LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2412975

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2412975

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2412975
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantOUEGOUM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 août et 6 septembre 2024, M. C D B, représenté par Me Ouegoum, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l'Etat ou à lui verser, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative si l'aide juridictionnelle ne lui est pas accordée.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les articles L. 233-1 et L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et de droit.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est elle-même illégale.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée de deux ans :

-elle est illégale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale ;

-elle méconnait les dispositions de l'article L. 251-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024 , le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il soutient :

- que la requête est irrecevable car tardive ;

- qu'aucun des moyens soulevés par M. D B n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 septembre 2024 :

- le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée,

- les observations de Me Ouegoum, représentant M. D B, présent à l'audience et accompagné de Mme F, interprète.

En l'absence du préfet de la Sarthe ou de son représentant, l'instruction a été close après ces observations.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant portugais, né le 22 septembre 2003, est entré en France, selon ses déclarations, en février 2023, pour y rejoindre sa mère et ses deux sœurs mineures, de nationalité portugaise. Le 20 novembre 2023, il a été écroué au centre pénitentiaire du Mans-les-Croisettes et condamné le jour suivant, par le tribunal correctionnel du Mans, à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont huit mois avec sursis probatoire pour une durée de deux ans, pour les faits d'usage illicite de stupéfiants, de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et tentative de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, ainsi qu'à une peine de trois mois d'emprisonnement pour des faits d'évasion. Par la présente requête, M. D B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet de la Sarthe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté n°2024-0148 du 17 juin 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la Sarthe n°87, le préfet de la Sarthe a donné délégation à Mme G E, sous-préfète, directrice de cabinet du préfet et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer notamment les décisions prises à l'égard des ressortissants étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture, dont il n'est pas établi qu'il n'était pas absent ou empêché. En outre, la délégation vise le décret du 27 mars 2024, librement accessible la nommant directrice de cabinet du préfet de la Sarthe avec une prise de fonction au 8 avril 2024. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions des articles L. 251-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application. Elle indique également que le requérant, qui s'est rendu coupable de faits d'usage illicite de stupéfiants , de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et tentative de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt ainsi que d'évasion, qui lui ont valu d'être condamné, par un jugement du 21 novembre 2023 du tribunal correctionnel du Mans, à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont huit mois avec sursis probatoire pendant deux ans, constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Enfin, elle précise que le requérant se déclare être célibataire et sans enfant, qu'il n'établit pas résider régulièrement chez sa mère au vu de ses déclarations discordantes ni justifier de l'intensité de sa relation avec sa mère et ses sœurs portugaises alors qu'il a été élevé par sa grand-mère en Angola et qu'il a vécu séparé de sa mère et de ses sœurs pendant de nombreuses années et qu'ainsi, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société (). / L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () /4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° (). Selon l'article L. 200-4 du même code : " Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : () / 2° Descendant direct âgé de moins de vingt-et-un ans du citoyen de l'Union européenne ou de son conjoint ; / 3° Descendant direct à charge du citoyen de l'Union européenne ou de son conjoint () ".

5. Il appartient à l'autorité administrative, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. Dans ce cadre, il incombe à l'administration, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'infractions à la loi, de forger son appréciation en fonction de la situation individuelle de l'intéressé, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.

6. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Sarthe s'est fondé sur la circonstance que le requérant a été condamné, comme évoqué précédemment à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont huit mois avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits d'usage illicite de stupéfiants, de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et tentative de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt ainsi que d'évasion, lesquels sont suffisamment graves pour constituer une menace réelle et actuelle à l'ordre public, quand bien même ils demeurent isolés et que le requérant n'avait jusqu'ici fait l'objet d'aucune condamnation pénale, son casier judiciaire demeurant vierge. En outre, il ne ressort pas des termes de l'arrêté que le préfet ait entendu se fonder sur le 1° de l'article L. 251-1 précité. Aussi la circonstance qu'il soit en droit de séjourner plus de trois mois sur le territoire, en tant que descendant direct de moins de vingt-et-un ans d'une citoyenne européenne, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 251-1 et L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et liberté d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

8. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, entré très récemment en France en février 2023 ne dispose pas d'une ancienneté de séjour significative. S'il se prévaut de la présence régulière en France de sa mère et de ses sœurs mineures, il n'établit pas entretenir avec elles des relations étroites et suivies ni n'établit vivre au domicile familial alors qu'il ressort d'une part, du procès-verbal d'audition de sa mère du 19 novembre 2023 qu'il a été élevé par sa grand-mère en Angola où il a vécu la majeure partie de sa vie et a vécu séparé de sa mère, arrivée en France en 2020, que s'il a été hébergé par sa mère jusqu'à début septembre 2023, il a ensuite quitté son domicile pour vivre dans un appartement indépendant sans donner de nouvelles à sa mère et que d'autre part, il a déclaré lors de son audition le 18 novembre 2023 avoir déclaré vivre chez sa mère uniquement pour les papiers. S'il est constant qu'il a reçu à plusieurs reprises la visite de sa mère et de ses sœurs en prison, cette circonstance n'est pas suffisante pour caractériser l'intensité de sa relation avec ses proches. En outre, s'il a déclaré le jour de son incarcération aux agents de greffe du centre pénitentiaire du Mans être célibataire et sans enfant, il a indiqué lors de son audition du 27 juin 2024 avoir une conjointe prénommée Sani et résidant au Portugal. Enfin, s'il est suivi par la Mission locale et a suivi quelques formations en détention, il n'établit pas être intégré dans la société française et avoir un projet d'insertion à sa sortie de prison. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire, le préfet de la Sarthe aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".

10. La notion d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être interprétée à la lumière des objectifs de la directive 2004/38/CE du 29 avril 2004 et, notamment, de ses articles 15 et 30, dont il résulte qu'un citoyen de l'Union européenne, ou un membre de sa famille, doit disposer d'un délai d'un mois pour quitter le territoire d'un Etat membre, quels que soient les motifs qui fondent la décision d'éloignement prise à son encontre, hormis le cas où cette décision est justifiée par une situation d'urgence. Aussi, il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'urgence à éloigner sans délai de départ volontaire un citoyen de l'Union européenne ou un membre de sa famille doit être appréciée par l'autorité préfectorale, au regard du but poursuivi par l'éloignement de l'intéressé et des éléments qui caractérisent sa situation personnelle, sous l'entier contrôle du juge de l'excès de pouvoir.

11. En l'espèce, eu égard à ce qui a été dit au point 6, la gravité de la menace pour l'ordre public que représente la présence du requérant sur le territoire français doit être regardée comme créant une situation d'urgence à l'éloigner du territoire, de sorte que le préfet de la Sarthe doit être regardé comme justifiant de la condition d'urgence, au sens des dispositions précitées du second alinéa de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour ne pas lui accorder un délai de départ volontaire, en l'absence de toute insertion particulière de l'intéressé sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. En deuxième lieu, comme évoqué au point 9, seule la condition d'urgence permet de justifier l'absence de délai de départ volontaire. Il s'ensuit qu'en mentionnant dans son arrêté que le requérant ne justifie pas d'une résidence effective permanente ni d'un droit au séjour, ces éléments de fait n'ont pas pour objet de justifier la condition d'urgence, et sont ainsi sans incidence sur la légalité de la décision en litige. Par suite le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'erreur de fait et de droit.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

13. Il résulte des points 2 à 8 que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas été démontrée. Aussi, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée de deux ans :

14. En premier lieu, comme il a été dit au point 13, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'ayant pas été démontrée, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée de deux ans doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ". Aux termes de l'article L. 251-6 du même code : " Le sixième alinéa de l'article L. 251-1 et les articles L. 251-3, L. 251-7 et L. 261-1 sont applicables à l'interdiction de circulation sur le territoire français ". Enfin, aux termes du sixième alinéa de l'article L. 251-1 de ce même code : " L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine ".

16. En l'espèce, il ressort des termes de la décision attaquée que le requérant ne justifie ni de la nature et de l'intensité de ses liens avec la France ni d'aucune intégration dans la société française, qu'il est sans charge de famille et que son comportement représente une menace pour l'ordre public. Par suite, le préfet de la Sarthe a suffisamment motivé sa décision. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Sarthe aurait méconnu les dispositions de l'article L. 251-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, ni pour les mêmes motifs, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

17. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'évoqués au point 8, la décision attaquée, ne peut pas être regardée comme ayant porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale, garanti notamment par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite le moyen doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D B tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 juillet 2024 par lequel le préfet de la Sarthe l'a obligé de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de circulation pour une durée de deux ans doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet de la Sarthe et à Me Ouegoum.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

La magistrate désignée,

S. MOUNICLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026