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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2412053

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2412053

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2412053
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantARNAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 août 2024, Mme B A, représentée par Me Arnal, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 30 mai 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de la munir, dans l'intervalle, d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du préfet de Maine-et-Loire la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision contestée la prive de sa liberté d'aller et venir ; se trouvant en situation irrégulière, elle risque de faire l'objet d'un placement en rétention administrative sans égard à sa situation de mère d'un enfant ayant obtenu le statut de réfugié en France ; elle est placée en situation de vulnérabilité et de précarité importante en ce qu'elle se retrouve privée du droit de travailler, ce qui l'empêche de se loger et de subvenir aux besoins de ses deux enfants en bas âge dont l'un est un nourrisson ; elle est logée actuellement de façon précaire dans une chambre d'hôtel infestée de cafards et sans accès à une cuisine, ce qui contrevient à son droit au respect d'une vie privée et familiale normale ainsi qu'au principe de la dignité humaine ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

*elle est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

* elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 311-2-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 47 du code civil : le préfet n'a pas apporté la preuve de l'inauthenticité ou du caractère frauduleux des actes d'état civil qu'elle a produits ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en portant une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale ;

* elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 et de l'article 22 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête de Mme A.

Il fait valoir qu'il a procédé au retrait de l'arrêté attaqué en vue du réexamen de la situation de Mme A.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 août 2024.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 3 août 2024 sous le numéro 2412056 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 17 août 2024, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 21 août 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de Maine-et-Loire a procédé au retrait de l'arrêté contesté du 30 mai 2024. Dans ces conditions, les conclusions présentées par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge du préfet de Maine-et-Loire le versement à Me Arnal d'une somme de 500 (cinq cents) euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par Mme A aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à Me Arnal, avocate de Mme A, la somme de 500 (cinq cents) euros au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Arnal et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Nantes, le 11 septembre 2024.

Le juge des référés,

B. Echasserieau

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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