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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2413451

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2413451

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2413451
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 août 2024, M. C A, représenté par Me Smati, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a prononcé le renouvellement de son assignation à résidence dans la commune d'Angers pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au bénéfice de son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- l'assignation à résidence est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle date du 26 août 2024 alors que la première mesure d'assignation à résidence ne devait prendre fin que le 31 août 2024

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le périmètre d'Angers est trop restreint ;

- l'obligation de présentation est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';

- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991';

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et des décisions accompagnant ces mesures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. M. A, de nationalité albanaise, né le 16 avril 1992, déclare être entré en France pour la dernière fois en 2022. Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de Moselle le 31 mars 2023. Par un arrêté du 18 juillet 2024, le préfet de Maine-et-Loire a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et par un arrêté du 26 août 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de Maine-et-Loire a prononcé le renouvellement de son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

3. En l'espèce, l'arrêté litigieux vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé pour prononcer le renouvellement de son assignation à résidence. Il énonce également en des termes suffisamment précis les considérations sur lesquelles le préfet de Maine-et-Loire s'est fondé pour assigner à résidence le requérant, le préfet relevant que M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire sans délai, qu'il dispose d'une carte nationale d'identité qui ne permet pas l'exécution d'office de son obligation de quitter le territoire et qu'il justifie d'un hébergement à Angers. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur de droit en ce qu'il a été pris le 26 août 2024 alors que la première mesure d'assignation à résidence édictée le 18 juillet 2024 ne devait prendre fin que le 31 août 2024. Toutefois, une telle circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

5. En troisième lieu, l'article L. 733-1 de ce code prévoit que : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".

6. L'assignation à résidence, qui est une mesure alternative au placement en rétention dans des locaux administratifs ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, a pour but de permettre à l'administration de s'assurer de la personne obligée de quitter le territoire français, de vérifier qu'elle prend des dispositions en vue de son départ, de prévenir le risque de soustraction à l'exécution de cette obligation, comme de permettre, le cas échéant, l'exécution forcée de cette mesure d'éloignement. Mesure par nature restrictive de la liberté d'aller et de venir, cette restriction formant son objet même, les modalités contraignantes dont elle est assortie doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées aux objectifs ainsi poursuivis.

7. Le requérant qui se borne à soutenir que le périmètre de la commune d'Angers est trop restreint, ce qui méconnaît les dispositions citées au point 5, n'établit pas que ce périmètre serait disproportionné dès lors notamment qu'il est domicilié à Angers. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.

8. En dernier lieu, l'arrêté attaqué lui fait obligation de se présenter trois fois par semaine, les lundis, mercredis et vendredis sauf les jours fériés, en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement, à 9h00, au commissariat de police d'Angers. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que le contrat d'accueil régulier en multi accueil pour sa fille fait mention de la mère comme unique responsable, le requérant qui se borne à soutenir, sans l'établir, qu'il doit accompagner ses deux enfants à l'école et à la crèche à deux endroits différents et que cela est incompatible avec les obligations de présentation, ne justifie d'aucune impossibilité de déférer à une telle obligation. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Maine-et-Loire n'a pas procédé à un examen complet et personnel de sa situation avant d'édicter l'arrêté renouvelant son assignation à résidence.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Smati et au préfet de Maine-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre2024.

La magistrate désignée,

A-L BLa greffière,

G. Peigné

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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