vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2416215 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | YEMENE TCHOUATA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 et 30 octobre 2024, M. A G, représenté par Me Yemene Tchouata, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2024, notifié le 11 octobre 2024, par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a renouvelé son assignation à résidence dans le département de la Loire-Atlantique pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, dans le cas ou il serait admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, ou, à défaut de mettre à la charge de l'Etat la même somme, à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente pour ce faire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été notifiée sans le recours d'un interprète, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance des articles L. 730-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet de la Loire Atlantique a produit des pièces complémentaires enregistrées le 24 octobre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 octobre 2024 :
- le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée,
- les observations de Me Yemene Tchouata, avocat, représentant M. G, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
En l'absence du préfet de la Loire-Atlantique ou de son représentant, l'instruction a été close après ces observations.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, ressortissant algérien, né le 16 novembre 2005, est entré irrégulièrement en France en 2022 et s'est maintenu sur le territoire français depuis lors. Par un arrêté du 13 juin 2024, le préfet de la Loire-Atlantique l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, décision dont la légalité a été validée par le jugement n°2413502 du 4 octobre 2024 du tribunal administratif de Nantes. Par un arrêté du 29 août 2024, le préfet de la Loire-Atlantique l'a assigné à résidence sur la commune de Nantes pour une période de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. G demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a renouvelé son assignation à résidence sur la commune de Nantes pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 novembre 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme F B, adjointe à la directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 4 septembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n°140 du 10 septembre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration et, en cas d'absence ou d'empêchement de celle-ci à son adjointe, Mme F B, à l'effet de signer notamment les arrêtés portant renouvellement d'assignation à résidence. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de l'arrêté contesté. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué manque en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français ". Aux termes de l'article L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
5. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle vise les textes dont il est fait application, notamment l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et indique que le requérant n'a pas exécuté une précédente obligation de quitter le territoire et que l'exécution de la mesure de d'éloignement dont il fait l'objet demeure une perspective raisonnable dès l'obtention d'un laissez-passer et l'organisation matérielle de son départ, le requérant étant dépourvu de document d'identité et de voyage. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité, le moyen tiré de l'absence d'interprète lors de la notification de la décision en litige en méconnaissance des dispositions de l'article L. 141-3 ne peut qu'être écarté comme inopérant.
7. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet par un arrêté du 13 juin 2024 d'une obligation de quitter le territoire sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique, en renouvelant son assignation à résidence aurait fait une inexacte interprétation des articles L. 730-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 octobre 2024 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a renouvelé son assignation à résidence doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. G.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. G est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A G, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Emerand Yemene Tchouata.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.
La magistrate désignée,
S. MOUNICLa greffière,
A. DIALLO
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026