LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2412361

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2412361

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2412361
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBARDOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 août 2024, suivie d'une pièce complémentaire enregistrée le 26 août 2024, M. E B et Mme C D, en leur nom et pour le compte de M. A B, représentés par Me Diversay demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 9 avril 2024 par laquelle le proviseur du collège Gaston Chaissac de Pouzauges (Vendée) a exclu définitivement M. A B de l'établissement, ensemble la décision de la rectrice de l'académie de Nantes du 10 juin 2024 maintenant la décision d'exclusion ainsi que la décision d'affectation de la direction des services départementaux de l'éducation nationale de Vendée du 12 juin 2024 ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Nantes de réintégrer M. A B au collège Gaston Chaissac de Pouzauges sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite : leur enfant a été exclu définitivement de son collège à partir du 9 avril 2024, date de la décision du conseil de discipline. Cette décision a été adoptée alors qu'aucune mesure conservatoire n'avait été prise à son encontre par le chef d'établissement depuis le 15 mars 2024, date des faits reprochés. Les spécialistes qui le suivent s'accordent pour expliquer qu'une telle mesure a des effets très préjudiciables pour leur enfant, y compris pour sa santé physique et qu'il doit urgemment être réintégré dans le même collège où il a désormais ses repères. Il est actuellement paniqué à l'idée de changer d'établissement, ne comprend pas la sanction et n'est pas à même de s'adapter à un nouvel environnement dans lequel il n'a aucun repère alors qu'il n'est pas garanti qu'il pourra y bénéficier d'un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) à 100% du temps scolaire et de la pause méridienne dans ce nouvel établissement ;

- les moyens qu'ils soulèvent créent un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu d'une part du droit à l'éducation reconnu aux enfants en situation de handicap et d'autre part de la disproportion de la décision de sanction adoptée à l'encontre de leur enfant, le comportement sanctionné étant lié à son hypersensibilité au bruit conjugué à la fin des effets de son médicament, cette sanction est manifestement inadaptée à la situation et à la personnalité de A B, élève avec un handicap qui nécessite un suivi particulier ; la sanction prise, qui est la plus élevée prévue par les dispositions de l'article R. 511-13 du code de l'éducation est disproportionnée au regard des faits reprochés, alors que l'enfant n'avait aucun antécédent disciplinaire au collège, qu'aucune solution alternative n'a été recherchée par l'établissement avant d'engager une procédure disciplinaire et qu'elle est inadaptée à la situation et à la personnalité de l'enfant qui ne peut la comprendre que si elle est immédiate et expliquée ; elle est extrêmement préjudiciable à son état de santé mentale, comportementale et physique ; elle n'est pas suffisamment motivée en droit comme en fait au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-3 du code des relations entre le public et l'administration ; le délai d'un mois prévu par les dispositions de l'article D. 511-52 du code de l'éducation pour la décision sur recours préalable soit rendue n'a pas été respecté ; il n'est pas établi que la commission éducative a été préalablement réunie en application des dispositions de l'article R. 511-19-1 du code de l'éducation ; il n'est pas établi que la commission académique d'appel était régulièrement composée, au regard des dispositions de l'article D. 511-1 du code de l'éducation, lorsqu'elle a examiné le dossier de leur enfant ; le conseil de discipline du collège ne comportait pas deux délégués de classe ; la procédure contradictoire instaurée par l'article D. 511-32 du code de l'éducation a été méconnue en ce qu'ils n'ont pas eu accès à l'ensemble des pièces du dossier, notamment le contrat école famille du 20 octobre 2023, alors qu'à l'inverse aucun élément lié au handicap de leur fils n'y figurait ;

- la décision d'affectation est illégale en ce qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, les dispositions des articles L. 112-1 et D. 331-38 du code de l'éducation qui préconisent une affectation de l'élève proche du domicile et conforme aux choix des parents ; la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie et elle est entachée d'un défaut de motivation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2024, la rectrice de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que l'enfant est scolarisé en classe ULIS 6ème de collège au sein d'un autre établissement l'obligation d'instruction étant ainsi respectée dans une situation conforme aux besoins de l'élève ;

- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête n° 2412243 par laquelle M. B et Mme D demandent l'annulation de la décision susvisée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 août 2024 à 11h15 :

- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,

- les observations de Me Diversay pour M. B et Mme D en leur présence;

- et les observations du représentant du rectorat de Nantes.

L'instruction a été différée au 29 août 2024 à 15h00.

Considérant ce qui suit :

1. M. B et Mme D se sont vus notifier une décision de la rectrice de l'académie de Nantes du 10 juin 2024 maintenant la décision d'exclusion définitive de leur fils A B du collège Gaston Chaissac de Pouzauges (Vendée) prononcée le 9 avril 2024 par le chef d'établissement. Par la présente requête, M. B et Mme D doivent être regardés comme demandant la suspension de la décision du 10 juin 2024 ainsi que celle de la direction des services départementaux de l'éduction nationale de Vendée du 12 juin 2024 affectant leur enfant au collège René Couzinet à Chantonnay (Vendée).

Sur les conclusions dirigées contre la décision du 19 avril 2024 :

2. Aux termes de l'article R. 511-49 du code de l'éducation : " Toute décision du conseil de discipline de l'établissement () peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit par le représentant légal de l'élève, ou par ce dernier s'il est majeur, soit par le chef d'établissement. / Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique. ". Aux termes de l'article R. 511-53 du même code : " La juridiction administrative ne peut être saisie qu'après mise en œuvre des dispositions de l'article R. 511-49. ".

3. L'institution, par ces dispositions, d'un recours administratif préalable obligatoire pour contester les sanctions prononcées par le conseil de discipline des collèges et lycées, a pour effet de laisser au recteur d'académie le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration avant une éventuelle saisine du tribunal. Il s'ensuit que la décision prise par l'autorité administrative à la suite de ce recours préalable obligatoire se substitue nécessairement à la décision initiale qui est seule susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Par suite, les moyens dirigés contre la décision de sanction prise le 9 avril 2024 par le proviseur du collège Gaston Chaissac de Pouzauges sont inopérants et les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative contre la décision du 10 juin 2024 :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

5. Il résulte de l'instruction que la sanction de l'exclusion est motivée par les violences physiques commises par M. A B à l'encontre de son accompagnante en tant qu'élève en situation de handicap (AESH), dont l'intéressé avait déjà été l'auteur dans les mois qui ont précédé les faits. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés, tels que visés ci-dessus ne sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, que les conclusions de M. B et Mme D tendant à la suspension de l'exécution de la décision de la rectrice de l'académie de Nantes du 10 juin 2024 et celle de la direction des services départementaux de l'éducation nationale de Vendée du 12 juin 2024 qui, par voie de conséquence, s'est prononcée sur l'affectation de M. A B au collège René Couzinet à Chantonnay ne peuvent qu'être rejetées ainsi que les conclusions présentées à fin d'injonction.

7. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demandent M. B et Mme D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B et Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E B, à Mme C D et à la rectrice de l'académie de Nantes.

Fait à Nantes, le 5 septembre 2024.

Le juge des référés,

B. Echasserieau

La greffière,

M.C. Minard

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse de France en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions