mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2412599 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BARDOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 août 2024, M. B D, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2024 par laquelle l'inspecteur d'académie du Maine-et-Loire a rejeté son congé de formation professionnelle ensemble la décision du 1er juillet 2024 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'inspecteur d'académie du Maine-et-Loire de lui accorder un congé de formation professionnelle à compter de l'ordonnance à intervenir et, en toute hypothèse, de réexaminer son dossier sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite :
* le refus de son congé de formation professionnelle concerne l'année scolaire 2024/2025 dont la rentrée est prévue le 2 septembre 2024, dans moins d'un mois ;
* le refus contesté l'a placé en mise en disponibilité entrainant la privation de l'ensemble de son traitement jusqu'au 31 août 2025 eu lieu de bénéficier de 85% de celui-ci et alors qu'il a de nombreuses charges fixes en plus de devoir subvenir aux besoins de ses quatre enfants mineurs.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* l'auteur de la décision ne justifie pas de sa compétence ;
* la décision contestée n'est pas suffisamment motivée ;
* elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle méconnait les dispositions des articles L. 421-1 et L. 422-1 du code général de la fonction publique qui reconnait un droit à la formation professionnelle ainsi que les dispositions des articles 1er, 6, 19, 22 et 24 du décret du 15 octobre 2007 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie des fonctionnaires de l'État, dans sa rédaction applicable au litige, qui l'organisent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, la rectrice de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : l'intéressé s'est placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque en refusant le poste de stagiaire qui lui était proposé suite à la réussite au concours d'enseignant du second degré et en sollicitant une mise en disponibilité plutôt que le maintien en activité ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de sa décision.
Un mémoire en réplique, présenté pour M. D, a été enregistré le 29 août 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2412385 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 août 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de M. Rosier, juge des référés ;
- les observations de Me Lousteau, avocat de M. D ;
.- et celles du représentant de la rectrice d'académie de Nantes
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.M. D demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2024 par laquelle l'inspecteur d'académie du Maine-et-Loire a rejeté son congé de formation professionnelle pour l'année scolaire, ensemble la décision du 1er juillet 2024 rejetant son recours gracieux.
2.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3.Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte-tenu des circonstances de l'espèce.
4.Pour justifier de l'urgence que présenterait la suspension de la décision en litige, M. D, professeur des écoles de classe normale, fait valoir qu'après avoir été admis au CAPES externe - Mathématique pour la session 2023 puis affecté dans un collège à Cholet, poste qu'il n'a pas rejoint car trop éloigné de chez lui et non ouvert aux postes réservés aux stagiaires, il n'a pu reprendre par la suite son poste dans le 1er degré et a été placé en congé de maladie ordinaire du 12 septembre 2023 au 5 juillet 2024 avant de solliciter un congé de formation professionnelle pour l'année 2024/2025 afin de devenir professeur de mathématique et alors que la rentrée scolaire est le 2 septembre prochain. En outre, le refus contesté l'a contraint à solliciter une disponibilité pour convenances personnelles pour élever son fils C, position dans laquelle il a été placé du 1er septembre 2024 au 31 août 2025 inclus par un arrêté du 12 juin 2024 et qui le prive de l'ensemble de son traitement jusqu'au 31 août 2025. Toutefois, la situation d'urgence dont M. D se prévaut devant le juge des référés résulte de sa propre volonté de se placer en disponibilité pour élever son fils et poursuivre son projet de formation en vue d'une évolution professionnelle. Aussi légitime que soit ce dernier, la situation d'urgence est ainsi liée à un choix de convenance personnelle déterminé par le requérant. Ainsi, la décision attaquée ne porte aucune atteinte grave et immédiate à la situation de M. D et ne crée manifestement pas une situation d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative justifiant la suspension de la décision attaquée.
5.Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et à la rectrice de l'académie de Nantes.
Fait à Nantes, le 10 septembre 2024.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse de France en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026