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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2410348

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2410348

vendredi 20 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2410348
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNERAUDAU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par M. A C pour contester un arrêté préfectoral du 21 juin 2024 portant abrogation de son attestation de demandeur d'asile, obligation de quitter le territoire, fixation du pays de destination et interdiction de retour d'un an. En cours d'instance, le préfet de la Vendée a abrogé cette décision par un arrêté du 7 mai 2025. Le tribunal constate que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet et prononce un non-lieu à statuer. Sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat est condamné à verser 800 euros à l'avocat du requérant, sous réserve de renonciation à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. B A C, représenté par Me Neraudau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2024 par lequel le préfet de la Vendée a abrogé son attestation de demandeur d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an avec obligation de se présenter une fois par semaine à la brigade de gendarmerie de Challans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer une autorisation de séjour ou de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2025, le préfet de la Vendée conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que la décision attaquée a été abrogée par un arrêté du 7 mai 2025.

Par une décision du 10 juin 2025, M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative ;

- la loi du 10 juillet 1991.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de () formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête / () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Par la présente requête, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 juin 2024 par lequel le préfet de la Vendée a abrogé son attestation de demandeur d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, par une décision du 7 mai 2025, postérieure à l'enregistrement de la requête, le préfet de la Vendée a abrogé la décision attaquée. Dès lors, les conclusions de M. A C aux fins d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

3. M. A C ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Neraudau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit d'une somme de 800 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A C aux fins d'annulation et d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à Me Neraudau la somme de 800 euros (huit cents euros) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Neraudau renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C, au préfet de la Vendée et à Me Neraudau.

Fait à Nantes, le 20 juin 2025.

Le président,

L. MARTIN

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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