mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2415427 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 4, 19 et 20 octobre 2024, la SCCV Le Panorama, représentée par Me Barbat du Closel, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Saint-Nazaire du 4 septembre 2024 lui ordonnant l'interruption immédiate des travaux engagés par celle-ci en vertu d'un permis de construire n° PC 044 184 20 T1258 du 18 mai 2021 pour la construction d'un immeuble d'habitat collectif (32 logements collectifs dont 10 locatifs sociaux) et la réhabilitation/extension d'une maison existante ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée préjudicie gravement à la situation des entreprises intervenant sur le chantier, tant au plan financer, pour lequel elle produit à l'instance un chiffrage de leur manque à gagner, qu'au plan matériel ; la décision préjudicie aux acquéreurs des lots, l'ensemble immobilier ayant été vendu par lots en l'état de futur achèvement et étant livrable à la fin de l'année 2024 ; alors que la construction est sur le point d'être livrée, elle place ces acquéreurs dans des situations financières, organisationnelles et humaines difficiles ; elle expose de ce fait la SCCV Le Panorama à des demandes indemnitaires de leur part ; elle l'expose également à ce que son établissement bancaire prononce la déchéance du terme de plein droit du financement de l'opération en cas d'interruption du chantier supérieure à deux mois ; enfin, elle lui préjudicie en raison des risques de dégradations potentielles des ouvrages du fait de l'interruption soudaine du chantier, notamment liées à l'absence de chauffage et de ventilation, à une étanchéité non complète, à des risques d'inondation en sous-sol liés à l'arrêt des pompes et aux acte de vols et vandalisme éventuels; la SCCV Le Panorama estime que la décision préjudicie à son image de marque et à ses intérêt financiers ; la non-conformité de la construction peut être régularisée par un permis de construire modificatif ; l'arrêté contesté a d'ores et déjà engendré un retard non rattrapable de deux mois ; elle soutient que la situation d'urgence n'est pas la conséquence de son attitude ou de sa négligence ; elle fait valoir qu'elle est " non-sachante " en matière de construction et que son obligation en ce domaine est de suivre les avis techniques des intervenants à l'acte de construire ; en l'espèce, elle était tenue de suivre l'avis du bureau d'étude acoustique, rendu lors de l'élaboration du dossier de consultation des entreprises, quant au risque potentiel de non-conformité des chapes et in fine, de ne pas pouvoir déposer un dossier de déclaration d'achèvement des travaux complet, l'attestation de prise en compte de la réglementation acoustique étant, selon elle, une pièce requise; de même, la nécessité de la pose d'un sur-ferraillage de la dalle en R+2 est apparu en phase d'exécution des travaux ; ces ajustements techniques de la construction, qui ont conduit au final à implanter le bâtiment à une altimétrie inférieure à celle prévue au permis de construire, étaient indispensables sans que la conception d'origine puisse être considérée comme insuffisante de la part de l'architecte ; un chantier de construction ne permet pas de tout envisager sur le plan technique lors du dépôt du permis de construire, l'architecte n'étant ni acousticien, ni BET structure ; il ne peut lui être fait grief de ne pas avoir prévu ces aléas ; la SCCV Le Panorama n'a profité d'aucun avantage en adaptant le projet aux contraintes techniques qui se sont imposées à elle ; elle n'a aucunement dégradé la qualité de l'immeuble pour faire des économies, ni obtenu aucun avantage pour augmenter la surface de planchers ; le projet a été légèrement adapté au regard de sa configuration initiale prévoyant, dès l'origine, un encaissement de la construction pour tenir compte de la règle de hauteur de 10 mètres s'imposant à l'immeuble ; la commune et l'Etat ne peuvent ignorer cette donnée: les plans du dossier du permis de construire sont sans ambiguïté sur l'existence d'un encaissement qui n'était pas minime ou imperceptible ; une différence altimétrique de 33 cm en plus concernant l'encaissement ne constitue pas un préjudice visuel supplémentaire sur le plan de la perspective du bâtiment ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est intervenue au terme d'une procédure contradictoire irrégulière dès lors que les termes du courrier de la commune de Saint-Nazaire du 22 juillet 2024 étaient insuffisants pour lui permettre de faire valoir utilement ses observations ; la description des faits reprochés était trop imprécise ; ce courrier ne contient aucune information pour lui permettre de prendre connaissance du procès-verbal d'infraction du 3 juillet 2024 ; aucune précision ne lui a été apportée quant aux arbres prétendument fragilisés alors que ceux-ci sont clairement identifiés dans l'arrêté interruptif de travaux ;
* la décision attaquée est insuffisamment motivée ; elle ne contient aucune considération de fait ou de droit justifiant de l'urgence et de la stricte nécessité de cette mesure alors que le chantier est en voie d'achèvement ; les préjudices qui résulteraient, pour la collectivité publique, de l'achèvement des travaux, ne sont pas établis ; à un stade où l'immeuble est quasiment achevé, la poursuite des travaux n'est pas susceptible d'entrainer la consolidation d'une non-conformité ou l'aggravation de celle-ci ;
*la décision attaquée est fondée sur des faits matériellement inexacts, notamment au regard des côtes altimétriques retenues et, en particulier, de la prise en considération erronée de la hauteur de l'arrêt de bus situé au droit de la parcelle ; le quai de bus n'est pas situé à une cote de 20.02 mais de 20.3 ; il est erroné d'affirmer que le permis de construire a autorisé une implantation du bâtiment à un niveau de 54 cm par rapport à l'espace public, car aucun élément du dossier de permis de construire, pas même la pièce PC3a, n'a visé une cote altimétrique au droit de l'espace public ; le permis de construire avait en réalité autorisé l'établissement du niveau fini du sol du plancher bas du rez-de-chaussée à 83cm en dessous de l'espace public ; les cotes altimétriques qui ont été retenues par l'architecte reposent sur un plan topographique de géomètre-expert joint au dossier de demande de permis de construire ;
* la décision méconnaît le champ d'application de l'article L480-2 du code de l'urbanisme sur le fondement duquel l'arrêté interruptif de travaux a été pris, en raison de l'absence d'infraction à la police de l'urbanisme valablement constituée :
- s'agissant de l'altimétrie de la construction, la différence constatée entre le bâti réalisé et la côte annoncée dans le dossier de permis de construire résulte d'un aléa technique qui s'est imposé au maître d'ouvrage, suite à l'avis d'un bureau d'études et d'un bureau de contrôle, quant à l'épaisseur des planchers des niveaux afin de respecter la règlementation acoustique; cet aléa a conduit, pour respecter la hauteur maximale du bâtiment de 10 mètres à compter du terrain naturel, à décaisser la construction de 33 centimètres ; cette différence d'altimétrie " minime et négligeable " par rapport au permis de construire délivré, représentant 3,3% de la hauteur du bâtiment, ne saurait constituer une " non-conformité " susceptible de constituer une infraction au sens de l'article L.480-4 du code de l'urbanisme ;
- s'agissant de l'espace boisé classé, la commune était informée de l'abattage, pour des raisons de sécurité, de l'arbre n°8 et en avait pris acte par courriel le 21 novembre 2023 ; cet arbre n°8 est celui répertorié sous le n°13 dans la demande de permis de construire, lequel est visé dans la décision attaquée ; concernant la fragilisation de deux arbres, un rapport du bureau d'études Obio réalisé le 24 septembre 2024 montre que le sujet n°5 est un arbre sain, non fragilisé, et que le sujet n°6 ne présente pas de baisse de vigueur ni de vitalité, la seule fragilité constatée résultant d'une atteinte fongique ; il ne peut lui être reproché d'avoir exécuté les travaux pour lesquels elle a été autorisée par permis de construire, notamment à excaver pour la réalisation des sous-sols, impliquant nécessairement une section partielle des racines des arbres dépassant sur les zones, sauf à considérer que le permis de construire délivré était impossible à mettre en œuvre ; il ne peut lui être reproché d'avoir négligé les arbres de l'espace boisé classé, en procédant de façon sauvage à des coupes de branché et de racine ; les sujet situés à une distance trop proche de l'immeuble ont été nécessairement élagués en assurant un suivi phytosanitaire ; la SCCV Le Panorama a missionné à trois reprises le bureau d'étude Obio pour assurer la surveillance de l'état de santé des arbres situés dans le périmètre de l'opération ; l'infraction qui lui est reprochée n'est donc pas caractérisée ;
- la décision méconnaît le principe de proportionnalité ; la non-conformité reprochée est négligeable et compte tenu de l'état d'avancement du chantier, il n'est pas possible de modifier la construction dans ses fondations et élévations; la décision est disproportionnée au regard de ses conséquences graves pour les acquéreurs des lots qui ne pourront prendre livraison de leur logement et pour les entreprises qui ne pourront poursuivre leur marché; plutôt que d'interrompre le chantier, le maire pouvait mettre en œuvre les dispositions de l'article R462-9 du code de l'urbanisme dès lors que les travaux peuvent faire l'objet d'un permis de construire modificatif ; l'arrêté qui ne vise qu'une non-conformité par rapport à l'altimétrie du plancher fini du rez-de-chaussée du bâtiment B ne pouvait ordonner une interruption générale et absolue du chantier qui porte également sur la rénovation et l'extension de la villa qui est indépendante du reste de l'ensemble immobilier ; la couverture de cette maison n'étant pas terminée, la charpente est exposée aux intempéries ;
*la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir : elle a davantage pour objet de préserver les intérêts privés des acquéreurs des lot du rez-de-chaussée que d'obtenir une mise en conformité de la construction ; aucune raison ne justifie que le maire s'oppose à l'achèvement des travaux ; le risque d'inondation ou de submersion allégué dans la presse n'est pas établi ; le projet est situé en dehors de toute zone à risque identifiée par le plan de prévention des risques littoraux et son niveau altimétrique est largement supérieur aux côtes de référence Xynthia fixées sur la commune de Saint-Nazaire ; un avis du bureau de contrôle Apave du
27 septembre 2024 écarte tout risque d'inondation et précise que la modification des niveaux tel que déposées dans le dossier de demande de permis de construire modificatif n'a pas d'incidence sur le risque d'inondation ;
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrées les
16 et 18 octobre 2024, la commune de Saint-Nazaire, représentée par Me Marchand, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) au versement par la SCCV Le Panorama d'une somme de 5000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :s'agissant de la situation des entreprises intervenant sur le chantier, aucun chiffrage du préjudice n'est avancé ; s'agissant de la situation des acquéreurs de logements, elle ne suffit pas à caractériser une situation d'urgence ; s'agissant des risques de dégradation des constructions, la décision contestée n'empêche pas la mise en sécurité ni les travaux destinés à la conservation des ouvrages partiellement réalisés ; l'urgence est uniquement imputable à la SCCV Le Panorama ; il convient de faire prévaloir l'intérêt général qui s'attache à assurer la préservation des paysages et le respect des règles de droit aux intérêts exclusivement financiers de la société requérante ;
- aucun des moyens soulevés par la SCCV Le Panorama n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
*le moyen tiré du vice de procédure n'est pas sérieux au regard des échanges intervenus préalablement à la décision attaquée entre la commune et la SCCV Le Panorama ;
*l'arrêté interruptif de travaux est suffisamment motivé ;
*il n'est entaché d'aucune erreur de fait : le quai de bus litigieux a été construit en 2013, antérieurement au projet ; l'erreur provient de l'usage, par l'architecte, d'un plan topographique datant de 2010, non remis à jour au moment du dépôt du permis de construire ;
*s'agissant de la constitution d'infractions au sens de l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme : concernant la différence altimétrique, les aléas techniques, notamment la nécessité de chapes acoustiques plus épaisses auraient dû être anticipés par le promoteur ; la différence altimétrique de 35cm avancée par le promoteur justifierait un refus du certificat de conformité ; concernant l'espace boisé classé, l'arbre n°8 dont la SCCV Le Panorama fait état n'est pas concerné par l'arrêté litigieux qui vise l'arbre n°13 et elle porte atteinte à l'espace boisé classé et méconnaît donc le plan local d'urbanisme intercommunal qui l'institue; la coupe de cet arbre n'était pas prévue dans le cadre du permis de construire ; le promoteur a implanté l'immeuble à une distance inférieure à celle prévue par le permis de construire ; les branches du sujet n°5 ont été coupées pour éviter les chocs contre le bâtiment et 30% du système racinaire de l'arbre n°6 a été sectionné ; cette fragilisation a été accrue par la réalisation d'un décaissement plus important que celui autorisé ; les faits sont avérés et, eu égard à la très grande qualité des arbres concernés, justifiaient la décision attaquée ;
*le principe de proportionnalité ne s'applique que lorsqu'une mesure de police vise à limiter l'exercice d'une liberté publique ; tel n'est pas le cas en l'occurrence ; le respect de la réglementation d'urbanisme dont la commune est la garante prévaut sur des situations privées illicites contribuant à la détérioration du paysage et de l'environnement ;
*le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi ;
ar un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : l'urgence alléguée résulte de la négligence de la SCCV Le Panorama dans la conception et l'exécution de son projet et ses relations avec la mairie alors qu'elle était particulièrement avertie des enjeux liés à la protection des arbres et au respect des règles de hauteur de la construction ; tandis que les plans du permis de construire mentionnaient les arbres présents sur la parcelle d'assiette du projet et que le permis contenait une prescription spéciale quant à leur protection, les intervenants n'ont pris que peu de précautions, notamment lors de travaux de terrassement ; s'agissant de l'altimétrie du bâtiment, il est établi que le bâtiment est aujourd'hui implanté à un niveau inférieur à celui autorisé par le permis de construire ; la contrainte technique rencontrée par la SCCV Le Panorama aurait dû faire l'objet d'une information et d'une régularisation préalable par un permis de construire modificatif avant la réalisation des travaux ; ce n'est que postérieurement à l'arrêté interruptif de travaux que la société s'est engagée dans une démarche de régularisation ;
- aucun des moyens soulevés par la SCCV Le Panorama n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
*le moyen tiré du vice de procédure n'est pas sérieux au regard des échanges intervenus préalablement à la décision attaquée entre la commune et la SCCV Le Panorama ;
*l'arrêté interruptif de travaux est suffisamment motivé ;
*il n'est entaché d'aucune erreur de fait dès lors que la construction est implantée à une altimétrie inférieure à celle autorisée par le permis de construire ;
* l'infraction au sens de l'article L. 480-4 du code de l'urbanisme est constituée, qu'il s'agisse du non-respect de l'altimétrie du bâtiment ou de l'atteinte à l'espace boisé classé ;
* s'agissant du principe de proportionnalité, la décision attaquée vise à préserver les intérêts généraux dont la commune a la charge, notamment ceux fixés par le code de l'urbanisme ; les travaux réalisés y portent atteinte ; la SCCV Le Panorama ne peut se prévaloir du principe de proportionnalité pour mettre la commune devant le fait accompli et imposer ses erreurs à la collectivité par l'obtention d'un simple permis modificatif.
* le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi ;
Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 18 octobre 2024, la société IP3, représentée par Me Fekri, conclut :
1°) à ce que son intervention volontaire soit admise;
2°) à ce que le tribunal ordonne la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Saint-Nazaire du 4 septembre 2024 ordonnant à la SCCV LE Panorama l'interruption immédiate des travaux engagés par celle-ci en vertu d'un permis de construire n° PC 044 184 20 T1258 du 18 mai 2021 pour la construction d'un immeuble d'habitat collectif (32 logements collectifs dont 10 locatifs sociaux) et la réhabilitation/extension d'une maison existante ;
Elle soutient que :
-elle a intérêt suffisant, en sa qualité de maître d'œuvre du chantier, à la suspension de la décision attaquée, justifiant l'admission de son intervention volontaire ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que le courrier de la commune du 22 juillet 2024 ne contenait aucune information permettant à la SCCV Le Panorama de prendre connaissance du procès-verbal d'infraction qui lui aurait permis de connaître précisément le détail des faits reprochés, en vue d'apporter toutes précisions utiles pour assurer sa défense ;
-l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé dès lors qu'il n'y a aucune urgence caractérisée à arrêter les travaux et que ceux-ci ne menacent pas la sécurité publique ; l'arrêté est disproportionné ;
-l'arrêté est entaché d'une erreur de fait ; il repose sur des postulats inexacts ; seules les cotes figurant au permis de construire devaient être prises en compte ; la différence de cote s'explique par la prise en compte erronée par les services de la ville de la hauteur du quai de bus ;
-les éléments reprochés, à savoir une différence altimétrique du niveau bas du rez-de-chaussée de 33 centimètres, un arbre présentant un état phytosanitaire dégradé et menaçant de chute abattu et deux arbres prétendument fragilisés, ne sauraient recevoir une qualification d'infraction pénale au sens de l'article L.480-4 du code de l'urbanisme ; s'agissant de la différence altimétrique, elle résulte de contraintes techniques ; elle présente un caractère minime et ne résulte pas d'une volonté du constructeur d'obtenir un avantage particulier visant à gagner de la surface de planchers au mépris de l'autorisation d'urbanisme délivrée ; , cette difficulté ne justifie pas un arrêté interruptif de travaux et doit être traité dans le cadre, classique, d'un permis de construire modificatif, aucune règle d'urbanisme n'étant d'ailleurs méconnue ; s'agissant de l'espace boisé classé, aucune infraction n'est caractérisée ;
* l'opération étant quasiment achevée et en voie d'être réceptionnée, les conséquences de l'arrêté interruptif sont hors de proportion avec l'intérêt de la poursuite de l'opération et de la livraison de l'ouvrage ;
* la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir, le maire poursuivant plutôt l'objectif de défendre les intérêts privés des acquéreurs à l'égard du promoteur que d'obtenir une mise en conformité de la construction ; au contraire de ce que soutient le maire, la différence d'altimétrie n'aura aucune conséquence en termes d'inondation ou de submersion marine.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 octobre 2024 sous le numéro 2415364 par laquelle la SCCV Le Panorama demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 octobre 2024 à 10 heures:
- le rapport de M. Marowski, juge des référés,
- les observations de Me Barbat du Closel, représentant la SCCV Le Panorama,
- les observations de Me Léon, substituant Me Marchand, représentant la commune de Saint-Nazaire,
-et les observations de Me Hauuy, substituant Me Fekri, représentant la société IP3.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'intervention de la société IP3 :
1. La société IP3 a intérêt à la suspension de l'arrêté attaqué. Son intervention est recevable.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ;
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de la SCCV Le Panorama dirigées contre l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
5. La société SCCV Le Panorama versera à la commune de Saint-Nazaire une somme de 2000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention de la société IP3 est admise.
Article 2 : La requête de la SCCV Le Panorama est rejetée.
Article 3 : La SCCV Le Panorama versera à la commune de Saint-Nazaire la somme de 2000 euros (deux mille euros) au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCCV Le Panorama, à la commune de Saint-Nazaire, à la société IP3 et au préfet de la Loire Atlantique
Fait à Nantes, le 23 octobre 2024.
Le juge des référés,
Y.MAROWSKI
La greffière,
M-C. MINARDLa République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026