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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2413453

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2413453

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2413453
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 août 2024 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, à titre principal, de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, dans un délai de sept jours et sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat ou l'Office français de l'immigration de l'intégration une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique du 11 septembre 2024 à 10h30.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

1. M. A, de nationalité guinéenne est entré en France selon ses déclarations en 2015. Il a déposé une demande d'asile le 1er décembre 2015 rejetée définitivement par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 3 avril 2017. Le 26 août 2024, il a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile. Par une décision du 26 août 2024, dont il demande l'annulation, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

2. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; (). / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. "

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision contestée vise l'article L. 551-15 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique explicitement que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est refusé au requérant au motif qu'il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'insuffisance de motivation.

4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".

5. Si le requérant soutient qu'il justifie d'une situation de vulnérabilité au regard des dispositions de l'article L. 511-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il ne dispose d'aucune ressource et est sans logement, ces circonstances, au demeurant non établies, ne suffisent pas à le regarder comme se trouvant dans une situation de particulière vulnérabilité. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que les membres de sa famille résident à Angers et qu'il a déclaré être hébergé de manière précaire par des connaissances. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 2 doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, ainsi que de celles présentées sur le fondement des dispositions de articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024 .

La magistrate désignée,

A-L B

La greffière,

G. Peigné La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière,

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