lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2417450 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 26 novembre 2024, M. C B, représenté par Me Elsaesser, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision, née le 2 novembre 2024, par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté son recours dirigé contre la décision du 4 août 2024 des autorités consulaires françaises à Téhéran lui refusant la délivrance d'un visa de long séjour en vue de déposer une demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de sa demande de visa, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros HT à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle ; à défaut, à son profit.
Il soutient dans le dernier état de ses écritures que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est contraint de demeurer en Iran où ses conditions de vie se dégradent chaque jour, où il est confronté à d'importantes discriminations ; il risque par ailleurs à tout moment l'expulsion immédiate et forcée vers l'Afghanistan ; il craint pour sa vie et sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas établi que la commission ait été régulièrement composée ;
* elle résulte d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation s'agissant du risque réel et sérieux de persécution auquel il serait soumis en Afghanistan et s'agissant de ses conséquences sur sa situation personnelle ; ses craintes de persécution sont réelles, sérieuses et actuelles ; il a travaillé au sein de l'Institut de l'aviation civile sous l'ancien régime afghan et a participé dans ce cadre à plusieurs actions en vue de repousser la prise de pouvoir par les talibans en 2021, ce qui lui a valu des menaces et pressions de la part des talibans pour quitter ses fonctions ; le responsable de l'Institut a lui-même été contraint, comme d'autres de ses collègues, de quitter l'Afghanistan et l'un d'eux a été tué ;
* elle méconnaît les stipulations des articles 2, 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles des articles 4 et 18 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ; ses conditions de vie se dégradent chaque jour et il n'a pas d'accès à l'emploi et donc pas de moyens de subsistance, alors que sa sœur et son beau-frère peuvent l'accueillir en France le temps de sa demande d'asile et de son parcours d'intégration en France.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie : M. B n'a pas effectué de demande de visa et sa demande d'asile a été rejetée ; par ailleurs son permis de résidence iranien a été renouvelé et est valable jusqu'au mois de février 2025 ; en outre, l'intéressé vit en Iran sans menaces ni persécutions depuis plus de deux ans ; le risque d'expulsion vers l'Afghanistan n'est ni démontré ni établi au regard des documents d'informations générales produits ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* le défaut de motivation allégué n'est pas établi alors que la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France s'est substituée à la décision consulaire et en a ainsi adopté les motifs ;
* le moyen tiré du vice de procédure est inopérant, dès lors que la décision litigieuse résulte du silence gardé par la commission, qui ne s'est donc pas réunie ;
* M. B dispose d'une garantie de séjour stable en Iran, et peut s'y intégrer de manière pérenne. Les risques allégués ne sont pas suffisamment établis.
La demande d'aide juridictionnelle de M. C B a été rejetée par décision du 5 novembre 2024.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête en annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 novembre 2024 à 10 heures 30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations de Me Elsaesser, avocate de M. B, qui insiste, s'agissant de l'urgence, sur l'absence de droits dont dispose ce dernier au vu de sa situation administrative en Iran et des discriminations dont les ressortissants afghans font l'objet dans ce pays. Elle développe par ailleurs les moyens soulevés à l'écrit, notamment l'erreur manifeste d'appréciation dont la décision contestée serait entachée, ainsi que le défaut d'examen de la situation de l'intéressé, dès lors que ses conditions d'existence n'ont nullement été prises en compte ;
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur, qui souligne que le requérant est établi en Iran depuis le 10 février 2022 et qu'il réside en situation régulière, objectant ainsi le fait que, tant l'urgence que le doute sérieux quant à la légalité de la décision, ne puissent être retenus.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 26 novembre 2024 à 20h13. Elle a été communiquée.
L'instruction a été rouverte pour être à nouveau close le 28 novembre 2024 à 10h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né le 25 avril 1991, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté son recours dirigé contre la décision du 4 août 2024 des autorités consulaires françaises à Téhéran lui refusant la délivrance d'un visa de long séjour en vue de déposer une demande d'asile.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 2 décembre 2024.
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La greffière,
M. ALa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026