mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2413692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL LEXCASE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024, la société SNCF Réseau, représentée par Me Büsch, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion des occupants sans droit ni titre du bâtiment n°6, situé 2 boulevard Branly, situé sur la parcelle cadastrée n° 262 de la section AW, place de la gare à Savenay (44260) ;
2°) de l'autoriser à se faire assister de la force publique, ainsi que d'un serrurier, en vue de l'évacuation des intéressés et de tout matériel, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'occupation des lieux porte atteinte à l'ordre public : elle génère un risque d'atteinte à la sécurité des personnes et des biens en ce que le bâtiment est situé le long de la voie ferrée, ce qui génère un risque d'accident ; elle porte atteinte à la salubrité publique en ce qu'elle constitue une décharge sauvage de déchets, ce qui engendre un risque pour les occupants mais également pour les tiers ;
- elle ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative ;
- elle ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse dès lors que les occupants ne bénéficient d'aucun droit ni titre à l'effet d'occuper cette parcelle du domaine public.
La requête a été communiquée, à titre d'observateur, à la commune de Savenay.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 septembre 2024 à 14 heures :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations de Me Virassamy, substituant Me Büsch, représentant Sncf réseau.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public. Saisi de conclusions en ce sens, il y fait droit dès lors, d'une part, que la demande présentée ne se heurte à aucune contestation sérieuse compte tenu de la nature et du bien-fondé des moyens soulevés à son encontre, d'autre part, que la libération des lieux occupés présente un caractère d'urgence.
2. Une ordonnance de référé est rendue à la suite d'une procédure particulière adaptée à la nature de la demande et à la nécessité d'assurer une décision rapide. Si cette procédure doit garantir le caractère contradictoire de l'instruction et comporter la communication de la demande aux personnes concernées par celle-ci, cette exigence n'est pas posée à peine de nullité de la procédure lorsque les circonstances rendent impossible la formalité de la notification de la demande aux personnes susceptibles d'avoir la qualité de défendeur à l'instance.
3. Il résulte de l'instruction que la société SNCF Réseaux a tenté de relever l'identité des occupants du bâtiment n°6, situé 2 boulevard Branly, situé sur la parcelle cadastrée n° 262 de la section AW, place de la gare à Savenay, notamment par l'intermédiaire d'un commissaire de justice présent sur les lieux pour constater l'occupation illicite du domaine public ferroviaire, à deux reprises, les 28 mars et 3 juillet 2024. Toutefois, ni la société SNCF Réseaux ni le commissaire de justice n'ont réussi à rencontrer les occupants. Dans ces circonstances, en raison de la difficulté à identifier les personnes occupant les lieux, l'ordonnance devra être rendue opposable à toute personne se trouvant dans cette situation.
4. Il résulte de l'instruction, notamment des procès-verbaux de constat d'un commissaire de justice, que plusieurs portes et vitres du bâtiment sont cassées et que le sol est jonché de nombreux encombrants et détritus (déchets, mobiliers, vaisselle, seringues notamment). Il est constant que les intéressés, qui se sont installés sur cette dépendance du domaine public ferroviaire, sans autorisation, en sont de fait des occupants sans droit ni titre. Ainsi, la demande de la société SNCF Réseau tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion des occupants sans droit ni titre ne se heurte à aucune contestation sérieuse. En outre, les modalités d'occupation du terrain, compte tenu du risque d'atteinte à la sécurité et à la salubrité publiques, comportent un risque de troubles à l'ordre public. Par suite, la demande de SNCF Réseau, tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion des individus occupant les lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à toutes les personnes occupant sans droit ni titre, à la date de la présente ordonnance, le bâtiment n°6, situé 2 boulevard Branly, situé sur la parcelle cadastrée n° 262 de la section AW, place de la gare à Savenay (44260), d'évacuer sans délai le lieu en cause, avec l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon, dès la notification de la présente ordonnance. A défaut pour les intéressés de déférer à cette injonction, la société SNCF Réseau pourra y procéder d'office, au besoin avec le concours de la force publique et de tout homme de l'art requis.
O R D O N N E :
Article 1er :Il est enjoint aux occupants sans droit ni titre du bâtiment n°6, situé 2 boulevard Branly, situé sur la parcelle cadastrée n° 262 de la section AW, place de la gare à Savenay (44260), d'évacuer sans délai les lieux, avec l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon, dès notification de la présente ordonnance. A défaut pour les intéressés de déférer à cette injonction, SNCF Réseau pourra y procéder d'office, au besoin avec le concours de la force publique.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à la société SNCF Réseau, à la commune de Savenay ainsi qu'à tous occupants sans droit ni titre.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique pour information.
Fait à Nantes, le 25 septembre 2024.
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026