vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2414801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PAVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, suivie de pièces complémentaires le 8 octobre 2024, M. D C, représenté par Me Pavy, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 24 avril 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros HT au profit de son conseil au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite :
* il a obtenu une promesse d'embauche en qualité d'artiste musicien danseur de la part de la Compagnie Mbongui Bantu, pour la représentation de spectacles sur trois périodes, la première du 4 novembre à fin décembre 2024, et deux autres périodes à définir entre les mois de février et mai 2025 ; son employeur s'engage à le rémunérer 2 092,14 euros brut pour une période de 18 jours puis 180 euros bruts pour chaque représentation, avec prise en charge de l'hébergement, des repas et frais de transport ; il souhaite s'inscrire en parallèle pour effectuer des missions intérimaires ;
* sa famille se trouve dans une situation de vulnérabilité et de précarité extrême alors qu'il est privé de la possibilité de subvenir à leurs besoins et que son foyer est composé d'enfants en bas âge dont le benjamin est né le 31 juillet 2024 ; ils sont à la rue pour la seconde fois dès lors qu'ils n'ont obtenu un hébergement d'urgence de nuit que jusqu'au 9 septembre 2024 puis un autre hébergement seulement pour une semaine jusqu'au 27 septembre 2024 et qu'aucune solution de relogement ne leur est proposée malgré les démarches effectuées ; la scolarité du jeune B est mise en péril compte tenu de la précarité des conditions de vie familiales ;
* compte tenu de la situation, il n'est pas possible d'attendre que soit rendu le jugement au fond ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle résulte d'un défaut d'examen de sa situation personnelle dès lors que la naissance de son fils A le 31 juillet dernier n'a pas été prise en compte, et qu'il ne peut être éloigné de sa famille ;
* elle est entachée d'une erreur de droit quant aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : le préfet ne cite aucune base légale lui permettant de refuser un titre de séjour au motif qu'il n'a pas exécuté des précédentes mesures d'éloignement. En outre, les décisions d'éloignement dateraient de 2020 et 2021, soit de plus de 3 ans. En tout état de cause, le tribunal a annulé la dernière décision d'obligation de quitter le territoire français ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'application des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : la première décision l'obligeant à quitter le territoire ne lui a pas été notifiée et la seconde a été annulée, de sorte que l'absence d'exécution de ces décisions ne peut lui être opposée ; il ne peut être éloigné du territoire compte tenu de sa situation familiale et ne peut être séparé de ses enfants dont il contribue à l'entretien et à l'éducation ; il justifie de son insertion sur le territoire par de nombreuses attestations et il vit régulièrement en France depuis 6 ans ; il est destinataire d'une promesse d'embauche ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : ses enfants ne disposent pas d'un hébergement convenable et pérenne et l'école du jeune B se trouve à plus d'une heure trente de route ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle : il n'a pas pu honorer sa promesse d'embauche pour la première période prévue par la compagnie, ce qui nuit à sa carrière artistique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : si le requérant soutient qu'il a travaillé pendant la période où il demandait l'asile, il ne le démontre pas ; l'intéressé a contribué à l'urgence de sa situation en concluant des contrats artistiques alors qu'il se trouvait en situation irrégulière ; la compagnie qui souhaite l'embaucher ne justifie pas de démarches en vue d'obtenir l'autorisation de l'embaucher ; la famille était hébergée par un proche à titre gracieux jusqu'en 2024 et M. C a une cousine en France qui peut l'accueillir ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête en annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 octobre 2024 à 10 heures :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations de Me Pavy, avocat de M. C, en sa présence, qui complète ses conclusions initiales tendant à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision du 24 avril 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, en demandant également d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 6 septembre 2024 portant rejet du recours gracieux qu'il avait adressé le 3 juin 2024 au préfet. Il insiste par ailleurs particulièrement sur le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont les décisions sont entachées relativement aux dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture de l'instruction a été reportée au 8 octobre 2024 à 16h00.
Le requérant a produit, le 9 octobre 2024 à 16h10, postérieurement à la clôture de l'instruction, une note en délibéré et des pièces complémentaires, ne contenant l'exposé, ni d'une circonstance de fait dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts, ni d'une circonstance de droit nouvelle ou que le juge devrait relever d'office, de sorte qu'elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est un ressortissant congolais né le 8 avril 1995. Sa demande d'asile en France a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 décembre 2019. Dans son ordonnance n° 2407874 du 30 mai 2024, le juge des référés a rejeté sa requête tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 24 avril 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, la condition d'urgence ne pouvant en l'état être regardée comme remplie. Par la présente requête, arguant de nouveaux éléments, M. C demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 24 avril 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que celle du 6 septembre 2024 portant rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. C, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. C en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C, au ministre de l'intérieur et à Me Pavy.
Copie sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique
Fait à Nantes, le 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026