lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2414488 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DANET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024, M. F A et Mme E A agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux des enfants D A et B A et Mme C A, représentés par Me Danet, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 septembre 2024 par laquelle l'autorité consulaire française à Islamabad (Pakistan) a subordonné l'enregistrement des demandes de visa de long séjour au titre de la réunification familiale de Mme C A et des enfants D A et B A à la présentation de visas de court séjour délivrés par les autorités pakistanaises ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal de procéder à un nouvel examen de leur situation dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de la durée de leur séparation depuis plusieurs années déjà ; par ailleurs, à compter du 9 octobre 2024, Mme C A aura 19 ans et ne pourra dès lors plus prétendre, de plein droit, à la procédure de réunification familiale ; ils risquent d'être expulsés du Pakistan vers l'Afghanistan dès lors qu'ils y séjournent irrégulièrement ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'autorité consulaire ne peut ni refuser d'enregistrer une demande de visa ni subordonner cet enregistrement à la présentation de visa délivré par un pays tiers, compte tenu du fait que l'autorité consulaire française au Pakistan est compétente pour instruire les demandes de visa déposées par des ressortissants afghans ;
* elle méconnait les stipulations des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le courriel du 3 septembre 2024 ne peut être considéré comme une décision administrative car il s'agit d'une simple information, qui est erronée, et non un refus d'enregistrement ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'aucune décision n'a été prise par l'autorité consulaire concernant les enfants des requérants ;
- aucun des moyens soulevés par les requérants, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* l'autorité consulaire française à Islamabad n'a pas refusé d'enregistrer les demandes de visa des intéressés en ce que les enregistrements ont été effectués le 7 août 2024.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 septembre 2024, M. F A, Mme E A et Mme C A concluent au rejet de la fin de non-recevoir soulevée en défense, et maintiennent leurs conclusions.
Vu :
- les pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis de sa radiation du rôle de l'audience publique du 2 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. F A, ressortissant afghan bénéficiaire de la protection subsidiaire né le 1er juin 1975, Mme E A, ressortissante afghane qui a obtenu la qualité de refugiée, née le 5 octobre 1973, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux des enfants D et B A, et Mme C A, ressortissante afghane née le 9 octobre 2005, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 3 septembre 2024 par laquelle l'autorité consulaire française à Islamabad a subordonné l'enregistrement des demandes de visa de long séjour au titre de la réunification familiale de Mme C A et des enfants D A et B A à la présentation de visas de court séjour délivrés par les autorités pakistanaises.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il résulte de l'instruction que le 25 septembre 2024, soit postérieurement à l'introduction du présent recours, les requérants ont été contactés par l'autorité consulaire française à Islamabad afin de convoquer Mme C A et les enfants D A et B A pour procéder à l'enregistrement de leur demande de visa. Un rendez-vous a été fixé par courriel au
9 octobre 2024, à 8 heures. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête en suspension de la décision consulaire, celle-ci a nécessairement perdu son objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros à verser à Me Danet en application des dispositions combinées de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour celle-ci de renoncer à la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. F A, de Mme E A et de Mme C A présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat versera à Me Danet, avocate de M. F A, de Mme E A et de Mme C A, la somme de 500 (cinq cents) euros au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F A, à Mme E A, à Mme C A, au ministre de l'intérieur et à Me Danet.
Fait à Nantes, le 7 octobre 2024.
Le juge des référés,
B. ECHASSERIEAU
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026