vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2410580 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AMROUCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 et 29 juillet 2024, Mme B A, représentée par Me Amrouche, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet née le 18 juin 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française au Caire (Egypte) refusant de lui délivrer un visa de long séjour dit de retour en France ;
2°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, de lui délivrer sans délai le visa sollicité ; à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa demande de visa " recherche d'emploi ou création d'entreprise " ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que son absence prolongée du territoire français est susceptible de remettre en cause l'instruction de sa demande de titre de séjour " recherche d'emploi ou création d'entreprise " déposée le 13 novembre 2023 ; elle a dû se rendre en Egypte en urgence le 26 novembre 2023 pour rejoindre sa mère, victime d'une crise cardiaque ; elle avait accompli en temps utile toutes les diligences nécessaires pour solliciter ce titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
*elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : elle se trouvait en situation régulière sur le territoire français à la date de sa demande de visa, mais dépourvue de documents lui permettant de rentrer en France ; elle a été convoquée à deux reprises par la préfecture en vue de se voir remettre un récépissé de demande de carte de séjour, en dernier lieu le 20 février 2024 et ces convocations la maintenaient en situation régulière jusqu'à la date de la demande de visa ; sa demande s'inscrit dans un projet d'insertion professionnelle sur le territoire en cohérence avec l'objet initial de son séjour en France ;
*subsidiairement, elle est fondée à solliciter un visa en vue de se voir délivrer un titre de séjour création d'entreprise et/ou recherche d'emploi ; elle est éligible à la délivrance de ce titre de séjour grâce au diplôme dont elle est titulaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée : l'autorité préfectorale a émis un avis défavorable à la demande ; elle n'est pas éligible à la délivrance du titre de séjour sollicité.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 juillet 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 3 juillet 2024 sous le numéro 2410022 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Guilloteau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 juillet 2024 à 10h :
- le rapport de M. Guilloteau, juge des référés ;
- les observations de Me Amrouche, représentant Mme A, qui insiste sur le fait que le diplôme de l'intéressée la rend éligible à la délivrance du titre de séjour sollicité ;
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur et des outre-mer, qui s'en rapporte à ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissant égyptienne, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 18 juin 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française au Caire refusant de lui délivrer un visa de long séjour dit de retour en France.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. En se bornant à soutenir que la décision attaquée compromet ses chances d'obtenir le titre de séjour sollicité, alors au demeurant qu'il résulte de l'instruction que sa demande d'autorisation provisoire de séjour a été classée sans suite par la préfecture des Hauts-de-Seine le 21 février 2024, laquelle a également émis un avis défavorable à sa demande, Mme A, qui n'apporte par ailleurs aucun élément concret sur ses perspectives professionnelles en France, et ne fait état d'aucune autre circonstance particulière la concernant, n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Amrouche.
Fait à Nantes, le 2 août 2024.
Le juge des référés,
T. GUILLOTEAU
La greffière,
M-C. MINARDLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026