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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2415432

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2415432

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2415432
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAGAEV

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Agaev, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision du 15 novembre 2023 de l'autorité consulaire française à Bakou (Azerbaïdjan) refusant de lui délivrer un visa dit de retour ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui délivrer un visa de retour dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- La condition d'urgence est satisfaite compte tenu de ce que la décision contestée le plonge dans une situation de précarité à la fois matérielle et émotionnelle alors qu'il a un titre de séjour valide, mais non encore délivré, conformément à la décision du 26 juin 2024 du tribunal administratif de Nice.

- Il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :

* Elle est insuffisamment motivée ;

* Elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* Elle est entachée d'une erreur de droit ;

* Elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la CIDE.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* le défaut de motivation allégué de la décision contestée n'est pas fondé ;

* le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé : il est constant que le requérant n'était plus titulaire d'un titre de séjour à la date à laquelle il a présenté sa demande de visa et qu'il n'a de ce fait plus de droit ni de titre à rentrer en France sous couvert d'un visa dit " de retour " ;

* aucun des moyens soulevés par M. B n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, laquelle est fondée sur l'inéligibilité du demandeur de visa à la délivrance d'un visa de retour et sur la menace à l'ordre public que sa présence constitue en France.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 16 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Agaev, conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2024.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 22 avril 2024 sous le numéro 2406132 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 octobre 2024 à 14 heures 30 :

- le rapport de M. Rosier, juge des référés,

- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant azerbaïdjanais né le 4 octobre 1979, a bénéficié de titres de séjour depuis le 21 septembre 2004 et régulièrement renouvelés. Son dernier titre de séjour expirant le 25 février 2023, il en a sollicité le renouvellement auprès du préfet des Alpes-Maritimes qui le lui a refusé. Il a saisi le tribunal administratif de Nice qui, par une décision du 26 juin 2024, a annulé le refus implicite et a ordonné au préfet de lui délivrer un titre de séjour. M. B s'est rendu en Azerbaïdjan pour voir sa mère malade et, afin de retourner en France, a sollicité la délivrance d'un visa de retour auprès de l'autorité consulaire française à Bakou, le 27 octobre 2023, laquelle a rejeté sa demande, le 15 novembre 2023. Il a formé un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France qui a implicitement rejeté son recours formé contre la décision du 15 novembre 2023 de l'autorité consulaire française à Bakou (Azerbaïdjan) refusant de lui délivrer un visa dit de retour. L'intéressé demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision implicite.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aucun des moyens invoqués par M. B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision née le 29 janvier 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours formé contre la décision du 15 novembre 2023 de l'autorité consulaire française à Bakou (Azerbaïdjan) refusant de lui délivrer un visa dit de retour en France. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Nantes, le 18 octobre 2024.

Le juge des référés,

P. ROSIERLa greffière,

A. DIALLO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaire à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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