mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2414669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PARAVEMAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 30 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Gaudré Cœur-Uni, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 18 juillet 2024 aux termes de laquelle le directeur du centre hospitalier général de Laval l'a révoquée de ses fonctions d'aide-soignante ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier général de Laval de la réintégrer provisoirement et de reconstituer sa carrière à compter de la date d'effet de sa révocation, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la privation de son traitement, en l'absence d'aide au retour à l'emploi, la place, elle et sa famille, dans une situation financière précaire ; en outre, le motif de la décision de révocation l'empêchera de retrouver rapidement un emploi correspondant à ses compétences.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que les faits qui lui sont reprochés ne peuvent être qualifiés d'actes de maltraitance ;
* la sanction prononcée est disproportionnée au regard des faits reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, complété par une production de pièces le 3 octobre 2024, le centre hospitalier général de Laval, représenté par Me Paraveman, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B.
Il soutient que :
S'agissant de la condition tenant à l'urgence :
- dans le cas d'une révocation, Mme B peut prétendre au bénéfice de l'aide au retour à l'emploi et des démarches en ce sens ont effectivement été faites par l'établissement ; En outre, Mme B a indiqué ne pas vouloir reprendre ses fonctions dans son établissement d'origine ;
S'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux :
- la décision contestée n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation quant à la qualification du comportement fautif de la requérante ;
- la sanction de la révocation est proportionnée au regard de la gravité des faits commis et de la situation de l'agent.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 24 septembre 2024 sous le n°2414715 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision en litige ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 octobre 2024 à 14h00 :
- le rapport de M. Rosier, juge des référés ;
- Me Gaudré Cœur-Uni, avocat de Mme B, qui reprend ses écritures ;
- et Mme C, représentant le centre hospitalier général de Laval, qui reprend les écritures du mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée en 2000 par le centre hospitalier général de Laval comme agent des services hospitaliers contractuelle, puis titularisée le 1er août 2009 en qualité d'aide-soignante. Par arrêté du 8 mars 2024 du président du centre intercommunal d'action sociale (CIAS) du Pays Fouesnantais, Mme B a été suspendue de ses fonctions d'aide-soignante à la suite de la communication d'une vidéo, puis par arrêté du 27 mars 2024, le président du CIAS a décidé de mettre fin, de manière anticipée, à son détachement. Par une décision du 4 avril 2024, le directeur du centre hospitalier général de Laval a réintégré Mme B au sein de l'établissement à compter du 2 avril 2024 et, par décision du même jour, l'a suspendue de ses fonctions. A la suite de la séance du conseil de discipline du 4 juin 2024, par une décision en date du 18 juillet 2024, notifiée le 23 juillet 2024, le directeur du centre hospitalier général de Laval l'a révoquée de ses fonctions d'aide-soignante à compter du 1er août 2024 au motif que l'intéressée avait commis de faits de maltraitance à l'égard d'une résidente de l'EHPAD où elle était détachée. Mme B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. Il résulte des dispositions susmentionnées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. La décision attaquée, qui prononce la sanction de révocation de ses fonctions à l'encontre de Mme B a pour conséquence de priver cette dernière de son traitement et de l'exercice de son activité professionnelle portant ainsi un préjudice grave et immédiat à sa situation par les troubles qu'elle est susceptible de provoquer dans ses conditions d'existence, eu égard aux charges mensuelles que son ménage doit assumer et dont elle justifie dans le dernier état de ses écritures. Dans ces conditions et alors même que la requérante pourrait bénéficier de l'aide au retour à l'emploi, l'exécution de cet arrêté porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation. Par suite, la condition tenant à l'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit, en l'espèce, être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
5.Aux termes de l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. / Les dispositions de cet article sont applicables aux agents contractuels. ". Et aux termes de l'article L. 533-1 du code général de la fonction publique : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : 1° Premier groupe : a) L'avertissement ; b) Le blâme ; c) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours. 2° Deuxième groupe : a) La radiation du tableau d'avancement ; b) L'abaissement d'échelon à l'échelon immédiatement inférieur à celui détenu par le fonctionnaire ; c) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre à quinze jours ; d) Le déplacement d'office dans la fonction publique de l'Etat.
3° Troisième groupe : a) La rétrogradation au grade immédiatement inférieur et à l'échelon correspondant à un indice égal ou, à défaut, immédiatement inférieur à celui afférent à l'échelon détenu par le fonctionnaire ; b) L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans. 4° Quatrième groupe : a) La mise à la retraite d'office ; b) La révocation ".
6.Pour prononcer la révocation de Mme B, le directeur du centre hospitalier général de Laval s'est fondé des faits qualifiés de maltraitance par l'intéressée sur une résidente d'un EPHAD. Toutefois, le moyen invoqué par la requérante et tiré du caractère disproportionné de cette décision par rapport aux faits qui lui sont reprochés est de nature à faire naître un doute sérieux quant à sa légalité. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7.La suspension prononcée par la présente ordonnance implique nécessairement que Mme B soit réintégrée dans les effectifs du centre hospitalier général de Laval et que l'administration procède à la reconstitution de la carrière de l'intéressée à compter de la date de son éviction, soit le 1er août 2024, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la sanction.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8.Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier général de Laval la somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par le centre hospitalier général de Laval soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 18 juillet 2024 par laquelle le directeur du centre hospitalier général de Laval a révoqué Mme B de ses fonctions est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision attaquée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier général de Laval de réintégrer Mme B dans les effectifs de l'établissement et de reconstituer sa carrière à compter du 1er août 2024 jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la sanction.
Article 3 : Le centre hospitalier général de Laval versera à Mme B une somme de 800 euros (huit cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions du centre hospitalier général de Laval sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au directeur du centre hospitalier général de Laval.
Fait à Nantes, le 9 octobre 2024.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La greffière,
M-C. MINARD
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026