vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2418280 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 novembre 2024, Mme F, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légal des jeunes C A et E A, représentée par Me Bazin, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée et France a rejeté son recours contre la décision de l'autorité consulaire française à Lagos (Nigéria) refusant la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale aux jeunes C A et E A ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités aux jeunes C A et E A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de leur situation dans les mêmes conditions de délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil sous réserve qu'il renonce, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite au regard de la durée de séparation anormalement longue d'avec ses enfants ; par ailleurs ses enfants ne sont pas en sécurité au Nigéria où le risque de kidnapping est fréquent et confirmé par la cour nationale du droit d'asile dans la décision lui octroyant le statut de réfugié, puis avéré par le kidnapping de ses enfants intervenu au début du mois d'octobre 2024, sans qu'elle soit en mesure, pour l'heure, de rassembler suffisamment d'argent pour payer leur rançon ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un défaut de motivation en raison du silence gardé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée et France sur sa demande de communication des motifs ;
* elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : elle est séparée de ses enfant depuis plus de neuf ans, depuis qu'elle a fuit leur père violent en 2015 avec l'aide d'une femme qu'elle n'a pas intégralement remboursée et dont elle craint les représailles ; ces faits ne peuvent être remis en cause puisqu'ils ont justifié la reconnaissance de son statut de réfugié ; les enfants n'ont plus de contact avec leur père, elle est ainsi leur seul parent et effectue des virements d'argent réguliers et les appelle très fréquemment, il relève donc de leur intérêt supérieur de la rejoindre ;
* elle méconnaît les dispositions des articles L. 561-2 et L. 434-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : elle a le droit d'être rejoint par ses enfants ; elle est la seule titulaire de l'autorité parentale sur eux depuis le jugement lui accordant leur garde exclusive ; elle est dans l'impossibilité de se rendre au Nigéria pour obtenir d'autres documents.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
- aucun des moyens soulevés par Mme D, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 25 novembre 2024 sous le numéro 2418258 par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 décembre 2024 à 9 h 30 :
- le rapport de M. Rosier, juge des référés,
- et les observations du représentant du ministre de l'intérieur.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, se déclarant de nationalité nigériane, née le 15 novembre 1997, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par décision de la cour nationale du droit d'asile en date du 5 septembre 2017. Elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée et France a rejeté son recours contre la décision de l'autorité consulaire française à Lagos refusant la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale aux jeunes C A et E A.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour établir la condition d'urgence, Mme D se prévaut de la durée de séparation avec ses deux enfants depuis plus de neuf ans et fait valoir qu'ils sont en danger depuis leur enlèvement en octobre 2024. Toutefois, il est constant que l'intéressée a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire le 5 septembre 2017 et n'a effectué les demandes de visa au nom de ses enfants que le 16 novembre 2023. Ainsi, la durée de séparation trouve pour la majeure partie son origine dans le retard des diligences entreprises pour effectuer les demandes de visa. Par ailleurs si la requérante allègue l'urgence résultant de l'enlèvement de ses enfants au mois d'octobre 2024, la photo produite sur laquelle les enfants ne sont pas identifiables et les documents produits ne suffisent pas, en l'état de l'instruction, à tenir pour établie la réalité de cet évènement
5. Dans ces conditions, la décision attaquée ne peut être regardée comme portant atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à la situation du requérant comme de ses enfants dans l'attente de l'examen de leur recours en annulation. Par suite, la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions présentées par Mme D sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 13 décembre 2024.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026