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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2415421

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2415421

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2415421
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHOUDART ET ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension présentée par Mme A, agent du centre hospitalier universitaire de Nantes. La requérante contestait les décisions des 6 août et 12 septembre 2024 la plaçant en absence injustifiée puis en congé sans traitement. Le juge a constaté que la demande de suspension était devenue sans objet, Mme A ayant sollicité et obtenu, postérieurement à l'introduction de son recours, un placement en disponibilité pour convenance personnelle. Les conclusions à fin de suspension et d'injonction ont donc été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Daumont, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 5211- du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 6 août 2024 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nantes l'a placée en absence injustifiée, sans traitement, à compter du 5 août 2024 ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 12 septembre 2024 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nantes l'a placée en position de congé sans traitement, pour la période du 5 août au 1er septembre 2024 et la période du 2 au 20 septembre 2024 ;

3°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier universitaire de Nantes de procéder au versement rétroactif des rémunérations et indemnités qu'elle aurait dû percevoir depuis le 5 août 2024 et ce, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Nantes le versement à son profit d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; les décisions litigieuses ont pour effet de la priver, purement et simplement, de l'intégralité de son traitement ; cette privation impacte de façon suffisamment grave et immédiate sa situation familiale et matérielle ; son mari étant autoentrepreneur, ses revenus sont variables d'un mois sur l'autre ; ils assument la charge de trois enfants âgés de 17, 16 et 13 ans ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées ; la compétence des signataires de ces décisions n'est pas établie ; le centre hospitalier a commis une erreur d'appréciation en remettant en cause le bien-fondé de son congé maladie ; le conseil médical a d'ailleurs rendu un avis contraire à celui du médecin agréé sur sa capacité à reprendre le travail ; son état de santé justifie son placement en congé maladie avec maintien de sa rémunération.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, le centre hospitalier universitaire de Nantes, représenté par Me Lesné, conclut, à titre principal, au rejet de la requête comme irrecevable, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension présentées par Mme A, à titre très subsidiaire, au rejet de la requête comme mal fondée, en tout état de cause, à ce que soit mis à la charge de Mme A le versement à son profit d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le 7 octobre 2024, Mme A a demandé son placement en disponibilité pour convenance personnelle du 12 octobre 2024 au 11 octobre 2025 ; il a été fait droit à cette demande par décision du 10 octobre 2024 ;

- à la date d'enregistrement de la requête, les deux décisions attaquées des 6 août et 12 septembre 2024 avaient produit tous les leurs effets ; les conclusions tendant à la suspension de leur exécution étaient, dès lors, sans objet ;

- en tout état de cause, le placement de la requérante en disponibilité, postérieurement à l'enregistrement de la requête, rend sans objet les conclusions à fin de suspension des décisions plaçant l'intéressée en congé sans traitement ;

- subsidiairement, les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont pas satisfaites.

Vu les pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 octobre 2024 à 9h30 :

- le rapport de M. Martin, juge des référés ;

- les observations de Me Kuciel, substituant Me Daumont, avocate de Mme A, et celles de Me Depasse substituant Me Houdart, avocate du centre hospitalier universitaire de Nantes.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A, salariée du centre hospitalier universitaire de Nantes, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution, d'une part, de la décision du 6 août 2024 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Nantes l'a placée en absence injustifiée, sans traitement, à compter du 5 août 2024, d'autre part, de la décision du 12 septembre 2024 par laquelle le même directeur l'a placée en position de congé sans traitement, pour la période du 5 août au 1er septembre 2024 et la période du 2 au 20 septembre 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

Sur l'exception de non-lieu :

3. Le centre hospitalier universitaire de Nantes fait valoir, dans son mémoire en défense, que, le 7 octobre 2024, postérieurement à l'enregistrement de la requête, Mme A a demandé son placement en disponibilité pour convenance personnelle du 12 octobre 2024 au 11 octobre 2025 et que son directeur général a fait droit à la demande de l'intéressée par décision du 10 octobre 2024. Dès lors, les conclusions à fin de suspension présentées par la requérante ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sont devenues sans objet.

Sur les frais liés au litige :

4. Il n'apparaît pas inéquitable, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont engagés dans le cadre de la présente instance et de rejeter leurs conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A et les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Nantes tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Nantes.

Fait à Nantes, le 30 octobre 2024.

Le juge des référés,

L. Martin

La greffière,

A. Diallo La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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