mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2412763 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GOUACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, suivie de pièces complémentaires le 3 septembre 2024, M. E D et Mme C B, représentés par Me Gouache, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 22 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de délivrer un titre de séjour à M. D ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de la situation de M. D et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros HT au profit de leur conseil au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée en matière de refus de renouvellement d'un titre de séjour ; en tout état de cause, M. D est privé de la possibilité de travailler et ainsi de subvenir aux besoins de sa famille ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la compétence de son auteur n'est pas établie ;
* elle est entachée d'un vice de procédure : il n'est pas établi que la commission du titre de séjour ait été régulièrement composée ;
* elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen : le préfet, en considérant que M. D n'a jamais été en situation régulière sur le territoire, n'a pas tenu compte de ce qu'il disposait d'un titre de séjour valable du 23 janvier 2023 au 22 janvier 2024 ;
* elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : le titre de séjour dont M. D demande le renouvellement lui a été accordé postérieurement aux précédentes mesures d'éloignement dont il était destinataire, en raison d'éléments nouveaux, de sorte que ces décisions d'éloignement se trouvent implicitement abrogées et ne peuvent justifier le refus de titre de séjour ;
* elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur dans la qualification juridique des faits : il n'est pas démontré que M. D constitue une menace grave, réelle et actuelle à l'ordre public justifiant le refus de renouvellement de son titre de séjour ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'un défaut d'examen : il ne ressort pas de la décision attaquée que l'intérêt supérieur de leur fils A, né le 27 novembre 2021 et de nationalité française, ait été pris en compte, dès lors qu'il se retrouvera privé de son père ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle porte une atteinte excessive au droit de M. D de mener une vie privée et familiale normale ; le centre de ses attaches personnelles et familiales est situé en France, où il est par ailleurs intégré socialement et professionnellement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : M. D a bénéficié du droit de travailler jusqu'au 18 juin 2024 ; la décision contestée n'a pas eu pour effet d'interrompre son contrat de travail dès lors que celui-ci était arrivé à son terme ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle n'est entachée d'aucun vice de procédure ; s'il a pu, à tort, indiquer que M. D " n'a jamais été en situation régulière sur le territoire français ", il a écrit, dans son troisième considérant, que l'intéressé avait bénéficié d'une carte de séjour temporaire du 23 janvier 2023 au 22 janvier 2024 et qu'il en sollicitait le renouvellement ; cette erreur n'est que purement matérielle. Si la partie adverse considère qu'il s'est fondé sur plusieurs décisions d'éloignement pour refuser le titre de séjour, alors que ces décisions ont été implicitement abrogées, du fait de la délivrance d'une carte de séjour valable du 23 janvier 2023 au 22 janvier 2024, ses services n'ont fait qu'un rappel de ces décisions d'éloignement ;
* le motif tiré de ce que la présence de l'intéressé constitue une menace à l'ordre public est suffisant pour justifier du refus de titre ; il demande au juge de bien vouloir neutraliser le motif tiré de ce qu'il refuse l'admission au séjour de l'intéressé car celui-ci s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement ;
* la présence en France de M. D constitue une menace à l'ordre public. Il ressort de son bulletin numéro 2 qu'il a été condamné à plusieurs reprises pour des faits particulièrement graves et récents. S'il avait décidé, le 26 janvier 2023, de lui délivrer un titre de séjour d'une durée d'une année, lorsque l'intéressé a déposé sa demande de renouvellement le 12 novembre 2023, une nouvelle mention sur son casier judiciaire était apparue ;
* sur l'erreur manifeste d'appréciation au regard de la vie privée et familiale du requérant. L'intéressé est présent en France depuis seulement janvier 2019 et a été écroué du 17 juillet 2023 au 18 mars 2024. S'il entend se prévaloir de la présence en France de sa concubine, il s'avère que leur relation est récente au jour de la décision, et rien n'empêche Mme B et son enfant de le visiter en Tunisie.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 août 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête en annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 septembre 2024 à 09h30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations de Me Soreau, substituant Me Gouache, conseil des requérants, en présence de ces derniers, qui fait notamment valoir que, depuis sa rencontre avec Mme B, M. D n'a commis aucune nouvelle infraction et est parfaitement intégré. Ce conseil rappelle que, postérieurement aux condamnations évoquées par l'autorité préfectorale aux termes de la décision litigieuse, une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale a été délivrée à M. D, établissant ainsi le fait que le préfet a considéré que sa présence ne constituait pas, à cette date, une menace à l'ordre public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant tunisien né le 1er août 1994 et Mme B, ressortissante française née le 14 septembre 1995, demandent au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 22 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de délivrer un titre de séjour à M. D.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. E D et Mme C B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige à tout le moins fondée sur la circonstance que la présence de l'intéressé sur le territoire français constitue une menace à l'ordre public. Il y a lieu, en conséquence de rejeter la requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. E D et de Mme C B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E D, à Mme C B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Gouache.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 10 septembre 2024.
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La greffière,
M-C. MINARDLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026