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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2418708

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2418708

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2418708
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantKADDOURI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2024, M. C B, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juillet 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence sur la commune de Cholet pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au bénéfice de son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle en ce qu'il dispose d'une adresse stable, présente des garanties de représentation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile';

- la loi no 91-647 du 10 juillet 1991';

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'une assignation à résidence et des décisions accompagnant ces mesures.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, de nationalité russe, né le 1er mai 1979, a fait l'objet d'un premier arrêté portant assignation à résidence pris par le préfet de Maine-et-Loire le 31 mai 2024. Par un arrêté du 10 juillet 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de Maine-et-Loire a renouvelé son assignation à résidence sur la commune de Cholet pour une durée de quarante-cinq jours.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application et mentionne l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. B par le préfet de Maine-et-Loire, l'arrêté portant assignation à résidence pris le 31 mai 2024 ainsi que l'adresse où réside l'intéressé à Cholet. Il relève que M. B ne peut quitter immédiatement le territoire français, que son éloignement demeure une perspective raisonnable et qu'il ne fait état d'aucune contrainte particulière l'empêchant de satisfaire à l'obligation de se présenter tous les jours au commissariat de police de cette commune en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ". Aux termes de l'article L. 733-1 dudit code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Et aux termes son article R. 733-1 : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ". Les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, qui est de s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.

4. L'arrêté attaqué fait obligation à M. B de se présenter tous les jours à 10h au commissariat de police de la commune de Cholet, sauf les samedis, dimanches et jours fériés, en vue de l'exécution de la mesure d'éloignement et lui fait interdiction de sortir du territoire de cette commune sans autorisation. Si l'intéressé fait valoir qu'il dispose d'une adresse stable et connue de l'administration et qu'il présente les garanties nécessaires de représentation, il ne fait état d'aucun élément particulier ou de contraintes liées à sa situation personnelle susceptibles de l'empêcher de satisfaire à cette obligation d'assignation et aux modalités d'application mises en œuvre pour en assurer le respect. Celles-ci apparaissent ainsi, et dans les circonstances de l'espèce, nécessaires et adaptés et ne présentent pas un caractère disproportionné au regard de l'objectif poursuivi. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Maine-et-Loire aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de situation ni qu'il aurait fait une inexacte application des dispositions précitées.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Kaddouri et au préfet de Maine-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024 .

La magistrate désignée,

A-L A La greffière,

J. Dionis

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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