mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2409674 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AVOCATS CONSEILS REUNIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, Mme B C, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 25 avril 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire a prononcé son licenciement pour faute grave ;
2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départementale de Maine-et-Loire de procéder à son rétablissement dans les effectifs dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département de Maine-et-Loire la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ; elle ne perçoit plus de salaire ; dans la mesure où elle a été suspendue, elle ne peut postuler chez un autre employeur ; ses documents de fin de contrat ne lui ayant pas été transmis, elle ne perçoit pas d'allocation de retour à l'emploi ; compte tenu du caractère disciplinaire du licenciement, elle ne perçoit pas non plus d'indemnité légale de licenciement ; la décision est ainsi de nature à bouleverser ses conditions d'existence ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'incompétence à défaut pour le département de prouver que le signataire disposait d'une délégation régulière du président du conseil départemental ;
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 423-10 du code de l'action sociale et des familles et de l'article R. 422-20 du code du travail qui s'appliquent à son cas ; les faits sur lesquels la décision est fondée sont généraux, non datés, non localisés et par voie de conséquence ne sont pas établis ; elle n'a jamais fait l'objet d'une procédure disciplinaire avant son licenciement ; les griefs tirés de " difficultés de communication ", de " manque de discrétion professionnelle ", de " non-respect de la place des parents des enfants confiés et de défaut d'implication dans la vie quotidienne des enfants (absences répétées aux rendez-vous scolaires ", ne sont pas clairs et précis ; le département a déjà procédé à une restriction de son agrément le 9 janvier 2024 en se fondant sur les mêmes faits et griefs ;
* la sanction est disproportionnée ; pour les faits énoncés dans la décision de licenciement pour faute grave du 25 avril 2024, elle a déjà été convoquée le 20 décembre 2023 devant la commission consultative paritaire départementale (CCPD), avant l'édiction de la décision de la présidente du département de Maine-et-Loire du 9 janvier 2024 restreignant son agrément d'assistante familiale ; l'enquête pénale en cours et postérieure aux faits ne permet pas de tenir pour établis les faits ;
* la décision attaquée est entachée d'un détournement de procédure ; la décision de licenciement pour faute grave n'est intervenue que dans le seul but pour le département de s'exonérer du versement de l'indemnité légale de licenciement à son profit après trois ans et demi d'ancienneté.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 et le 10 juillet 2024, le département de Maine-et-Loire, représenté par Me Buffet, conclut au rejet de la requête et demande en outre qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : la requérante, qui ne fait état d'aucune circonstance particulière, ne produit pas les éléments permettant de justifier que, compte tenu des ressources et charges de son foyer, cette décision aurait des conséquences graves et immédiates sur sa situation personnelle et familiale ; il convient de tenir compte de la nécessité de garantir la sécurité et la protection des enfants placés auprès d'une assistante familiale ;
- aucun des moyens soulevés par Mme C, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* le moyen tiré de l'incompétence manque en fait ;
* la décision de licenciement répond aux exigences de motivation en fait comme en droit ; la requérante ne peut soutenir ne pas savoir quels sont les motifs de ce licenciement dès lors que ses agissements et ses insuffisances professionnelles ont donné lieu à trois décisions du département de Maine-et-Loire et à la tenue de deux CCPD ;
* elle n'est entachée d'aucune erreur d'appréciation ou de qualification juridique ; par décision en date du 9 janvier 2024, Mme C a fait l'objet d'une restriction de son agrément, lequel a ensuite été suspendu par décision en date du 1er mars 2024 suite à la réception d'une information du Procureur de la République relativement à son placement sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer des missions auprès d'enfants mineurs dans l'attente de l'audience du Tribunal correctionnel du 9 juillet 2024 devant lequel elle est poursuivie pour violences sur mineurs de 15 ans, en l'espèce ses propres enfants et ceux qui lui étaient confiés ; les faits reprochés sont constitutifs d'une faute professionnelle ; la décision de restriction d'agrément étant une mesure administrative et non une sanction disciplinaire, à l'inverse du licenciement pour faute, il n'y a aucune impossibilité de restreindre un agrément, puis de licencier son titulaire pour faute par la suite ; les faits reprochés sont établis au vu des nombreuses notes et informations dont le département dispose ;
* le détournement de procédure allégué n'est pas établi.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 juin 2024 sous le numéro 2409725 par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Allio-Rousseau, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 11 juillet 2024 à 10 heures :
- le rapport de Mme Allio-Rousseau, juge des référés,
- les observations de Me Le Brun, substituant Me Cacciapaglia, avocate de Mme C, ;
- et les observations de Me Cavalier substituant Me Buffet, avocat du département de Maine-et-Loire.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, titulaire d'un agrément en qualité d'assistante familiale depuis le 20 octobre 2020 pour l'accueil d'un enfant, étendu à deux enfants à compter du 21 juin 2021, puis restreint à un le 9 janvier 2024 et suspendu le 1er mars 2024 par une décision de la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 25 avril 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire a prononcé son licenciement pour faute grave.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par Mme C, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 25 avril 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire a prononcé son licenciement pour faute grave. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de Mme C en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés à l'instance :
4. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département de Maine-et-Loire, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par le département de Maine-et-Loire au titre des frais exposés à l'occasion de l'instance et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du département de Maine-et-Loire présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire.
Fait à Nantes, le 16 juillet 2024.
La juge des référés,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
M. ALa République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026