des effectifs sans lui permettre de faire valoir ses droits ou de solliciter une prolongation d'activité dans les six mois précédant son départ à la retraite ; si l'administration souhaitait le radier, elle aurait dû mettre en place une procédure de mise à la retraite pour inaptitude ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, l'établissement les Ligériennes, représenté par Me Rolland, conclut au rejet de la requête et demande en outre qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 avril 2024 est irrecevable pour cause de tardiveté ; le recours gracieux a été adressé à un établissement tiers qui n'est pas l'employeur de M. B ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie : la décision du 12 avril 2024 porte sur la radiation des cadres de M. B pour atteinte de la limite d'âge dans l'emploi occupé et non de mise à la retraite ; il n'apporte aucune information sur sa situation actuelle et n'indique pas avoir sollicité le bénéfice des allocations de retour à l'emploi auxquelles il peut prétendre, ni avoir demandé son placement en retraire ; ces possibilités lui avaient été clairement précisées dans la décision attaquée ;
- aucun des moyens soulevés par M. B n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait ;
* les vices de procédures allégués ne sont pas établis ; alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait à l'établissement de l'informer à quel âge il serait éligible à la retraite et du délai de six mois avant la survenance de la limite d'âge pour la retraite pour déposer une demande de prorogation d'activité, la décision du 12 avril 2024 contient les différentes options ouvertes pour organiser son retour à l'emploi compte tenu de sa situation de travailleur en congé de longue durée et pour demander le cas échéant une demande de prorogation d'activité ;
* la décision attaqué a été prise sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 556-1 du code général des collectivités territoriales ; l'âge limite d'activité de l'emploi occupé par M. B, figurant dans la catégorie dite " active ", est de 62 ans ; cette décision n'est donc entachée d'aucune erreur de droit ; l'établissement ne s'est jamais prononcé en lieu et place du comité médical sur son aptitude ou son inaptitude à occuper le poste ; la date du 27 mai 2024 correspondait bien à la date d'ouverture de ses droits auprès de la CNRACL ; dès lors que M. B était en situation de congé de longue durée et non déclaré apte physiquement au jour de la survenance de la limite d'âge du poste occupé, toute prolongation d'activité était impossible le concernant ;
* le détournement de pouvoir et le détournement de procédure ne sont pas établis ; il a été rendu destinataire d'un mail afin de lui proposer un rendez-vous pour échanger sur son souhait de reprise au sein de la structure ;
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 juin 2024 sous le numéro 2409557 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juillet 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Allio-Rousseau, juge des référés,
- les observations de Me Caverne, avocat de M. B, en sa présence.
La clôture de l'instruction a été reportée au 12 juillet 2024 à 14 heures.
Une note en délibéré, produite par l'Etablissement Les Ligériennes, a été enregistrée le 11 juillet 2024 et communiquée.
Des pièces complémentaires produites pour M. B ont été enregistrées le 12 juillet 2024 et communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 29 mai 2024 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Les Ligériennes a prononcé sa radiation des cadres pour atteinte de la limite d'âge à compter du 27 mai 2024, ainsi que celle du 29 mai 2024 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 29 mai 2024 par laquelle la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Les Ligériennes a prononcé sa radiation des cadres pour atteinte de la limite d'âge à compter du 27 mai 2024, ainsi que celle du 29 mai 2024 rejetant son recours gracieux. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence et sur sa recevabilité, de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à la directrice de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) Les Ligériennes.
Fait à Nantes, le 23 juillet 2024.
La juge des référés,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
J. DIONISLa République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026