mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2415715 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, l'association Fibre Elite Running, agissant par son président et représentée par Me Le Brun, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 23 septembre 2024 par laquelle la maire de Carquefou a refusé de mettre à sa disposition sur certains créneaux horaires des locaux municipaux pour la pratique sportive de ses adhérents, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au maire de Carquefou de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Carquefou la somme de 2 000 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association Fibre Elite Running soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée est de nature à lui faire perdre ses adhérents en empêchant ces derniers de s'entraîner sur une piste d'athlétisme et d'utiliser les équipements sportifs municipaux alors qu'ils ont besoin de se préparer dans de bonnes conditions pour des compétitions d'athlétisme auxquelles ils sont inscrits et qui auront lieu notamment en octobre et novembre 2024 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* cette décision est entachée d'un défaut de motivation en droit ;
* elle méconnaît le principe d'égalité de traitement entre les usagers du service public dès lors que la commune de Carquefou lui refuse l'accès à ses équipements sportifs qu'elle n'autorise qu'à une seule et unique autre association pratiquant la même activité sportive, sans justifier sa décision par un quelconque motif d'intérêt général, alors au demeurant que ces équipements ne sont pas utilisés sur les créneaux horaires sollicités.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, la commune de Carquefou, représentée par Me Naux, conclut au rejet de la requête et à ce que l'association Fibre Elite Running lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que l'association ne justifie pas de sa qualité à agir ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dans les circonstances de l'espèce ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête n° 2415658 enregistrée le 9 octobre 2024 par laquelle l'association Fibre Elite Running demande l'annulation de la décision visée ci-dessus ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Hannoyer, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique 22 octobre 2024 à 10 heures :
- le rapport de M. Hannoyer, juge des référés,
- les observations de Me Lebrun, représentant l'association Fibre Elite Running :
* qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ;
* et qui soutient, en outre, que la fin de non-recevoir opposée en défense quelques minutes avant l'audience devra être écartée, annonce sur ce point la production d'une pièce après à l'audience ;
- les observations du président de l'association requérante ;
- et les observations de Me Hervé du Penhoat, substituant Me Naux, représentant la commune de Carquefou, qui reprend les moyens du mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été reportée au 22 octobre 2024 à 16 heures à l'issue de l'audience, puis au 23 octobre 2024 à 16 heures.
Une pièce complémentaire, présentée par l'association Fibre Elite Running, a été enregistrée le 22 octobre 2024 à 14 heure 38 et a été communiquée.
Un mémoire complémentaire, présenté par la commune de Carquefou, a été enregistré le 22 octobre 2024 à 15 heures 49 et a été communiqué, par lequel la commune de Carquefou soutient que le procès-verbal d'assemblée générale constitutive de l'association, en date du 21 juillet 2024, produit par l'association, n'est pas de nature à démontrer la qualité à agir de celle-ci.
L'association Fibre Elite Running a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Fibre Elite Running, association sportive affiliée auprès de la fédération française d'athlétisme et qui a pour objet de développer la pratique de l'athlétisme a, par courrier du 11 septembre 2024, demandé à la commune de Carquefou de l'autoriser à utiliser les équipements sportifs du stade Moulin Boisseau situé sur le territoire communal, notamment sa piste d'athlétisme, sur des créneaux horaires dont il n'est pas contesté qu'ils étaient inoccupés. Par une décision du 23 septembre 2024, la maire de Carquefou a rejeté cette demande. Par la présente requête, l'association Fibre Elite Running demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité à agir de l'association Fibre Elite Running :
2. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de justice administrative : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur et, dans le cas d'une personne morale, par une personne justifiant de sa qualité pour agir. ". En outre, l'article R. 431-5 du même code dispose que : " Les parties peuvent également se faire représenter : 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 () ". S'il résulte de ces dispositions qu'un avocat a qualité pour représenter une partie et signer en son nom les requêtes et mémoires devant le tribunal administratif sans avoir à justifier du mandat par lequel il a été saisi par son client, la présentation d'une action par un tel mandataire ne dispense pas le tribunal de s'assurer, lorsque la partie en cause est une personne morale, que son représentant justifie de sa qualité pour engager cette action.
3. La présente requête est signée par l'avocat mandaté par l'association requérante et il résulte de l'instruction que celle-ci est représentée par son président, lequel détient le pouvoir de représenter en justice ladite association en vertu de l'article 18 des statuts constitutifs de celle-ci, et ne saurait être regardé comme n'ayant pas été valablement élu au seul motif que la déclaration en préfecture de l'association a été réalisée le 22 juillet 2024, et que son annonce a été publiée le 30 juillet 2024, postérieurement à son élection en date du 21 juillet 2024. Par suite, et contrairement à ce que soutient la commune de Carquefou, la qualité à agir de l'association requérante, qui pouvait valablement ester en justice à la date d'introduction de la présente requête, est établie.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
5. Aux termes de l'article L. 2144-3 du code général des collectivités territoriales : " Des locaux communaux peuvent être utilisés par les associations ou partis politiques qui en font la demande. / Le maire détermine les conditions dans lesquelles ces locaux peuvent être utilisés, compte tenu des nécessités de l'administration des propriétés communales, du fonctionnement des services et du maintien de l'ordre public. / Le conseil municipal fixe, en tant que de besoin, la contribution due à raison de cette utilisation. () ".
6. Les moyens tirés de ce que la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en droit et méconnaît le principe d'égalité de traitement entre les usagers du service public sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à sa légalité.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
7. L'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
8. En l'espèce, l'association requérante soutient sans être sérieusement contredite par la commune de Carquefou que la majorité de ses adhérents résident sur cette commune, elle justifie par ailleurs de l'inscription de plusieurs de ces derniers à diverses compétitions d'athlétisme prévues au cours des prochaines semaines, et se prévaut notamment du risque de perdre ses adhérents à défaut pour elle de pouvoir mettre à leur disposition une piste d'athlétisme leur permettant de se préparer dans de bonnes conditions pour ces évènements sportifs. Eu égard à ces éléments, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
9. Il résulte de tout ce qui précède que l'association Fibre Elite Running est fondée à solliciter la suspension de l'exécution de la décision du 23 septembre 2024 par laquelle la maire de Carquefou a refusé de mettre à sa disposition, sur certains créneaux horaires, des locaux municipaux pour la pratique sportive de ses adhérents.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. L'exécution de la présente ordonnance implique nécessairement que la maire de Carquefou procède au réexamen de la demande présentée par l'association Fibre Elite Running, conformément aux point 5 et 6 de la présente ordonnance, dans le délai de sept jours à compter de la notification de celle-ci, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. L'association Fibre Elite Running a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Carquefou, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 800 euros à verser à Me Le Brun sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation de cet avocat au versement de la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée à l'association requérante.
12. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Carquefou demande au titre de cet article.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 23 septembre 2024 par laquelle la maire de Carquefou a refusé de mettre à la disposition de l'association Fibre Elite Running, sur certains créneaux horaires, des locaux municipaux pour la pratique sportive de ses adhérents, est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la mairie de Carquefou de procéder au réexamen de la demande présentée par l'association Fibre Elite Running dans le délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Carquefou versera à Me Le Brun une somme de 800 euros en application des dispositions L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association Fibre Elite Running, à Mme la maire de Carquefou et à Me Le Brun.
Fait à Nantes, le 29 octobre 2024.
Le juge des référés,
R. HANNOYERLa greffière,
M-C. MINARD
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026