mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2415844 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2024, l'association Groupe National de Surveillance des Arbres (GNSA), l'association Patrimoine Environnemental Menacé (PEM), M. J D, M. I et Mme O Q, M. H M, M. L K, M. C et Mme P F, Mme B A et Mme N E, représentés par Me Pitti-Ferrandi, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 juillet 2024 par lequel le préfet de la Sarthe a délivré à la communauté urbaine Le Mans Métropole une autorisation environnementale pour la réalisation sur les communes du Mans, de Coulaines, de Pruillé-le-Chétif, de Rouillon, d'Allonnes, de Changé et d'Yvré-l'Evêque du projet dénommé " Aménagement de trois chronolignes sur le réseau urbain de transport public de Le Mans Métropole " ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la communauté urbaine Le Mans Métropole le versement à leur profit d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête, formée dans le délai de recours contentieux, est recevable ; ils justifient d'un intérêt à agir ;
- la condition d'urgence est remplie ; les travaux ont commencé ; l'abattage des arbres est inclus dans les travaux préparatoires qui doivent se dérouler avenue Bollée du 30 septembre au 25 octobre 2024 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du préfet de la Sarthe ; l'étude d'impact, s'agissant de l'état initial de l'environnement, est très insuffisante quant aux mesures de repérage des chiroptères ; un seul point d'écoute a été mis en place avenue Bollée dont les 199 arbres d'alignement doivent être abattus ; l'étude réalisée n'a pas permis d'établir un inventaire suffisamment précis des chiroptères présentes et d'exclure que l'abattage de tous les arbres de l'avenue Bollée n'aura aucune incidence sur ces dernières ; l'étude d'impact ne présente pas le cumul des incidences avec d'autres projets existants ou approuvés, notamment le projet de réseau de chaleur urbain, comme l'exige le II, 5° e) de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ; le dossier ne comporte pas la description des solutions de substitution raisonnables examinées par le maître d'ouvrage, comme l'exige le 7° de l'article R. 122-5 du code de l'environnement ; s'agissant de l'abattage des arbres d'alignement, aucune solution alternative n'a été présentée ; les mesures " éviter, réduire, compenser " exigées par les 8° et 9° de l'article R. 122-5 dudit code ne sont pas suffisamment détaillées et présentent de nombreuses approximations et contradictions ; les mesures compensatoires ou d'évitement sont présentées à tort comme des mesures de réduction ; ces insuffisances de l'étude d'impact ont privé le public d'une garantie et exercé une influence sur le sens de la décision attaquée ; l'article L. 350-3 du code de l'environnement a été méconnu ; aucune autorisation d'abattage n'a été délivrée pour la séquence 1, alors que sa réalisation implique d'abattre 24 arbres qui appartiennent presque tous à des alignements protégés ; l'impossibilité d'éviter les abattages pour les besoins du projet n'est pas justifiée ; la suppression, dans l'avenue Bollée, des places de stationnement d'un côté de l'avenue ou d'une voie de circulation permettrait de mettre en place les chronolignes sans abattre un seul des 199 arbres d'alignement considérés ; l'abattage projeté semble ainsi avoir pour véritable objet de satisfaire les demandes de maintien de places de stationnement formulées par les riverains ; le projet ne prévoit pas de mesures de compensation appropriées et suffisantes ; la mesure de compensation annoncée par Le Mans Métropole et prescrite par le préfet apparaît irréalisable et frauduleuse ; au surplus, un certain nombre des 147 arbres devant être plantés avenue Bollée ne sont pas des arbres d'alignement ; plutôt que de préserver les alignements existants, le projet prévoit des compositions paysagères émaillées de nombreuses interruptions des alignements et comprenant de nombreuses plantations insusceptibles d'être considérées comme appartenant à un alignement ; les arbres d'alignement plantés seront de taille bien inférieure à celle des arbres abattus ; le descriptif et le calendrier des mesures de compensation ainsi que l'exposé des raisons pour lesquelles la compensation ne peut pas être faite à proximité de l'alignement, exigés par le 8° de l'article R. 350-20 du code de l'environnement, n'ont pas été fournis ; aucune dépense n'est prévue pour assurer l'entretien des arbres d'alignement ; alors que le projet porte atteinte à des espèces protégées, l'autorisation environnementale attaquée ne comprend aucune autorisation de destruction de telles espèces ; l'absence ou l'existence d'un risque suffisamment caractérisé pour les espèces protégées doit être déterminée au stade de la délivrance de l'autorisation environnementale unique et non au stade de son exécution ; l'arrêté attaqué sera suspendu, faute de dérogation à l'interdiction de détruire les espèces protégées.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 21 octobre 2024, la Ligue pour la Protection des Oiseaux demande qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par le Groupe National de Surveillance des Arbres et les autres requérants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la condition relative au doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée n'est pas remplie ;
- les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont, dès lors, pas satisfaites.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, la communauté urbaine Le Mans Métropole, représentée par Me Marchand, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- la condition relative au doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée n'est pas remplie ;
- les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne sont, dès lors, pas satisfaites.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 octobre 2024 à 14h00 :
- le rapport de M. Martin, juge des référés ;
- les observations de Me Bécue, substituant Me Pitti-Ferrandi, avocat du Groupe National de Surveillance des Arbres et autres, celles de M. G, représentant le préfet de la Sarthe, et celles de Me Angibaud, substituant Me Marchand, avocat de Le Mans Métropole.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 11 juillet 2024, le préfet de la Sarthe a délivré à la communauté urbaine Le Mans Métropole une autorisation environnementale pour la réalisation sur les communes du Mans, de Coulaines, de Pruillé-le-Chétif, de Rouillon, d'Allonnes, de Changé et d'Yvré-l'Evêque du projet dénommé " Aménagement de trois chronolignes sur le réseau urbain de transport public de Le Mans Métropole ". Par la présente requête, l'association Groupe National de Surveillance des Arbres (GNSA), l'association Patrimoine Environnemental Menacé (PEM), M. D, M. et Mme Q, M. M, M. K, M. et Mme F, Mme A et Mme E doivent être regardés comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté du préfet de la Sarthe, en tant qu'il autorise Le Mans Métropole à abattre des alignements d'arbres en application de l'article L. 350-3 du code de l'environnement.
Sur l'intervention de la Ligue pour la Protection des Oiseaux :
2. La Ligue pour la Protection des Oiseaux a intérêt à la suspension de l'exécution de la décision attaquée. Ainsi, son intervention est recevable.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Aux termes de l'article L. 350-3 du code de l'environnement : " Les allées d'arbres et alignements d'arbres qui bordent les voies ouvertes à la circulation publique constituent un patrimoine culturel et une source d'aménités, en plus de leur rôle pour la préservation de la biodiversité et, à ce titre, font l'objet d'une protection spécifique. Ils sont protégés, appelant ainsi une conservation, à savoir leur maintien et leur renouvellement, et une mise en valeur spécifiques. / Le fait d'abattre ou de porter atteinte à un arbre ou de compromettre la conservation ou de modifier radicalement l'aspect d'un ou de plusieurs arbres d'une allée ou d'un alignement d'arbres est interdit. / Toutefois, lorsqu'il est démontré que l'état sanitaire ou mécanique du ou des arbres présente un danger pour la sécurité des personnes ou des biens ou un risque sanitaire pour les autres arbres ou que l'esthétique de la composition ne peut plus être assurée et que la préservation de la biodiversité peut être obtenue par d'autres mesures, les opérations mentionnées au deuxième alinéa sont subordonnées au dépôt d'une déclaration préalable auprès du représentant de l'Etat dans le département. Ce dernier informe sans délai de ce dépôt le maire de la commune où se situe l'alignement d'arbres concerné. / Par ailleurs, le représentant de l'Etat dans le département peut autoriser lesdites opérations lorsque cela est nécessaire pour les besoins de projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements. () / La demande d'autorisation ou la déclaration comprend l'exposé des mesures d'évitement envisagées, le cas échéant, et des mesures de compensation des atteintes portées aux allées et aux alignements d'arbres que le pétitionnaire ou le déclarant s'engage à mettre en œuvre. Elle est assortie d'une étude phytosanitaire dès lors que l'atteinte à l'alignement d'arbres est envisagée en raison d'un risque sanitaire ou d'éléments attestant du danger pour la sécurité des personnes ou des biens. Le représentant de l'Etat dans le département apprécie le caractère suffisant des mesures de compensation et, le cas échéant, l'étendue de l'atteinte aux biens. / () La compensation mentionnée aux cinquième et sixième alinéas doit, le cas échéant, se faire prioritairement à proximité des alignements concernés et dans un délai raisonnable. / () ".
5. Aucun des moyens invoqués par les requérants et analysés ci-dessus n'est propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'autorisation d'abattage attaquée du 11 juillet 2024.
6. Il résulte de ce qui précède que l'une des conditions auxquelles les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonnent la suspension d'une décision administrative n'est pas remplie. Les conclusions des requérants à fin de suspension ne peuvent, par suite et sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat et de Le Mans Métropole, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par Le Mans Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association GNSA et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Le Mans Métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Groupe National de Surveillance des Arbres, à l'association Patrimoine Environnemental Menacé, à M. J D, à M. I et Mme O Q, à M. H M, à M. L K, à M. C et Mme P F, à Mme B A, à Mme N E, à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques et à Le Mans Métropole.
Une copie de la présente ordonnance sera adressée au préfet de la Sarthe et à la Ligue pour la Protection des Oiseaux.
Fait à Nantes, le 30 octobre 2024.
Le juge des référés,
L. Martin
La greffière,
M-C. Minard La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026