vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2419197 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KHATIFYIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 22 décembre 2024 sous le numéro 2419197, M. D A, représenté par Me Khatifyan, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 29 octobre 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvèlement de son titre de séjour, décision qui le place dans une situation de précarité extrême puisqu'il ne peut plus travailler ; de plus, il avait signé son contrat de travail avant l'intervention de la décision attaquée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui est entachée :
° d'un vice d'incompétence ;
° d'une insuffisance de motivation ;
° d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur de fait dès lors que, après la fin de son contrat avec la société COST 225, il a signé un nouveau contrat de travail à durée indéterminée et à temps complet avec la société DSR Barber le 2 octobre 2024 ;
° d'une erreur de droit dès lors que le préfet devait faire application de l'accord francoalgérien et non du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'erreurs manifestes dès lors qu'il réside en France depuis plus de sept années, travaille
° d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2024, le préfet de la Loire-Atlantique, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que M. A ne justifie pas se trouver dans une situation de précarité dans les circonstances de l'espèce et qu'il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il sollicite une substitution de base légale, les dispositions applicables étant celles de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
Vu :
- la requête n° 2419177 enregistrée le 9 décembre 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision visée ci-dessus ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- l'accord francoalgérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Jégard, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique 23 décembre 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. M. D A, ressortissant algérien né en 2001, est entré sur le territoire français en 2017, soit pendant sa minorité. Il a obtenu un certificat de résidence algérien en qualité d'étudiant du 8 janvier 2020 au 7 janvier 2021 puis un certificat de résidence algérien en qualité de salarié du 19 aout 2021 au 18 aout 2022. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 29 octobre 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
4. Il est constant que la décision contestée porte refus de renouvèlement du titre de séjour de M. A. Ainsi, la condition d'urgence est présumée satisfaite. Pour contester cette présomption, le préfet de la Loire-Atlantique se borne à faire valoir que le requérant ne démontre pas être dans une situation de précarité. Par suite, en l'absence de contestation sérieuse de la présomption d'urgence, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
5. Il résulte de l'instruction qu'après avoir démissionné le 27 septembre 2024 de son précédent emploi de coiffeur, M. A a conclu un nouveau contrat de travail à durée indéterminée à temps complet dès le 2 octobre 2024. Dès lors, et contrairement à la motivation retenue par le préfet de la Loire-Atlantique dans son arrêté, l'intéressé n'était pas, à la date de la décision attaquée, sans emploi. Ainsi, les moyens tirés du défaut d'examen sérieux de sa situation et de l'erreur de fait sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. L'exécution de la présente ordonnance implique seulement, dans les circonstances de l'espèce, que le préfet de la Loire-Atlantique Loire procède au réexamen de la demande de titre de séjour de Mme C dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, dans cette attente, lui délivre, sans délai, un récépissé constatant sa demande de renouvèlement de titre de séjour, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
7. En l'absence de demande d'aide juridictionnelle, les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 29 octobre 2024 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de la situation de M. A dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dès cette notification, un récépissé constatant sa demande de renouvèlement de titre de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Me Khatifyian une somme de 1000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Khatifyan et au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 27 décembre 2024.
Le juge des référés,
X. JÉGARDLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026