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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2410230

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2410230

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2410230
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGOUACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Gouache, demande au juge des référés de modifier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'ordonnance n° 2310982 du 17 août 2023 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Nantes en tant qu'elle a enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, en assortissant cette injonction de réexamen d'une astreinte de 200 euros par jour de retard et d'une injonction de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il séjourne depuis près d'un an sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour ne l'autorisant pas à travailler, ce qui le place dans une situation de grande précarité alors que son état de santé requiert une stabilisation de ses conditions de vie ;

- le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas exécuté l'injonction de réexamen de sa demande de titre de séjour prononcée par l'ordonnance n° 2310982 du 17 août 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir qu'il a procédé au réexamen de la demande de titre de séjour de M. B ; par un courrier du 18 juillet 2024 adressé au requérant par l'intermédiaire de son conseil, il l'a informé de ce qu'il entendait le convoquer pour lui remettre un titre de séjour d'une durée de validité d'un an ; par un courriel du 22 juillet 2024, il a convoqué M. B le 24 juillet à 9 heures en vue de la remise de son titre de séjour.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juillet 2024.

Vu :

- l'ordonnance n° 2310982 rendue par la juge des référés du tribunal administratif de Nantes le 17 août 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Cordrie, conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cordrie, juge des référés,

- les observations de Me Soreau, substituant Me Gouache, représentant M. B, en sa présence, Me Soreau présentant des conclusions nouvelles tendant à la mise à la charge de l'Etat du versement d'une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 16 mars 1993, a sollicité auprès du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le préfet a rejeté sa demande par une décision du 1er juin 2023, dont l'exécution a été suspendue par une ordonnance n° 2310982 du 17 août 2023 de la juge des référés du tribunal administratif de Nantes, qui a également ordonné au préfet de réexaminer la demande de M. B dans un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance. En l'absence d'exécution par le préfet de cette mesure d'injonction, M. B a saisi le juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, de conclusions tendant à ce que cette mesure soit assortie d'une astreinte et d'une injonction de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

3. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête, par un courrier du 18 juillet 2024 adressé au requérant par l'intermédiaire de son conseil, le préfet de la Loire-Atlantique a informé M. B qu'il entendait le convoquer pour lui remettre un titre de séjour d'une durée de validité d'un an, puis, par un courriel du 22 juillet 2024, le préfet a convoqué M. B le 24 juillet à 9 heures en vue de la remise de son titre de séjour. Il résulte cependant des observations présentées par le conseil de M. B lors de l'audience publique du 25 juillet 2024 que ni le courrier ni le courriel précités n'ont pu parvenir au requérant du fait des erreurs que comportaient les adresses renseignées par les services de la préfecture, de sorte que M. B n'a pas été en mesure de se présenter à cette convocation. Il ne se trouvait ainsi pas en possession de son titre de séjour à la date à laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée. Toutefois, le courrier du 18 juillet 2018 constitue un engagement suffisamment ferme de la part du préfet pour qu'en l'état de l'instruction, eu égard à l'office du juge des référés, l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2310982 du 17 août 2023 soit regardée comme exécutée. Par suite, les conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative se trouvent dépourvues d'objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

4. M. B ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gouache d'une somme de 800 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative

Article 2 : L'Etat versera à Me Gouache, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, la somme de 800 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Gouache et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Nantes, le 30 juillet 2024.

Le juge des référés,

A. CORDRIE

La greffière,

M. A La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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