mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2413857 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | SMATI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 septembre 2024 et le 11 septembre 2024, M. D B, représenté par Me Smati, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a prononcé le renouvellement de son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au bénéfice de son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant assignation à résidence est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que la précédente assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours a été prise le 24 juillet 2024 soit cinq jours avant la décision litigieuse, en ce qu'elle a été prise plus de trois ans après l'obligation de quitter le territoire français émise à son encontre et en ce que son éloignement ne constitue pas une perspective raisonnable ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que le territoire de la commune de Cholet est un périmètre trop restrictif ;
- la mesure d'obligation de présentation est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
12 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';
- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991';
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et des décisions accompagnant ces mesures.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 19 septembre 2024 à 14h30.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1. M. B, de nationalité marocaine, né le 18 juillet 1992, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français pris par le préfet des Yvelines le 12 août 2021. Par un arrêté du 24 juillet 2024, le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence dans la ville de Cholet pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 29 juillet 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de Maine-et-Loire a renouvelé son assignation à résidence dans la commune de Cholet pour une durée de quarante-cinq jours.
2. En premier lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant renouvellement de l'assignation à résidence. Par suite, il est suffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () " Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. "
4. Il ressort des termes de l'arrêté portant assignation à résidence que ce dernier a été pris le 24 juillet 2024 en se fondant sur l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français pris par le préfet des Yvelines le 12 août 2021 et notifié le 23 août 2021. Par suite et conformément aux dispositions citées au point 3, la première mesure d'assignation à résidence a bien été prise moins de trois ans après la décision portant obligation de quitter le territoire français. A supposer même, comme le fait valoir le préfet en défense, que l'arrêté litigieux, portant renouvellement de l'assignation à résidence, serait entaché d'une erreur de plume en ce qu'il aurait été pris le 29 août 2024, la circonstance que cet arrêté a été pris plus de trois ans après l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français n'est pas constitutive d'une illégalité dès lors qu'il ressort des dispositions citées au point 3 que la première mesure d'assignation, prise moins de trois ans après l'obligation de quitter le territoire français, peut être renouvelée deux fois et qu'il s'agit en l'espèce d'un premier renouvellement. Par ailleurs, la circonstance tenant au fait que l'arrêté litigieux, qui mentionne la date du 29 juillet 2024, a été pris seulement cinq jours après l'arrêté portant assignation à résidence et notifié avant la fin de la première période d'assignation à résidence est également sans incidence sur sa légalité. Enfin, si le requérant soutient qu'il a déposé une demande de titre de séjour le 8 août 2024, en qualité de conjoint d'un ressortissant de l'Union européenne, soit postérieurement à son obligation de quitter le territoire français et les mesures d'assignation à résidence, il n'établit pas, par cette circonstance, que son éloignement ne constitue pas une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès être écarté en toutes ses branches.
5. En troisième lieu, l'article L. 733-1 de ce code prévoit que : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ".
6. L'assignation à résidence, qui est une mesure alternative au placement en rétention dans des locaux administratifs ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, a pour but de permettre à l'administration de s'assurer de la personne obligée de quitter le territoire français, de vérifier qu'elle prend des dispositions en vue de son départ, de prévenir le risque de soustraction à l'exécution de cette obligation, comme de permettre, le cas échéant, l'exécution forcée de cette mesure d'éloignement. Mesure par nature restrictive de la liberté d'aller et de venir, cette restriction formant son objet même, les modalités contraignantes dont elle est assortie doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées aux objectifs ainsi poursuivis.
7. Le requérant qui se borne à soutenir que le périmètre de la commune de Cholet est trop restreint, ce qui méconnaît les dispositions citées au point 5, n'établit pas que ce périmètre serait disproportionné dès lors notamment qu'il est domicilié à Cholet. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit dès lors être écarté.
8. En dernier lieu, l'arrêté attaqué lui fait obligation de se présenter deux fois par semaine, les mercredis et jeudis sauf les jours fériés, en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement, à 9h00, au commissariat de police de Cholet. Le requérant qui soutient que son épouse est enceinte et qu'il doit dès lors être présent pour cette dernière, n'établit pas, par cette circonstance, que cette mesure, laquelle est limitée à deux jours par semaine, est disproportionnée par rapport à sa situation personnelle. Il en résulte que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Maine-et-Loire n'a pas procédé à un examen complet et personnel de sa situation avant d'édicter l'arrêté renouvelant son assignation à résidence.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Smati et au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La magistrate désignée,
A-L C La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026