mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2415633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | POLLONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 8 et 18 octobre 2024, M. B D et Mme C E représentés par Me Pollono, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France (CRRV) du 29 mai 2024 ayant refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme C E et à M. A D B;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer leur situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à leur conseil de la somme de 1800 euros hors taxe sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour cette dernière de se désister du bénéfice de l'aide juridictionnelle en cas d'accord, et aux requérants directement en cas de refus d'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée porte atteinte, par ses effets, de manière grave et immédiate à leur situation et à leurs intérêts ; aucune audience statuant sur leur recours au fond ne peut être espérée avant un an ; la condition d'urgence est présumée remplie lorsqu'il s'agit de membre de famille de réfugié sans qu'il soit besoin de tirer l'existence de l'urgence des circonstances particulières propres à chaque cas d'espèce ; Mme E vivait jusqu'au 9 septembre 2024 en Ethiopie, isolée avec son fils âgé de 10 ans dans un pays tiers pays dont elle n'a pas la nationalité ; elle a été kidnappée avec son fils et éloignée vers le Kenya de force, toutes ses affaires ont été volées ; elle est enceinte et dans une situation de précarité extrême, sans argent et sans vêtements de rechange ; elle et son fils sont enregistrés auprès du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) au Kenya et se trouvent dans un camp proche de Turkana, lequel ne parvient plus à prendre en charge l'afflux de réfugiés; ils sont exposés à des risques de violences dans ce camp en raison des tensions interethniques qui y sont présentes ; elle souffre de problèmes de santé, notamment d'une dépression sévère et fait l'objet d'hospitalisations régulières ; M. D souffre quant à lui de problèmes respiratoires, attribué à un stress et une anxiété liés à la situation de son épouse et de leur fils ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
*La décision est entaché d'une erreur d'appréciation quant au lien familial au regard des dispositions de l'article L. 561-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- au regard de l'état civil : les documents d'état civil qu'ils produisent, notamment un certificat de mariage délivré par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), un certificat de mariage érythréen, le certificat de naissance et la carte d'identité de Mme E, le certificat de baptême de son fils A, sont probants ; ils produisent également leur attestation du haut-commissariat aux réfugiés qui a une valeur probante de leur identité;
- au regard de la possession d'état : ils justifient de leur lien familial par possession d'état ; M. D a toujours mentionné l'existence et l'identité des membres de sa famille depuis son arrivée en France, de manière constante et cohérente ; il pourvoit aux besoins de sa famille avec laquelle il entretient des liens constants ; l'OFPRA a confirmé la composition familiale le 30 juin 2023 ; les requérants produisent des photographies, notamment lors de la naissance de A ; l'identité de A est justifiée par sa carte de scolarité ;
*la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : la famille souffre d'être séparée depuis 2018 ; Mme E et son fils vivaient dans des conditions extrêmement difficiles en Ethiopie ; enceinte, elle vit avec son fils dans un camp au Kenya dans un climat de violences.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 juillet 2024 sous le numéro 2411488 par laquelle M. B D et Mme C E demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marowski, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 octobre 2024 à 11 heures :
- le rapport de M. Marowski, juge des référés,
- les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, représentant les requérants, en présence de M. D.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Les requérants ont produit, les 21 octobre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, une note en délibéré, ne contenant l'exposé, ni d'une circonstance de fait dont la partie qui l'invoque n'était pas en mesure de faire état avant la clôture de l'instruction et que le juge ne pourrait ignorer sans fonder sa décision sur des faits matériellement inexacts, ni d'une circonstance de droit nouvelle ou que le juge devrait relever d'office, de sorte qu'elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1 M. B D, ressortissant érythréen, réfugié en France et titulaire d'une carte de résident, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France (CRRV) du 29 mai 2024 ayant refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à Mme C E, également requérante, et à M. A D B, qu'il présente respectivement comme son épouse et son fils, tous deux ressortissants érythréens.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2 Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision "
3 L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4 Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision litigieuse, les requérants invoquent la circonstance que les demandeurs de visas auraient été kidnappés éloignés vers le Kenya de force, que toutes leurs affaires auraient été volées. Mme E fait valoir qu'elle est enceinte, qu'elle souffre de problèmes de santé, notamment d'une dépression sévère, qu'elle fait l'objet d'hospitalisations régulières et qu'elle se trouve dans une situation de précarité extrême, sans argent et sans vêtements de rechange. Cependant, il est constant que son fils et elle sont enregistrés et pris en charge dans un camp du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) au Kenya. Si elle fait valoir que ce camp se trouve près de Turkana, lequel ne parviendrait plus à prendre en charge l'afflux de réfugiés et qu'elle est exposée, avec son fils, à des risques de violences dans ce camp en raison des tensions interethniques qui y sont présentes, les seuls témoignages de proches de M. D et les quelques photographies produites ne suffisent pas à établir la précarité des conditions d'existence alléguée alors qu'il est constant que M. D parvient à leur transmettre des subsides. Les risques de renvoi vers leur pays d'origine ne sont pas davantage démontrés par les pièces versées à l'instruction. Il en est de même de leur situation sanitaire, dont l'état n'est documenté que par de simples attestations et des documents médicaux insuffisamment exploitables. Les circonstances ainsi invoquées ne sont, dans ces conditions, pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision litigieuse. Par suite, la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête doit être rejetée en toute ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B D et de Mme C E est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, à Mme C E, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Pollono.
Fait à Nantes, le 23 octobre 2024.
Le juge des référés,
Y. MAROWSKI
La greffière,
A. DIALLOLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026