LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2412233

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2412233

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2412233
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantGOUACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 août 2024 et le 19 novembre 2024, sous le n° 2412233, M. M B, représenté par Me Gouache, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel le préfet de Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au bénéfice de son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- la procédure est irrégulière en l'absence d'un avis du collège de médecins de l'OFII pris après une délibération collégiale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste quant à l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation ;

- elle porte une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée d'incompétence

- elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2024, le préfet de Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juillet 2024.

II. Par une requête, enregistrée le 6 novembre 2024, sous le n°2417274 M. M B, représenté par Me Gouache, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2024 par lequel le préfet de Loire-Atlantique a prononcé son assignation à résidence sur la métropole nantaise pendant une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2024 par lequel le préfet de Loire-Atlantique a prononcé son interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des frais irrépétibles.

Il soutient que :

S'agissant de l'assignation à résidence :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable ;

- elle porte une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir et la mesure est disproportionnée ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, le préfet de Loire Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';

- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991';

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et des décisions accompagnant ces mesures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Soreau, substituant Me Gouache et représentant M. B,

- et les observations de M. B, assisté de M. D F, interprète assermenté,

- le préfet de la Loire-Atlantique n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 15 septembre 1992, de nationalité algérienne, déclare être entré en France en 2021. Il a déposé une demande de titre de séjour le 13 décembre 2022 et par un arrêté du 20 octobre 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination. Par deux arrêtés du 30 octobre 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de Loire-Atlantique a d'une part prononcé son assignation à résidence sur la métropole nantaise pendant une durée de quarante-cinq jours et d'autre part, prononcé une interdiction de retour sur le territoire français à son encontre pendant une durée d'un an.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées sont relatives à la situation d'une même personne et présentent des questions communes. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 776-16 et R. 776-17 du code de justice administrative, en vigueur à la date de l'arrêté du 20 octobre 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours et fixation du pays de destination, que, si les conclusions formées par un étranger assigné à résidence dirigées contre les décisions, notamment, portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination relèvent de la compétence du magistrat désigné par le président du tribunal, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour relèvent, quant à elles, de la compétence d'une formation collégiale. Il appartiendra ainsi à une formation collégiale du tribunal de se prononcer, en application des dispositions de l'article R. 776-17 du code de justice administrative alors en vigueur, sur les conclusions de la requête de M. B, dirigées contre le refus de titre de séjour. Par suite, il y a lieu de réserver leur examen à une telle formation, de même que celui des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qui en sont l'accessoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme H N, cheffe du bureau du séjour à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 13 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet a donné délégation à cette dernière à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour assorties de décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et fixation du délai de départ en cas d'absence ou d'empêchement simultanés de la directrice des migrations et de l'intégration et de son adjoint, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils n'auraient pas été absents ou empêchés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, le requérant soulève le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision rejetant sa demande de titre de séjour.

6. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () / Le collège peut demander au médecin qui suit habituellement le demandeur, au médecin praticien hospitalier ou au médecin qui a rédigé le rapport de lui communiquer, dans un délai de quinze jours, tout complément d'information. Le demandeur en est simultanément informé. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été précédée d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émis le 30 mai 2023 sur la base d'un rapport médical établi le 2 mai 2023 par le Dr J, médecin de l'office. Par ailleurs, le collège de médecins était composé du docteur O, du docteur L et du docteur I, de sorte que l'avis doit être regardé comme ayant été régulièrement émis, de manière collégiale, et sur la base d'un rapport médical établi par un médecin qui n'était pas membre du collège. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la procédure est irrégulière en l'absence d'un avis du collège de médecins de l'OFII pris après une délibération collégiale.

8. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".

9. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte-tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié.

10. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

11. Pour rejeter la demande de M. B, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur l'avis émis le 30 mai 2023 par le collège de médecins de l'OFII, selon lequel si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale, l'absence d'un tel traitement ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si le requérant a fait valoir à l'audience qu'il est atteint d'une dermatose sévère et invalidante et produit un certificat médical du 27 septembre 2022 établi par un médecin dermatologue indiquant que son état nécessite une prise en charge thérapeutique pour une dermatose sévère et invalidante qui n'a pas été prise en charge dans son pays d'origine, ces seuls éléments ne permettent pas d'apprécier la gravité d'une absence de traitement. Dans ces conditions, il ne remet pas utilement en cause la teneur de l'avis émis par le collège des médecins de l'OFFI et l'appréciation portée sur la base de cet avis par le préfet de Loire-Atlantique. Il s'ensuit que la circonstance invoquée qu'il ne pourrait avoir accès au traitement qui lui est nécessaire, est en tout état de cause inopérante en l'espèce. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant la décision attaquée, le préfet de la Loire-Atlantique aurait fait une inexacte application des stipulations de l'article 6.7 de l'accord franco-algérien.

12. Le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions, inapplicables aux ressortissants algériens, de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen ainsi soulevé doit être écarté comme inopérant.

13. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

14. M. B se prévaut de sa présence en France depuis 2021 et de celle de membres de sa famille éloignée sans toutefois apporter des éléments relatifs à la réalité et l'intensité de ses liens avec ces derniers. Par ailleurs, le requérant, célibataire et sans enfant, n'établit pas qu'il serait dépourvu de toute attache dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'en 2021, ni qu'il ne serait pas en mesure d'y poursuivre sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, et alors que l'intéressé ne justifie par ailleurs d'aucune intégration professionnelle, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste quant à l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation en refusant de l'admettre au séjour.

15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 14 du présent jugement que la décision rejetant la demande de titre de séjour de M. B n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'encontre de celle portant obligation de quitter le territoire doit être écarté.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de l'arrêté litigieux : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () "

17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement, en prononçant à l'égard de M. B une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être écarté.

18. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, en prononçant à l'égard de M. B une obligation de quitter le territoire français, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

19. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.

20. En dernier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait elle-même illégale du fait de cette illégalité.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

21. En premier lieu, la décision contestée a été signé par Mme K A, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 16 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme G E, directrice des migrations et de l'intégration et, en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci, à Mme K A, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant assignation à résidence et les décisions portant interdiction de retour. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme E n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de la décision contestée. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué manque en fait.

22. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ". L'arrêté portant assignation à résidence de M. B vise l'article L. 731-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le requérant fait l'objet d'une décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. L'arrêté énonce ainsi avec suffisamment de précision les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement.

23. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () " Par ailleurs, aux termes de l'article L. 731-4 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'expulsion non exécutée lorsque son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. "

24. Il ressort des pièces du dossier que la décision portant assignation à résidence est fondée sur les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si le requérant soutient qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable, le requérant n'apporte aucun élément, compte tenu notamment de ce qui a été dit au point 11, de nature à établir que la mesure d'éloignement ne constituerait pas une perspective raisonnable. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son éloignement ne constituerait pas une perspective raisonnable ni que décision méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 731-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

25. En dernier lieu, M. B soutient que la décision litigieuse porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir en tant qu'elle le contraint à demeurer sur la métropole nantaise, où il réside, et à se présenter trois fois par semaine au commissariat central de police de Nantes alors qu'il présente des problèmes de santé. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette mesure procède d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de M. B, lequel n'établit pas une contrainte particulière, liée notamment à son état de santé, l'empêchant de satisfaire à cette obligation hebdomadaire, ni d'aucun élément de nature à démontrer le caractère excessif de la mesure d'assignation ou son incompatibilité avec sa situation personnelle, durant le temps nécessaire à la mise à exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

26. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 21, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.

27. En deuxième lieu, la décision attaquée vise notamment les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 612-7 de ce code. Par ailleurs, elle indique que M. B ne fait état d'aucune circonstance humanitaire susceptible de justifier qu'il ne soit pas édicté une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français. Enfin, elle précise que la durée d'interdiction retenue d'un an n'est pas disproportionnée au regard notamment de ses conditions de séjour en France, de l'absence de liens personnels forts sur le territoire national et de la non-exécution d'une précédente mesure d'éloignement. Ainsi, la décision attaquée énonce avec suffisamment de précisions les considérations de droit et de fait qui la fondent. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

28. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

29. M. B soutient qu'il justifie de circonstances humanitaires en ce qu'il présente des problèmes de santé et bénéficie d'un suivi médical en France. Toutefois et compte tenu notamment de ce qui a été dit au point 11, les problèmes médicaux du requérant ne constituent pas en l'espèce des circonstances humanitaire. Dès lors, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire. Ce moyen doit dès lors être écarté.

30. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2023, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination ni des arrêtés du 30 octobre 2024 par lesquels le préfet de Loire-Atlantique a prononcé son assignation à résidence et une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

D E C I D E :

Article 1er : L'examen des conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation de la décision du 20 octobre 2023 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour, ainsi que de celles aux fins d'injonction et d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, en tant qu'elles s'y rattachent, est réservé jusqu'à ce qu'il y soit statué par une formation collégiale du tribunal.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. M B, à Me Gouache et au préfet de Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

La magistrate désignée,

A-L CLa greffière,

G. Peigné

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour avis conforme,

La greffière.

N°s 2412233, 2417274

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026