jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2409978 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête enregistrée sous le n° 2409978 le 3 juillet 2024, Mme C E F, représentée par Me Carmier, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 16 mai 2024 par laquelle les autorités consulaires françaises à Addis-Abeba (Ethiopie) ont refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à l'enfant A Cabdikarim D ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa demandé dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite au regard de la durée de séparation de six années avec son enfant sur laquelle elle exerce seule l'autorité parentale et qui vit isolée en Ethiopie qui n'est pas son pays d'origine avec sa fratrie laquelle ne peut plus être prise en charge par la personne qui les accueillait temporairement, l'intérêt supérieur de l'enfant et le respect du principe d'unité familiale imposant un regroupement rapide ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
II) Par une requête enregistrée sous le n° 2409988 le 3 juillet 2024, Mme C E F, représentée par Me Carmier, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 16 mai 2024 par laquelle les autorités consulaires françaises à Addis-Abeba (Ethiopie) ont refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à l'enfant G Cabdikarim D ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa demandé dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite au regard de la durée de séparation de six années avec son enfant sur laquelle elle exerce seule l'autorité parentale et qui vit isolé en Ethiopie qui n'est pas son pays d'origine avec sa fratrie laquelle ne peut plus être prise en charge par la personne qui les accueillait temporairement, l'intérêt supérieur de l'enfant et le respect du principe d'unité familiale imposant un regroupement rapide ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
III) Par une requête enregistrée sous le n° 2409990 le 3 juillet 2024, Mme C E F, représentée par Me Carmier, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 16 mai 2024 par laquelle les autorités consulaires françaises à Addis-Abeba (Ethiopie) ont refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à l'enfant B Cabdikarim D ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa demandé dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite au regard de la durée de séparation de six années avec son enfant sur laquelle elle exerce seule l'autorité parentale et qui vit isolée en Ethiopie qui n'est pas son pays d'origine avec sa fratrie laquelle ne peut plus être prise en charge par la personne qui les accueillait temporairement, l'intérêt supérieur de l'enfant et le respect du principe d'unité familiale imposant un regroupement rapide ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
IV) Par une requête enregistrée sous le n° 2409991 le 3 juillet 2024, Mme C E F, représentée par Me Carmier, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 16 mai 2024 par laquelle les autorités consulaires françaises à Addis-Abeba (Ethiopie) ont refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à l'enfant H D ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa demandé dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros hors taxes à verser à son conseil, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite au regard de la durée de séparation de six années avec son enfant sur laquelle elle exerce seule l'autorité parentale et qui vit isolé en Ethiopie qui n'est pas son pays d'origine avec sa fratrie laquelle ne peut plus être prise en charge par la personne qui les accueillait temporairement, l'intérêt supérieur de l'enfant et le respect du principe d'unité familiale imposant un regroupement rapide ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les requêtes par lesquelles la requérante demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E F est entrée en France le 17 juin 2022 et s'est vu accorder par la France le bénéfice de la protection subsidiaire le 10 janvier 2023. Un visa d'entrée et de long séjour en vue de la rejoindre a été sollicité auprès des autorités consulaires françaises à Addis-Abeba (Ethiopie) pour les enfants A, G, B et H D. Lesdites autorités ont refusé les demandes de visa pour les enfants par une décision du 16 mai 2024 notifiées le 24 mai suivant. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a été saisie du recours préalable obligatoire contre lesdites décisions le 1er juillet 2024. Mme E F demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions consulaires.
Sur la jonction :
2. Les quatre requêtes, n°2409978, n°2409988, n°2409990 et n°2409991 présentées par Mme E F, concernent la situation de quatre enfants de la requérante, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter sans instruction ni audience les demandes qui ne présentent pas un caractère d'urgence.
4. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l'espèce, être déférée au juge qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l'urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l'administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
5. Pour établir la condition d'urgence particulière la requérante fait valoir la circonstance qu'elle est la seule représentante légale de ses quatre enfants, et l'impossibilité pour la personne les hébergeant à Addis-Abeba de poursuivre leur prise en charge. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, si la requérante a obtenu la protection subsidiaire depuis le 10 janvier 2023, elle ne pouvait pas envisager de solliciter un visa tant que le père des quatre enfants n'avait pas transféré son autorité parentale, ce qui n'a été fait que par attestation authentifiée par le tribunal de district de Yakshid le 11 novembre 2023, ramenant de ce fait la période de séparation effective et opposable à huit mois. Par ailleurs, l'attestation de Mme I, prenant supposément les quatre enfants en charge à Addis-Abeba, est établie le 6 juin 2024, postérieurement aux refus de visa, alors que rien n'est précisé quant aux conditions dans lesquelles les enfants sont parvenus en Ethiopie, la durée de ladite prise en charge alors que les enfants étaient encore sous la responsabilité de leur père jusqu'au mois de novembre 2023 ni à quelle échéance cette prise en charge pourrait prendre fin, ni même si un autre membre de la famille ne pourrait y pallier. Enfin, il ressort des pièces du dossier, notamment des déclarations de la requérante devant l'office français de protection des réfugiés et des apatrides au cours de l'examen de sa demande d'asile, que lesdits enfants, nés en 2009 et 2010 sont issus d'un premier mariage qui a pris fin par divorce en 2011 alors que la requérante s'est remariée dès l'année 2012 sans que soit précisé dans quelles conditions elle a maintenu des relations avec ses premiers enfants et alors qu'elle a eu trois autres enfants en 2013 et 2016, qu'elle est partie travailler seule en Arabie Saoudite de 2018 à 2020, puis à Aden (Yemen) et a finalement fui vers l'Europe pour arriver en France en juin 2022. Ainsi, la situation des intéressés, telle qu'elle résulte des pièces communiquées, ne permet pas de caractériser une atteinte suffisamment grave et immédiate aux intérêts de la requérante comme des enfants justifiant l'intervention du juge des référés avant que le recours préalable obligatoire à l'encontre des décisions consulaires, enregistré le 1er juillet 2024, soit examiné par la commission de recours. Dans ces conditions, la condition d'urgence particulière, exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, en l'état de l'instruction, être regardée comme satisfaite. Il suit de là que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions en applications des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes n°2409978, n°2409988, n°2409990 et n°2409991 présentées par Mme E F sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C E F et à Me Carmier.
Fait à Nantes, le 4 juillet 2024.
Le juge des référés,
B. Echasserieau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2409978 2409988 2409990 2409991
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026