mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2415299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Arvis, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 24 juillet 2024 par lequel le président de la communauté de communes Baugeois-Vallée l'a affectée sur le poste de chargée d'opération eau et assainissements avec une reprise d'activité fixée au 8 août 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes Baugeois-Vallée la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite en ce que diverses démarches gracieuses ont été engagées depuis le 24 juillet 2024 auprès de la communauté de communes qui les a toutes rejetées notamment dans son dernier courrier du 26 septembre 2024, compte tenu de la distance entre son nouveau poste au siège de la communauté de communes et son domicile alors qu'elle s'occupe seule de son enfant de treize ans son époux étant fréquemment en déplacement; elle sera contrainte d'être placée en arrêt de travail pour raisons médicales au regard des nouveaux évènements médicaux qui se sont produits depuis le conseil médical du 6 février 2024, consistant en une crise d'angoisse survenue le 29 août 2024 et la consultation d'un praticien hospitalier le 28 septembre 2024 qui atteste de son état anxio dépressif majeur, l'aménagement de trois jours de télétravail par semaine ne semblant plus adapté à sa situation actuelle ; l'attente d'une décision sur son recours en annulation serait irréversible sur son état de santé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui ne constitue pas une simple mesure d'ordre intérieure en raison de la perte de responsabilité et de rémunération qu'elle emporte :
* elle est entachée de vices de procédure qui l'ont privée de garanties essentielles en ce qu'elle méconnaît les dispositions du décret du 30 juillet 1987 en présence de la seule signature du président du conseil médical du 6 février 2024, ce qui ne garantit pas l'effectivité de sa composition et le respect du quorum, alors qu'il n'est pas établi qu'elle a été convoquée au moins dix jours avant la séance ni que le médecin du travail aurait été informé de la date et de l'objet de la séance ;
* s'agissant d'une mesure prise en considération de la personne, constituée par un changement d'affectation, elle a été privée de son droit à accéder à son dossier individuel comme du respect d'une procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article
L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration
* elle est entachée d'erreur de droit en ce que le changement d'affectation dans le cadre de sa reprise d'activité après un congé maladie constitue une rétrogradation en méconnaissance des dispositions des articles 31 et 32 du décret du 30 juillet 1987 ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des l'article
L. 136-1 du code général de la fonction publique et des articles L. 4121-1 et suivants du code du travail qui obligent à protéger les agents des risques professionnels eu égard à l'objet vague de sa fiche de poste qui peut la soumettre à l'organisation de réunions ou d'interventions en fin de soirée sur son temps de présence au regard de la distance entre son domicile et son lieu d'affectation l'exposant à un risque de malaise au volant de son véhicule ou de décompensation somatique et psychologique même avec un temps de travail en présentiel de deux jours par semaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2024, suivi de pièces complémentaires enregistrées le 17 octobre 2024, la communauté de communes Baugeois-Vallée représentée par Me Marchand conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est dirigée contre une mesure d'ordre intérieur dès lors que l'affectation qui lui est proposée n'est constitutive ni d'une sanction ni d'une discrimination, n'est pas incompatible avec son état de santé, compte tenu notamment de l'octroi de trois jours de télétravail hebdomadaires, lui confère des responsabilités de manager d'une autre nature mais équivalentes et lui conférant un régime indemnitaire identique, la perte de points de nouvelle bonification indiciaire (NBI) étant marginale par rapport au montant global de sa rémunération, les allégations de harcèlement moral n'étant nullement établies ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie eu égard au temps écoulé entre la notification de la décision attaquée et l'enregistrement de la présente requête sans que celui-ci puisse être justifié par les démarches gracieuses engagées par la requérante ; l'atteinte grave et immédiate à la situation familiale de la requérante n'est pas constituée par l'éloignement de son nouveau poste par rapport à son lieu de résidence qui demeure équivalent au lieu d'exercice de ses anciennes fonctions ; les éléments médicaux nouveaux fournis postérieurement à l'avis du conseil médical du 6 février 2024 ne sont pas suffisants pour contrindiquer la reprise d'activité par l'intéressée ; la collectivité se borne à tirer les conséquences de l'avis du conseil médical du 6 février 2024 déclarant l'agent apte à la reprise, ce qui ne constitue pas un risque grave et immédiat pour l'intégrité physique de la requérante qui suit un traitement identique à celui constaté le 30 novembre 2023 par le médecin expert la déclarant apte à la reprise ;
- aucun des moyens soulevés par Mme A, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2415286 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 octobre 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,
- les observations de Me Arvis, avocat de Mme A, en sa présence qui soutient que la situation subie par la requérante démontre qu'il existe un faisceau d'indices prouvant que la décision attaquée porte atteinte à ses intérêts ;
- et les observations de Me Couëtou du Tertre substituant Me Marchand représentant la communauté de communes Baugeois-Vallée.
La clôture de l'instruction a été différée au 21 octobre à 15h00.
Un mémoire, enregistré le 17 octobre 2024 à 15h34, présenté par de la communauté de communes Baugeois-Vallée a été communiqué.
Des mémoires, enregistrés les 21 octobre à 15h04 et le 22 octobre 2024, présentés par Mme A n'ont pas été communiqués.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ingénieur principale titulaire, recrutée de 2011 à 2019 comme directrice du syndicat mixte intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères de la vallée de l'Authion a été transférée en qualité de directrice du service de gestion et de valorisation des déchets de Baugeois Vallée à compter du 1er janvier 2020. Placée en arrêt maladie du 28 février au 15 mars 2020 elle a été convoquée le 15 juin 2020 pour se voir affectée sur le poste de responsable infrastructures économiques et économie circulaire ce qui a conduit l'intéressée à être placée en arrêt maladie du 18 juin 2020 jusqu'à la date de la présente ordonnance. Par la présence requête, Mme A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'arrêté du 24 juillet 2024 par laquelle le président de la communauté de communes Baugeois-Vallée l'a affectée sur le poste de chargée d'opération eau et assainissements avec une reprise d'activité fixée au 8 août 2024.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu notamment des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour caractériser l'existence d'une situation d'urgence, Mme A soutient que les nouvelles fonctions qui lui sont assignées sont incompatibles avec son état de santé et sont sensiblement inférieures à celles qu'elle exerçait précédemment. Toutefois, s'il résulte de l'instruction que l'intéressée a souffert depuis l'année 2020 d'un syndrome anxio-dépressif sévère, l'avis du conseil médical départemental du 17 mai 2022 confirmé par le conseil médical supérieur le 11 octobre 2022, a été favorable à une réintégration de l'intéressée en prévoyant trois mois de temps partiel thérapeutique à 50%. Si, le 9 février 2023, Mme A a adressé à la communauté de communes une demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa pathologie en raison du harcèlement moral qu'elle soutient avoir subi de décembre 2019 à juin 2020, le comité médical départemental a émis un avis défavorable le 13 septembre 2023 en ne retenant pas de lien entre ladite pathologie et son activité professionnelle. Enfin, le 6 février 2024, le conseil médical départemental a émis un avis défavorable, implicitement confirmé par le comité médical supérieur, à l'octroi d'une disponibilité d'office pour raison de santé demandée par Mme A et prononcé un avis d'aptitude à la reprise de fonction dans le respect des préconisations du médecin du travail lequel, dans son attestation de suivi du 29 février 2024 a proposé trois jours de télétravail hebdomadaire. Au regard de la situation précitée, les éléments médicaux que Mme A produit qui font état d'une hospitalisation de courte durée à la suite d'une crise d'angoisse le 29 août 2024 ainsi que d'un rapport d'assistance d'un expert médical, daté du 28 septembre 2024, faisant état d'un état anxiodépressif majeur sévère qui contre-indique formellement la reprise du travail, alors que la requérante ne conteste pas que son traitement médical associé à ses troubles n'a pas été modifié depuis l'année 2023, ne sont pas suffisamment circonstanciés pour justifier d'une urgence à suspendre l'exécution de la décision d'affectation de Mme A sur le poste de chargé d'opération eau et assainissement. A cet égard, il n'est pas établi que cette décision occasionnerait une perte de rémunération significative, en raison de la suppression de 117,15 euros mensuel de nouvelle bonification indiciaire sur un traitement de près de 3 500 euros ou une diminution sensible de ses responsabilités en dehors de la perte des fonctions d'encadrement, cette perte pouvant s'expliquer par l'absence d'autre poste d'ingénieur actuellement vacant dans le tableau des effectifs, ni que ladite décision emporterait une modification de ses horaires de travail ou un changement significatif dans la distance d'affectation géographique. Il suit de là qu'en l'état de l'instruction, il n'apparaît pas, au vu de l'ensemble des éléments du dossier, que les effets de la décision attaquée caractérisent une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision qu'elle conteste soit suspendue.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense et d'examiner la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions de la requête présentée par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A doivent, dès lors, être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de rejeter les conclusions de la communauté de communes Baugeois-Vallée à l'encontre de Mme A sur ce même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Baugeois-Vallée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la communauté de communes Beaugeois-Vallée.
Fait à Nantes, le 23 octobre 2024.
Le juge des référés,
B. EchasserieauLa greffière,
A. Diallo
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2415299
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026