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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2415117

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2415117

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2415117
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCHRYVE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, Mme D A, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de sa fille C B, représentée par Me Schryve, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours qu'elle a formé contre la décision de l'autorité consulaire française à Conakry (Guinée) du 24 mai 2024 refusant de délivrer à sa fille alléguée, C B, un visa d'entrée en France et de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer le visa demandé pour la jeune C B dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de la demande de visa de long séjour dans le même délai et sous la même astreinte ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, à lui verser directement.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que sa fille, qui est hébergée chez sa grand-mère paternelle dont l'état de santé s'est dégradé, n'est plus en mesure de la protéger contre les risques d'excision d'autant qu'elle-même est de confession musulmane et appartient à l'ethnie peule. En outre, elle est séparée de sa fille depuis septembre 2020 ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* la décision contestée n'est pas motivée ;

* la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 561-2 du CESEDA et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 434-3 et L. 434-4 du CESEDA ;

* les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 et 9 de la convention internationale des droits de l'enfant ont été méconnues.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et s'en remet à la sagesse de la juridiction s'agissant des conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'il a donné instruction le 9 octobre 2024 à l'autorité consulaire à Conakry de délivrer le visa sollicité.

Par un courrier, enregistré le 9 octobre 2024 et non communiqué, Mme A maintient sa demande au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 30 septembre 2024 sous le numéro 2415126 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 9 octobre 2024, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 16 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Mme D A, ressortissante guinéenne née le 21 novembre 1996, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 26 août 2024, par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours qu'elle a formé contre la décision de l'autorité consulaire française à à Conakry (Guinée) du 24 mai 2024 refusant de délivrer à sa fille C B, née le 1er novembre 2016, un visa d'entrée en France et de long séjour au titre de la réunification familiale.

4. Postérieurement à l'introduction de la requête, le ministre de l'intérieur a donné instruction, le 9 octobre 2024, à l'autorité consulaire française à Conakry de délivrer le visa sollicité pour l'enfant C B, ce qui n'est pas contesté par la requérante. Par suite, les conclusions présentées par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Schryve renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cette avocate de la somme de 500 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées à fin de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 3 : L'Etat versera à Me Schryve, avocate de la requérante, une somme de 500 (cinq cents) euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que cette dernière renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sous réserve de son admission définitive à l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A et au ministère de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 16 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. ROSIER

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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