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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2409737

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2409737

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2409737
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation- 96h - Eloignement
Avocat requérantGUERIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I/ Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 27 juin et 1er juillet 2024 sous le n° 2409737, M. F B, représenté par Me Guerin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024, notifié le même jour à 17h30, par lequel le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre à l'autorité administrative de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;

- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée dès lors qu'il n'a pas tenu compte de sa situation personnelle ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle procède d'une erreur de droit dès lors qu'elle ne pouvait être fondée sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa situation au regard du séjour étant exclusivement régie par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle procède d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en raison d'un défaut de base légale dès lors que le préfet lui reproche la commission de certaines infractions mais ne vise aucun texte à l'appui de ses considérations ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;

- elle procède d'une erreur d'appréciation dès lors que le risque de fuite allégué n'est pas établi ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision portant interdiction de retour :

- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et procède d'une erreur d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024 à 10h23, le préfet de La Vendée conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

II/ Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 28 juin et 1er juillet 2024 sous le n° 2409770, M. F B, représenté par Me Guerin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune de Cholet pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'enjoindre à l'autorité administrative de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il procède d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à défaut de pouvoir se fonder sur une décision légale de refus de délai de départ volontaire ;

- la mesure d'assignation est disproportionnée ;

- l'arrêté attaqué est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononant une interdiction de retour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024 à 10h13, le préfet de Maine-et-Loire conclut à ce qu'il n'y ait lieu de statuer sur la requête.

Il fait valoir l'arrêté attaqué a été retiré par un arrêté du 1er juillet 2024.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 juillet 2024 à 10h30 :

- le rapport de M. Danet, magistrat désigné ;

- et les observations de Me Guérin, avocate de M. B, en présence ce dernier, assisté d'une interprète, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que sa requête. Elle soutient par ailleurs que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été édictée en méconnaissance du droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Le préfet de la Vendée et le préfet de Maine-et-Loire n'étaient ni présents ni représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, présentée par M. B, a été enregistrée le 2 juillet 2024 à 15h et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 27 juillet 1999, est entré irrégulièrement en France en mars 2021, selon ses déclarations. Par un arrêté du 19 janvier 2022, le préfet de la Vendée à édicté à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par un arrêté du 12 mars suivant, cette même autorité l'a assigné à résidence, mesure renouvelée le 13 juin suivant puis le 16 avril 2024. A la suite de son interpellation par les services de police le 24 juin 2024 pour vol à l'étalage, le préfet de la Vendée a prononcé à son encontre, le 25 juin 2024, un nouvel arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un arrêté du 26 juin 2024, le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours sur le territoire de la commune de Cholet, où il a déclaré résider. Par les deux requêtes susvisées, M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés.

2. Ces deux requêtes présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la requête n° 2409734 :

Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du préfet de la Vendée du 25 juin 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

3. En premier lieu, par un arrêté du 9 février 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Vendée a donné délégation à M. E D, directeur de la citoyenneté et de la légalité au sein de cette préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, assorties ou non d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

4. En second lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application. Il fait état du parcours et de la situation administrative de M. B, en précisant que ce dernier n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où réside sa famille et où, au surplus, il n'établit pas être exposé à un risque de traitements inhumains ou dégradants. Par ailleurs, l'arrêté attaqué justifie le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire par l'existence d'un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français, dès lors qu'il ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et en l'absence de circonstance particulière. Enfin, l'arrêté mentionne que le refus d'un délai de départ volontaire et l'absence de circonstances humanitaires, après examen de la situation personnelle de l'intéressé, justifient le prononcé d'une interdiction de retour, dont la durée, fixée à trois ans, ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au regard de sa durée de présence en France, de l'absence de liens suffisamment anciens, forts et caractérisés sur le territoire français, de son comportement troublant l'ordre public et de la non-exécution d'une précédente mesure d'éloignement. L'arrêté litigieux comporte ainsi et avec suffisamment de précisions les considérations de droit et de fait qui le fondent. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées seraient insuffisamment motivées.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :

5. En premier lieu, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.

6. Au moment de son interpellation par les services de police le 24 juin 2024 et à la date de la décision attaquée, M. B faisait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence, renouvelée en dernier lieu le 16 avril 2024, elle-même consécutive à une obligation de quitter le territoire sans délai du 19 janvier 2022 à laquelle il s'est soustrait. Ces décisions lui ont été régulièrement notifiées. Si lors de son audition par les services de police, il n'a pas été expressément interrogé sur sa situation administrative et sur les conséquences éventuelles sur sa situation personnelle de l'édiction d'une nouvelle mesure d'éloignement, l'intéressé ne pouvait cependant ignorer qu'il était susceptible de faire l'objet d'une telle mesure et a été, en tout état de cause, mis à même, à l'occasion de cette audition, au cours de laquelle il a bénéficié de l'assistance d'un avocat, de faire valoir toute observation utile. Au demeurant, il n'établit ni même n'allègue avoir sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise l'obligation de quitter le territoire français et ne fait pas état, dans le cadre de la présente instance, d'éléments qui, s'ils avaient été connus du préfet, auraient pu le conduire à prendre une décision différente. Dans ces conditions, le moyen tiré par le requérant de ce que l'absence de mise en œuvre de son droit d'être entendu avant l'édiction de la décision attaquée l'aurait privé d'une garantie ne peut qu'être écarté.

7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision attaquée, que le préfet de la Vendée a procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de M. B avant de prononcer son éloignement, cet examen établissant par ailleurs que, contrairement à ce qui est allégué, le préfet ne s'est pas cru à tort en situation de compétence liée pour prendre une telle mesure à l'encontre du requérant.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Si les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent exclusivement la situation des ressortissants algériens en ce qui concerne leur droit au séjour en France, elles ne prévoient en revanche en ce qui concerne ces mêmes ressortissants aucune dérogation au droit commun de l'éloignement des étrangers en situation irrégulière, fixé par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, les dispositions, en particulier, de l'article L. 611-1 de ce code s'appliquent de plein droit aux ressortissants algériens. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur de droit en ce qu'elle se fonde sur ces dispositions.

9. En quatrième lieu, si le requérant fait valoir que le préfet ne pouvait légalement retenir à son encontre le motif tiré d'une menace à l'ordre public, il ressort des termes de la décision litigieuse que ce dernier n'a pas entendu se fonder sur un tel motif mais sur la circonstance, prévue au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, que le requérant est entré irrégulièrement en France et s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Vendée aurait entaché sa décision d'un défaut de base légale.

10. Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. M. B fait valoir qu'il est présent en France depuis trois ans à la date de la décision attaquée et fait état d'une relation de concubinage avec Mme A C, ressortissante française, depuis le 26 août 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et ainsi qu'il a été dit au point 1, que M. B, qui est entré irrégulièrement sur le territoire français en mars 2021 et n'a entrepris aucune démarche en vue de régulariser sa situation au regard de son droit au séjour, a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement par arrêté du préfet de la Vendée du 19 janvier 2022, à laquelle il n'a pas déféré. Il est d'ailleurs constant qu'il n'a pas respecté les obligations lui incombant résultant de l'arrêté d'assignation à résidence édicté à son encontre le 13 juin 2022 en vue de l'exécution de cette mesure d'éloignement. En outre, l'intéressé n'établit pas sa particulière intégration en France alors, que par ailleurs, il s'est fait défavorablement connaître par les services de police à plusieurs reprises, notamment pour vol à l'étalage, détention et usage de produits stupéfiants, recel de vol et port d'arme prohibé les 12 mars 2022, 13 juin 2022 et 24 juin 2024. Au surplus, outre le caractère récent de sa présence en France, il ne justifie pas y avoir développé des liens personnels d'une particulière intensité. A cet égard, la relation de concubinage dont il se prévaut est récente et ne peut être regardée comme présentant un caractère établi et stable. Enfin, M. B n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Vendée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux regard des buts en vue desquels la décision attaquée a été prise ni qu'il aurait entaché cette dernière d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Au terme de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Au terme de son article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; ".

13. En premier lieu, M. B est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par ailleurs, il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Dès lors, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet de la Vendée n'a pas fait une application inexacte des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.

14. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Vendée, par la décision attaquée, aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant de la décision portant interdiction de retour :

15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

16. En premier lieu, M. B fait l'objet, par l'arrêté en litige, d'une obligation de quitter le territoire français pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Par ailleurs, le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. C'est dès lors à bon droit et sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de la Vendée a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.

17. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été mis en cause le 12 mars 2022 pour vol à l'étalage et qu'il a reconnu les faits, comme le mentionne le procès-verbal de son audition par les services de police. De même, la matérialité des faits de recel de vol et de port d'arme prohibé commis le 13 juin 2022 ainsi que des faits de vol et d'acquisition et emploi illicites de stupéfiants commis le 24 juin 2024 n'est pas sérieusement contestée et ressort au demeurant des déclarations de l'intéressé aux services de police lors de son audition. Dans ces conditions, alors même que ces faits n'ont pas donné lieu à des condamnations pénales, eu égard par ailleurs à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressé en France rappelées au point 11, à l'existence d'une précédente mesure d'éloignement non exécutée et à l'absence de liens personnels anciens, intenses et stables en France, le préfet de la Vendée, en interdisant son retour pour une durée de trois ans, n'a ni méconnu les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

19. En deuxième lieu, au regard des développements précédents, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre la décision fixant le pays de destination.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 25 juin 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions d'annulation dirigées contre l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 25 juin 2024 portant assignation à résidence ;

21. Par un arrêté du 1er juillet 2024, postérieure à l'introduction du recours de M. B, le préfet de Maine-et-Loire a rapporté l'arrêté attaqué. Dès lors, la requête de M. B est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n° 2409770 de M. B.

Article 2 : La requête n° 2409737 de M. B et rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B, au préfet de la Vendée, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Guérin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

J. DANET

La greffière,

G. PEIGNE

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée et au préfet de Maine-et-Loire en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2 et 2409770

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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