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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2413444

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2413444

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2413444
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, sous le n° 2413473, M. C A, représenté par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;

2°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour et de travail ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au bénéfice de son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de séjour

- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le préfet s'est estimé lié par l'existence d'une condamnation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- la décision portant fixation du délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 31 août 2024, sous le n° 2413444, M. C A demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence sur la commune de Cholet ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au bénéfice de son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'assignation à résidence est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le périmètre du territoire de la commune de Cholet est trop restrictif ;

- l'obligation de présentation est entachée d'un défaut d'examen de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 2 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';

- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991';

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et des décisions accompagnant ces mesures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique du 11 septembre 2024 à 14h30.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. M. A, de nationalité guinéenne, né le 15 août 1990, déclare être entré en France le 1er septembre 2018. Il a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejetée par arrêté du préfet de Maine et Loire du 27 juin 2024 portant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination avec interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Par un arrêté du 30 août 2024, le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence dans la commune de Cholet.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2413473 et 2413444 sont présentées par un même requérant, posent les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. L'article L. 614-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vertu duquel la décision relative au séjour d'un étranger assigné à résidence est jugée selon la procédure de l'article L. 921-1 de ce code, compris dans le titre II du livre IX intitulé " procédures à juge unique ", a été introduit par l'article 72 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, dont le IV de l'article 86 prévoit leur application à la contestation des décisions prises à compter de leur entrée en vigueur soit, selon l'article 9 du décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l'application du titre VII de cette loi, le 15 juillet 2024. En outre, les dispositions de l'actuel article R. 776-1 du code de justice administrative, qui remplacent les anciennes dispositions du chapitre VI de ce code, sont entrées en vigueur selon les mêmes modalités, par renvoi de l'article 9 du décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l'application de cette loi.

4. En l'espèce, dès lors que l'arrêté contesté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français a été adopté le 27 juin 2024, soit avant l'entrée en vigueur des dispositions de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, sa contestation demeure soumise à la procédure prévue par les anciennes dispositions.

5. Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, alors en vigueur à la date de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. L'avis d'audience se substitue, le cas échéant, à celui qui avait été adressé aux parties en application de l'article R. 776-11. / Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. () ". Et aux termes de l'article R. 776-10 du même code alors en vigueur, qui figure à la sous-section 1 de la section 2 : " Les dispositions de la présente sous-section sont applicables aux recours formés, en application des articles L. 614-4 ou L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, contre les décisions d'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code et les autres décisions mentionnées à l'article R. 776-1 du présent code, lorsque l'étranger n'est pas placé en rétention, ni assigné à résidence. ".

6. M. A fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 30 août 2024. Par suite, il appartient au magistrat désigné de statuer sur la légalité de la décision du 27 juin 2024 obligeant l'intéressé à quitter le territoire français, portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, celle fixant le pays de renvoi et celle portant interdiction de retour sur le territoire français, en application des dispositions précitées et de celles nouvellement applicables des articles L. 614-2 et L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En revanche, il appartient seulement à une formation collégiale du tribunal administratif de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 27 juin 2024 refusant à M. A la délivrance d'un titre de séjour. Par suite, il y a lieu de renvoyer en formation collégiale les conclusions du requérant relatives à la décision portant refus de titre de séjour de même que les conclusions à fin injonction à la délivrance d'un titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français du 27 juin 2024 :

S'agissant du moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour ;

7. En premier lieu, la décision portant refus de séjour, qui n'avait par ailleurs pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation personnelle de M. A, mentionne, avec une précision suffisante, les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement pour mettre utilement l'intéressé en mesure de discuter les motifs de cette décision et le juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant refus de séjour doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : / () 2° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 441-1 et 441-2 du code pénal ; () ". Ces dispositions ne font nullement obstacle à l'exercice par le préfet du pouvoir discrétionnaire qui lui permet de régulariser la situation d'un étranger compte tenu de l'ensemble des éléments caractérisant sa situation personnelle.

9. Si le préfet s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé a été condamné le 14 mars 2023 par le tribunal correctionnel d'Angers à 4 mois d'emprisonnement avec sursis pour usage de faux document administratif pour appliquer les dispositions citées au point précédent et rejeter sa demande de titre de séjour, ce dernier pouvait à bon droit se fonder sur une telle circonstance. En tout état de cause, le préfet s'est également fondé pour refuser ce titre sur l'absence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels justifiant l'admission au séjour de M. A. Par suite, le moyen tiré de l'erreur droit au regard de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le préfet se serait cru à tort en situation de compétence liée doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. M. A soutient qu'il réside en France depuis six années et qu'il justifie d'une communauté de vie avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 9 janvier 2020. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est maintenu sur le territoire français en dépit de la mesure d'éloignement édictée à son encontre le 23 août 2022. Par ailleurs, les pièces produites par le requérant ne suffisent pas à elles seules à établir l'ancienneté et la stabilité de la vie commune du requérant avec sa compagne. Enfin, M. A qui ne se prévaut que d'une promesse d'embauche du 30 octobre 2023 en contrat à durée indéterminée en qualité d'ouvrir agricole ne fait état d'aucune insertion professionnelle particulière. Il ne démontre pas davantage l'existence de liens stables, intenses et anciens sur le territoire national, alors qu'il est constant qu'il a vécu vingt-huit ans en Guinée où il a un enfant et où demeure sa mère et où il dispose de toutes ses attaches culturelles. Dans ces conditions, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation.

12. En quatrième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

13. Compte tenu des éléments précisés au point 11, M. A ne justifie d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions de l'article

L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour et, par suite, à démontrer que le préfet aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.

S'agissant des autres moyens :

15. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 7, la décision de refus de séjour est suffisamment motivée. Or, conformément au second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision de refus de séjour. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

17. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 11, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision d'éloignement a été prise. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

18. En dernier lieu, la décision portant refus de séjour n'étant pas entachée des illégalités invoquées, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision sur le délai de départ volontaire :

19. La décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

20. La décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de dix-huit mois :

21. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

22. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

23. Ainsi qu'il a été dit au point 11, M. A peut seulement, au titre de sa vie privée et familiale, se prévaloir de la présence en France de sa compagne, son enfant mineur étant resté dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français prononcée par un arrêté du préfet de Maine-et-Loire le 23 août 2022, le recours contre cet arrêté ayant été rejeté par ce tribunal le 17 janvier 2023 et par la cour administrative d'appel de Nantes le 30 janvier 2024. Eu égard à ces éléments, et alors même que son comportement ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois prise à son encontre par le préfet de Maine-et-Loire méconnaîtrait les dispositions citées au point 21.

En ce qui concerne l'arrêté du 30 août 2024 portant assignation à résidence :

24. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que sont mentionnés, de façon précise, les motifs utiles de droit et de fait constituant le fondement de cette décision. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

25. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

26. Si M. A soutient qu'il a introduit un recours à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle se fonde l'arrêté portant assignation à résidence, il résulte toutefois de ce qui a été dit aux points précédents que l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre n'est pas entachée des illégalités invoquées. En outre, le requérant ne justifie d'aucune circonstance dont résulterait qu'au 30 août 2024, l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ne demeurerait pas une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

27. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage. ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

28. L'assignation à résidence, qui est une mesure alternative au placement en rétention dans des locaux administratifs ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, a pour but de permettre à l'administration de s'assurer de la personne obligée de quitter le territoire français, de vérifier qu'elle prend des dispositions en vue de son départ, de prévenir le risque de soustraction à l'exécution de cette obligation, comme de permettre, le cas échéant, l'exécution forcée de cette mesure d'éloignement. Mesure par nature restrictive de la liberté d'aller et de venir, cette restriction formant son objet même, les modalités contraignantes dont elle est assortie doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées aux objectifs ainsi poursuivis.

29. Il ressort des pièces du dossier que le requérant réside à Cholet. L'arrêté attaqué lui fait obligation de se présenter tous les jours, sauf les samedis, dimanches et jours fériés, en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement, à 9h00, au commissariat de police de Cholet. En se bornant à soutenir que le périmètre du territoire de la commune de Cholet est trop restreint, et ce alors qu'il réside sur le territoire de cette commune, le requérant n'établit pas que la mesure ne serait pas adaptée, nécessaire ou proportionnée. Par ailleurs, le requérant ne justifie ainsi d'aucune impossibilité de déférer à une telle obligation. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Maine-et-Loire n'a pas procédé à un examen complet et personnel de sa situation avant d'édicter l'arrêté portant assignation à résidence.

30. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de renvoi, portant interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête n° 2413473 tendant à l'annulation de la décision du 27 mai 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Maine-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024 .

La magistrate désignée,

A-L BLa greffière,

G. Peigné

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2413473, 2413444

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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