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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2413343

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2413343

mardi 27 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2413343
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGUERIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a examiné le recours de M. B contre un arrêté du préfet de la Sarthe refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le requérant contestait notamment la compétence de l'auteur de l'acte, le défaut de motivation, et l'absence d'examen de sa situation au regard de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, estimant que l'arrêté était régulièrement signé par une autorité compétente et suffisamment motivé. En conséquence, la requête de M. B a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 août 2024, le 29 janvier 2025, et le 7 mai 2025, M. A B, représenté par Me Guérin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2024 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique et à titre subsidiaire de lui verser la même somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'arrêté dans son ensemble :

- il n'est pas établi qu'il a été signé par une autorité compétente ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut d'examen, en ce que le préfet n'a pas examiné sa demande sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il n'est pas ressortissant azerbaïdjanais, contrairement à ce qu'indique l'arrêté attaqué ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 et au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur de fait ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 611-1-3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2025, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Douet, présidente-rapporteure,

- et les observations de Me Hennebois, substituant Me Guérin, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né en Azerbaïdjan le 26 octobre 2002, déclare être entré irrégulièrement en France le 17 décembre 2021. Sa demande de reconnaissance de la qualité de réfugié a été rejetée par une décision du 19 octobre 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 22 septembre 2023. Il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire en date du 26 octobre 2023. Il a sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 1er août 2024 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté du 17 juin 2024 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le jour même, le préfet de la Sarthe a donné délégation à M. Zabouraeff, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté litigieux, à l'effet de signer des arrêtés comportant des décisions telles que celles en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. / Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. "

4. L'arrêté attaqué vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et fait également état d'éléments concernant la situation personnelle de M. B. Il fait état des conditions de séjour de M. B en France, de sa situation personnelle sur le territoire français ainsi que de l'ensemble de ses attaches en Azerbaïdjan. Par ailleurs, compte tenu du caractère suffisamment motivé du refus de séjour du 1er août 2024, et en application des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français du même jour manque en fait et doit être écarté. Enfin, la décision fixant le pays de destination, qui indique la nationalité du requérant et comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement est également suffisamment motivée. Par suite, l'arrêté attaqué, qui, contrairement à ce qui est soutenu, n'est pas rédigé de manière stéréotypée mais se réfère bien aux éléments de sa situation personnelle, est suffisamment motivé en droit et en fait.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé.

6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait demandé un titre de séjour sur un autre fondement que celui des articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Sarthe, qui n'était pas tenu d'examiner d'office si le requérant pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur un autre fondement que celui des article L. 422-1 et L. 435-1 du code précité, aurait méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen doit donc être écarté.

7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Sarthe n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B, au vu des éléments qui ont été portés à sa connaissance, avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour. Si le préfet a certes commis une erreur de fait en mentionnant dans l'arrêté que le requérant était ressortissant de l'Azerbaïdjan, cette erreur, sans incidence sur la solution du litige relatif au refus de titre de séjour, ne saurait suffire à établir que l'arrêté serait entaché d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".

9. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de faire droit à la demande de M. B tendant à la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " étudiant ", le préfet de la Sarthe s'est fondé notamment sur la circonstance que l'intéressé ne justifie pas d'une entrée en France sous couvert d'un visa de long séjour, ce que M. B ne conteste pas. En outre, l'intéressé n'établit pas avoir suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et pouvoir ainsi se voir délivrer le titre de séjour sollicité, par dérogation à l'article L. 412-1 précité, sans que lui soit opposable la condition d'une entrée régulière sous couvert d'un visa de long séjour. Dans ces conditions, le préfet a pu légalement, en se fondant sur ces seuls motifs, rejeter la demande de titre de séjour formée par M. B au titre de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

11. M. B, déclare être entré irrégulièrement en France en 2021, à l'âge de quatorze ans. Toutefois, M. B était célibataire à la date à laquelle la décision attaquée a été prise. S'il se prévaut de la présence de ses parents résidant en France, leur situation sur le territoire français est irrégulière. S'il est vrai qu'il a été scolarisé en France de 2022 à 2025, a fait montre d'efforts et de sérieux et a été diplômé d'un DELF de niveau A2 en mai 2024, il ressort des pièces du dossier que M. B a vécu la majeure partie de sa vie hors de France, notamment en Azerbaïdjan où résident ses grands-parents et sa tante. Dans ces conditions, la décision de refus de séjour attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (). "

13. Si M. B fait valoir qu'il a fait preuve d'investissement dans son parcours scolaire en France, notamment dans l'apprentissage du français, et de réels efforts d'intégration, et que la décision attaquée le prive de la poursuite de sa scolarité en France, les éléments invoqués ne constituent pas, dans les circonstances de l'espèce, un motif exceptionnel, l'intéressé, âgé de près de 22 ans à la date de la décision attaquée et scolarisé en classe de première technologique, ne justifiant, nonobstant les efforts accomplis, que d'un niveau de français d'utilisateur élémentaire. Eu égard à la situation personnelle et familiale de M. B telle que rappelée au point 11, le préfet de la Sarthe a pu, sans méconnaître l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, estimer que ce dernier ne justifiait pas de l'existence de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires qui justifieraient la régularisation exceptionnelle de son droit au séjour.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prononcer son éloignement, cet examen établissant par ailleurs que, contrairement à ce qui est allégué, le préfet ne s'est pas cru à tort en situation de compétence liée pour prendre une telle mesure à l'encontre de l'intéressé.

15. En deuxième lieu, eu égard à ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité du refus de séjour doit être écarté.

16. En troisième lieu, il est constant que M. B s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors, le préfet de la Sarthe a pu fonder l'obligation de quitter le territoire français attaqué sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans commettre ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation.

17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

18. En premier lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision désignant les pays à destination desquels M. B pourra être éloigné d'office, ni des autres pièces du dossier, que le préfet de la Sarthe n'aurait pas procédé, préalablement à l'édiction de cette décision, à un examen particulier de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été opéré doit être écarté.

19. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ". Aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

20. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Sarthe a retenu que le requérant était ressortissant azerbaidjanais, ce que ce dernier conteste, expliquant que l'Azerbaïdjan lui a retiré sa nationalité. Toutefois la décision fixant le pays de destination mentionne que l'éloignement de M. B peut être exécuté d'office vers tout pays dans lequel il serait légalement admissible. Il ressort des pièces du dossier que les parents du requérant sont tous deux de nationalité géorgienne, permettant à M. B de revendiquer également cette nationalité. Si M. B soutient que sa situation ne correspond pas aux hypothèses d'obtention de la nationalité par filiation, il ne peut être regardé comme justifiant avoir engagé en vain des démarches auprès de cet Etat pour se voir reconnaître la nationalité géorgienne. Il n'a pas non plus sollicité la reconnaissance de la qualité d'apatride. M. B ne produit pas d'éléments probants en vue d'établir qu'il encourrait personnellement des risques pour sa vie ou sa liberté ou qu'il y serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Azerbaïdjan ou en Géorgie. Par conséquent, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations et dispositions citées au point précédent.

21. En troisième lieu, eu égard à ce qui a été dit aux points 9 et 11, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au préfet de la Sarthe et à Me Guérin.

Délibéré après l'audience du 13 mai 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Malingue, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025.

La présidente-rapporteure,

H. DOUETL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

F. MALINGUELa greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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