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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2412303

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2412303

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2412303
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPOLLONO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 août 2024, M. D E et Mme A F, représentés par Me Pollono, demandent au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre la décision de l'autorité consulaire française à Addis Abeba (Ethiopie) du 25 mars 2024 ayant refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme A F et aux enfants C et B D;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer la situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros hors taxes à verser à leur conseil au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de la durée de séparation de la famille ; elle découle aussi du parcours migratoire de la famille qui a connu des évènements traumatisants et aspire à rejoindre leur époux et père en France alors que l'Ethiopie se livre à des expulsions sommaires notamment vis-à-vis des érythréens, les intéressées ayant fait l'objet d'une arrestation arbitraire le 13 juillet dernier avant d'être relâchées contre rançon ;

- les moyens qu'ils soulèvent sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : il n'a pas été répondu par la commission à la demande de communication des motifs de la décision implicite dans les délais impartis par les dispositions de l'article

L. 232-4 du code de relations entre le public et l'administration ; elle est entachée d'erreur de droit et d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 561-2 et L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et l'article 47 du code civil alors que le mariage est établi par les documents émanant de l'OFPRA a tout le moins la relation de concubinage, alors que l'identité des enfants est établie par leur certificat de baptême confirmé par les données d'enregistrement auprès du haut commissariat aux réfugiés au Soudan et des éléments de possession d'état communiqués ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le principe de d'unité familiale, et celles des articles 3-1 et 9-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions aux fins de suspension et s'en remet à la sagesse de la juridiction s'agissant des conclusions présentées sur les frais exposés et non compris dans les dépens.

Il fait valoir qu'il a, par note diplomatique, donné instruction aux autorités consulaires françaises à Addis Abeba de faire délivrer le visa de long séjour à Mme A F et aux enfants C et B D.

Une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 22 juillet 2024 a admis M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%).

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 7 août 2024 sous le numéro 2412076 par laquelle

M. E et Mme F demandent l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 26 août 2024, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 27 août 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Postérieurement à l'introduction de la requête, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a, par note diplomatique, donné instruction aux autorités consulaires françaises à Addis Abeba de faire délivrer le visa de long séjour à Mme A F et aux enfants C et B D. Par suite, la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre la décision de l'autorité consulaire française à Addis Abeba a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions présentées par M. E et Mme F sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%). Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge du ministre de l'intérieur et des outre-mer le versement à Me Pollono d'une somme de 500 (cinq cents) euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées par M. E et Mme F aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : le ministre de l'intérieur et des outre-mer versera à Me Pollono, avocate de M. E et de Mme F, la somme de 500 (cinq cents) euros au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D E, à Mme A F, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Pollono.

Fait à Nantes, le 11 septembre 2024.

Le juge des référés,

B. ECHASSERIEAU

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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