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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2415530

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2415530

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2415530
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantLE STRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2024, M. D C, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2024 par lequel le préfet de Loire-Atlantique a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'une insuffisance motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- les modalités de l'assignation à résidence sont entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

La procédure a été communiquée au préfet de la Loire-Atlantique qui n'a pas produit d'observations en défense.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';

- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991';

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et des décisions accompagnant ces mesures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B

- les observations de Me Bertaud, substituant Me Le Strat et représentant M. C,

- et les observations de M. C,

- le préfet de la Loire-Atlantique n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, de nationalité géorgienne, né le 23 janvier 1988, est entré en France en décembre 2019. Par un arrêté du 29 septembre 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ". Aux termes de l'article L. 733-1 dudit code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Et aux termes son article R. 733-1 : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

3. La décision portant assignation à résidence énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, notamment l'obligation de quitter le territoire français du 19 octobre 2022 sur laquelle elle est fondée, le parcours administratif et la situation familiale du requérant. Le préfet de la Loire-Atlantique qui n'était pas tenu de faire référence, de manière exhaustive, à l'ensemble des éléments portés à sa connaissance, a ainsi suffisamment motivé sa décision. En outre, ni le choix de la durée d'assignation à résidence ni l'obligation de présentation périodique aux services de police ou de gendarmerie ne sont soumis à une obligation de motivation spécifique. Les moyens tirés du défaut de motivation et du défaut d'examen doivent dès lors être écartés.

4. Si le requérant se prévaut de sa présence en France avec son épouse et ses deux enfants et de ce qu'il a déposé une demande de titre de séjour le 25 juillet 2024, de sorte qu'à cette date la décision portant obligation de quitter le territoire français n'était plus exécutoire, ces circonstances ne permettent pas de justifier que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions citées au point 2 et ce alors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet d'Ille-et-Vilaine le 19 octobre 2022 et qu'en application des dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles étaient bien entrées en vigueur à la date de l'arrêté litigieux, le préfet de la Loire-Atlantique pouvait légalement prononcer son assignation à résidence.

5. Si une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités d'application permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations et, le cas échéant, la désignation de la plage horaire pendant laquelle l'intéressé doit demeurer dans les locaux où il réside, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même.

6. Si le requérant soutient que les mesures portant obligation de pointage les mardis, mercredis et vendredis, entre 8h et 9h, à la brigade de Gendarmerie de Blain sont disproportionnées en ce qu'il ne peut se rendre à sa domiciliation à Redon, dans le département d'Ille-et-Vilaine, ni accompagner ses enfants qui sont également scolarisés à Redon, il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi que des termes de l'arrêté attaqué, que le requérant justifie d'une adresse à Saint-Nicolas-de-Redon dans le département de la Loire-Atlantique. En outre, il n'établit pas qu'il devrait accompagner ses enfants à l'école et ce alors qu'il indique lui-même que la mère de ses enfants est également présente sur le territoire français. Enfin, s'il se prévaut de la distance depuis son domicile jusqu'à la brigade de gendarmerie de Blain et indique qu'il ne peut pas conduire, il n'établit pas l'impossibilité de se rendre au lieu de pointage notamment par l'utilisation des transports en commun. Par conséquent, les mesures d'accompagnement de la décision d'assignation ne présentent pas de caractère disproportionné ni ne sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Il en est de même, par voie de conséquence, de sa demande présentée sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Loire-Atlantique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024 .

La magistrate désignée,

A-L BLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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