vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2412232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BARDOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 août 2024, M. E C et Mme B D, en leur nom et pour le compte de M. A C, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision du 19 avril 2024 par laquelle le proviseur du lycée Livet de Nantes a exclu définitivement M. A C de l'établissement, ensemble la décision de la rectrice de l'académie de Nantes du 11 juin 2024 maintenant la décision d'exclusion.
Ils soutiennent que :
- les moyens qu'ils soulèvent sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée : le délai de cinq jours francs entre la convocation et la tenue du conseil de discipline prévu par l'article D.511-31 du code de l'éducation n'a pas été respecté ; elle n'a pas respecté la procédure contradictoire en ne leur permettant d'avoir accès au dossier que quelques minutes avant le conseil de discipline en méconnaissance des dispositions de l'article D. 511-32 du code de l'éducation et eu égard aux conditions dans lesquelles s'est déroulé le conseil qui ne leur a pas donné l'impression d'être écoutés ; la motivation de la décision du 19 avril 2024 est lacunaire ; la sanction prise est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et revêt un caractère disproportionné alors que son camarade, avec lequel il aurait été complice des faits reprochés, a savoir des messages injurieux ou à caractère sexuel sur la messagerie E-Lyco, s'est vu infligé une sanction d'exclusion avec sursis ; la décision du 11 juin 2024, se référant à un article R. 511-25 du code de l'éduction qui n'existe pas, souffre de la même erreur manifeste d'appréciation alors que l'implication du collégien dans différentes activités au sein de l'établissement démontre qu'il n'est pas un élément perturbateur ;
- cette situation a un impact sur le parcours scolaire et sur l'équilibre émotionnel de A Harpe.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2024, la rectrice de l'académie de Nantes, représenté par Me Bardoul, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C et Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle n'est pas accompagnée d'une copie de la décision attaquée, qu'elle ne contient aucune conclusion et en tant qu'elle est dirigée contre la décision du conseil de discipline de l'établissement à laquelle la décision de la rectrice de l'académie de Nantes s'est entièrement substituée ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie en ce que la scolarité de l'enfant n'est pas interrompue, l'intéressé étant admis en première dans sa filière dans un autre lycée et compte tenu des répercussions qu'auraient la suspension de la décision sur les enseignants concernés dont l'un est en arrêt maladie depuis les évènements ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à sérieusement faire douter de la légalité tant externe qu'interne de la décision attaquée.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n° 2412431 par laquelle M. C et Mme D demandent l'annulation de la décision susvisée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 août 2024 à 9h30 :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,
- les observations de M. C et de Mme D ;
- et les observations de Me Bardoul représentant le rectorat de Nantes
L'instruction a été différée au 27 août 2024 à 15h00.
Un mémoire présenté par M. C et de Mme D a été enregistré le 27 août 2024 à 0h59 et a été communiqué.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme D se sont vus notifier une décision de la rectrice de l'académie de Nantes du 11 juin 2024 maintenant la décision d'exclusion définitive du lycée Livet de Nantes prononcé le 19 avril 2024 par le proviseur du lycée. Par la présente requête, M. C et Mme D doivent être regardés comme demandant la suspension de la décision du 11 juin 2024.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 19 avril 2024 :
2. Aux termes de l'article R. 511-49 du code de l'éducation : " Toute décision du conseil de discipline de l'établissement () peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit par le représentant légal de l'élève, ou par ce dernier s'il est majeur, soit par le chef d'établissement. / Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique. ". Aux termes de l'article R. 511-53 du même code : " La juridiction administrative ne peut être saisie qu'après mise en œuvre des dispositions de l'article R. 511-49. ".
3. L'institution, par ces dispositions, d'un recours administratif préalable obligatoire pour contester les sanctions prononcées par le conseil de discipline des collèges et lycées, a pour effet de laisser au recteur d'académie le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration avant une éventuelle saisine du tribunal. Il s'ensuit que la décision prise par l'autorité administrative à la suite de ce recours préalable obligatoire se substitue nécessairement à la décision initiale qui est seule susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Par suite, les moyens dirigés contre la décision de sanction prise le 19 avril 2024 par le proviseur du lycée Livet de Nantes sont inopérants et les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative contre la décision du 11 juin 2024 :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
5. Il résulte de l'instruction que la sanction de l'exclusion est motivée par la méconnaissance du règlement intérieur du lycée Livet à Nantes en raison de complicité dans l'envoi à plusieurs personnes du lycée de messages E-lyco à caractère insultant et sexuel et de non respect de la charte informatique. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés, tels que visés ci-dessus ne sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, que les conclusions de M. C et Mme D tendant à la suspension de l'exécution de la décision de la rectrice de l'académie de Nantes du 11 juin 2024 ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, et de mettre à la charge de M. C et Mme D la somme que demande l'académie de Nantes au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. C et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'académie de Nantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C, à Mme B D et à la rectrice de l'académie de Nantes.
Fait à Nantes, le 6 septembre 2024.
Le juge des référés,
B. Echasserieau
La greffière,
G. Peigné
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026