mardi 30 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2409958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à M. A C de libérer sans délai le logement dédié aux demandeurs d'asile qu'il occupe, situé au 2 Allée du Loir à Orvault (44700), géré par l'HUDA ANEF-FERRER ;
2°) de l'autoriser à procéder à son expulsion avec le concours de la force publique ;
3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire du logement afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. C, à défaut pour lui de les avoir emportés.
Il soutient que :
- sa requête relève de la compétence de la juridiction administrative, en application de l'article L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ;
- sa requête est recevable en application de ces mêmes dispositions ;
- les conditions d'urgence et d'utilité sont satisfaites dès lors que le maintien de M. C dans un logement pour demandeurs d'asile en dépit du rejet de sa demande d'asile compromet le bon fonctionnement du service public d'hébergement des demandeurs d'asile, alors qu'au 31 janvier 2024, 1 388 demandeurs d'asile étaient en attente d'un hébergement dans le département de la Loire-Atlantique ;
- la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que M. C se maintient dans le logement alors que sa demande d'asile a été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 24 avril 2023 ; l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'a informé, par un courrier notifié le 5 juin 2023, de la fin de sa prise en charge ; par un courrier notifié le 11 août 2023, il a été mis en demeure de quitter les lieux dans un délai d'un mois ; cette mise en demeure n'a pas été suivie d'effet à ce jour.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 juillet 2024 et 25 juillet 2024, M. A C, représenté par M. B, conclut :
1°) à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) au rejet de la requête ;
3°) à titre subsidiaire, au sursis à l'exécution de la mesure d'expulsion dans l'attente des conclusions de son examen médical du 29 juillet 2024 ;
4°) à la mise à la charge de l'Etat du versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et d'une somme de 13 euros au titre des droits de plaidoirie en application des dispositions des articles R. 652-27 et R. 652-28 du Code de la sécurité sociale.
Il fait valoir que :
- les conclusions du préfet tendant à ce que le juge des référés l'autorise à procéder à son expulsion avec le concours de la force publique sont irrecevables dès lors qu'elles n'entrent pas dans le champ des mesures susceptibles d'être ordonnées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ;
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que :
* le préfet n'établit pas la saturation des centres d'accueil de demandeurs d'asile dont il se prévaut ;
* l'état de santé de M. C constitue une circonstance exceptionnelle faisant obstacle à ce que le caractère urgent de son expulsion soit admis ;
*aucune solution de relogement ne lui a été proposée ;
- la demande d'expulsion se heurte à une contestation sérieuse dès lors que :
* elle est entachée d'un détournement de procédure au regard des dispositions de l'article R. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet s'étant, à ce jour, délibérément abstenu de statuer sur sa demande de titre de séjour présentée le 30 mars 2023 pour qu'il ne puisse pas bénéficier d'une solution de relogement en application des dispositions du 2° de cet article ;
* le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
* l'expulsion sollicitée ne saurait être accordée sans méconnaitre les dispositions de l'article L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Cordrie, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cordrie, juge des référés,
- les observations de Me B, représentant M. C, en sa présence.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de la Loire-Atlantique demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion de M. C du logement dédié aux demandeurs d'asile qu'il occupe, situé au 2 Allée du Loir à Orvault (44700), et géré par l'HUDA ANEF-FERRER.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juillet 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions aux fins d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 552-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les lieux d'hébergement mentionnés à l'article L. 552-1 accueillent les demandeurs d'asile pendant la durée d'instruction de leur demande d'asile ou jusqu'à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ". Selon l'article L. 551-11 du même code : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". L'article L. 552-15 dispose : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu. / Le premier alinéa n'est pas applicable aux personnes qui se sont vues reconnaître la qualité de réfugié ou qui ont obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Il est en revanche applicable aux personnes qui ont un comportement violent ou commettent des manquements graves au règlement du lieu d'hébergement. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité.
6. L'urgence susceptible de s'attacher à la libération des lieux ne se présumant pas, il appartient au préfet de soumettre au juge des référés des éléments précis et actualisés de nature à caractériser une telle urgence à la date de sa saisine. Si le préfet fait valoir qu'au 31 janvier 2024, 1 388 demandeurs d'asile étaient en attente d'un hébergement dans le département de la Loire-Atlantique, ces données chiffrées, antérieures de plus de cinq mois à la saisine du juge des référés, ne présentent pas un caractère suffisamment actuel pour que le maintien de M. C dans un logement pour demandeurs d'asile en dépit du rejet définitif de sa demande d'asile puisse, en l'espèce, être regardé comme de nature à compromettre le bon fonctionnement et la continuité du service public d'hébergement des demandeurs d'asile. Dès lors, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme remplie. Il en résulte que la requête du préfet de la Loire-Atlantique doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
7. M. C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me B d'une somme de 1 000 euros, laquelle inclut les droits de plaidoirie.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête du préfet de la Loire-Atlantique est rejetée.
Article 3 : L'Etat versera à Me B, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, la somme de 1 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à M. A C et à Me B.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 30 juillet 2024.
Le juge des référés,
A.CORDRIE
La greffière,
J. DIONISLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026