mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2419793 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | SEGUIN & KONRAT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 9 novembre 2023, 20 septembre et 17 octobre 2024, 6 et 22 janvier 2025, sous le n°2316616, M. B A, représenté par Me Seguin, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour d'une durée de 36 mois ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de six mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, en application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative et de l'article L.614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 8 jours à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros par application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 611-1-5° dès lors que la motivation manque en fait, il n'est pas établi qu'il constitue une menace à l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à don droit au respect de sa vie privée.
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie d'exception car fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire, elle-même illégale ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est uniquement fondée sur la menace à l'ordre public.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée de trente-six mois :
- elle est illégale par voie d'exception car fondée sur les décisions portant obligation de quitter le territoire et refusant un délai de départ, elles-mêmes illégales ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale, tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie d'exception car fondée sur les décisions portant obligation de quitter le territoire sans délai, elles-mêmes illégales ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence pour une durée de six mois :
- elle est illégale par voie d'exception car fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire, elle-même illégale ;
- elle est disproportionnée dès lors que le requérant justifie d'un hébergement à Angers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2025, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il demande à ce que soit procédé à une substitution de base légale, la décision portant obligation de quitter le territoire pouvant légalement être fondée sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lieu et place de l'alinéa 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande également à ce que soit procédé à une substitution de base légale, la décision portant refus de délai de départ volontaire devant se fonder sur les articles L. 612-2 3° et L. 612-3 1° en lieu et place de l'article L. 612-2 1°.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 mai 2024.
II. Par une requête enregistrée le 17 décembre 2024, sous le n°2419793, M. B A, représenté par Me Seguin, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler en toutes ses dispositions l'arrêté du 11 décembre 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseilen application des dispositions de l'article 37 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est illégale par voie d'exception, la décision portant obligation de quitter le territoire sur laquelle elle se fonde étant elle-même illégale ;
- elle est injustifiée et inappropriée dès lors qu'il justifie d'un hébergement auprès d'une famille française.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2025, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 décembre 2024.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. La requête n°2419793 initialement inscrite au rôle de l'audience du 8 janvier 2025 a été renvoyée au 31 janvier 2025.
Par un courrier du 31 janvier 2025, les parties ont été informées que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 novembre 2023 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a assigné à résidence M. A pour une durée de six mois prise sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne relèvent pas de la compétence du magistrat désigné pour statuer sur les litiges relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjours des étrangers et du droit d'asile et qu'il y a lieu, par suite, de les renvoyer dans une formation collégiale.
Le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée, a été entendu à l'audience publique du 31 janvier 2025.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à la suite de l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien, né le 29 octobre 2003, est entré irrégulièrement en France en juillet 2019 alors qu'il était mineur et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Par un arrêté du 7 novembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire l'a obligé de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de trente-six mois. Par un arrêté du même jour, le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de six mois. Par un arrêté du 11 décembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par les présentes requêtes, M. A demande au tribunal d'annuler les arrêtés du 7 novembre 2023 et l'arrêté du 11 décembre 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 novembre 2023 portant assignation à résidence pour une durée de six mois :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (). " Aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 732-8 du même code : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ". Aux termes de l'article L. 921-1 du même code : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours ".
3. Il résulte de ces dispositions que la contestation des assignations à résidence relevant de l'article L. 731-3 ne relève pas de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aussi, les conclusions dirigées contre les assignations à résidence de l'article L.731-3 relèvent de la compétence de la formation collégiale du tribunal et le magistrat désigné ne peut, dès lors, régulièrement y statuer seul. Par suite, les conclusions présentées par le requérant à fin d'annulation de la décision du 7 novembre 2023 portant assignation à résidence pour une durée de six mois doivent être renvoyées à une formation collégiale du tribunal administratif de Nantes.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : ()/ 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public".
5. Il ressort des termes de la décision en litige que le préfet s'est fondé sur le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été interpellé le 6 novembre 2023 dans le cadre de faits de violation de domicile, vol, infraction à la législation des étrangers et est défavorablement connu des services de police au regard des mentions inscrites au traitement des antécédents judiciaires pour huit affaires concernant des faits d'usage illicite de stupéfiants, outrage, violence avec incapacité supérieure à huit jours, vol en réunion, dégradation de bien commis en réunion, violence aggravée avec incapacité inférieure à huit jours et menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un chargé de mission du service public. Toutefois en se bornant à se référer aux mentions du fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ), sans faire état d'une éventuelle condamnation et alors que le requérant conteste être l'auteur d'infractions et que le bulletin B3 de son casier judiciaire est vierge, la menace à l'ordre public n'étant pas établie, la décision attaquée ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
7. En l'espèce, comme le soutient en défense le préfet de Maine-et-Loire, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent être substituées à celles du 5° du même article, dès lors en premier lieu, qu'il ressort des pièces du dossier, que le requérant est entré irrégulièrement en France en tant que mineur isolé et n'a pas à sa majorité sollicité de titre de séjour, en deuxième lieu, que cette substitution de base légale ne le prive d'aucune garantie et, en troisième lieu, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. En l'espèce, il est constant que M. A est arrivé en France en 2019 en tant que mineur isolé et a été pris en charge par le service de l'aide sociale de l'enfance du département du Maine-et-Loire du 29 juillet 2019 jusqu'au 28 octobre 2021 mais n'a pas bénéficié de contrat d'accueil provisoire du jeune majeur " au regard de son passif pénal " conformément au mail du service d'aide sociale à l'enfance du département du Maine-et-Loire versé au dossier. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a suivi une formation en vue de l'obtention d'un CAP Hôtellerie-Restauration qu'il n'a pas validé et fait valoir comme intégration dans la société française une simple promesse d'embauche en tant que commis de cuisine du 13 septembre 2024 ainsi que la pratique du football amateur. S'il se prévaut du fait qu'il est hébergé par une famille française, en se bornant à fournir une attestation de cette dernière, il n'établit pas avoir fixé le centre de sa vie personnelle et familiale en France, alors qu'il a vécu la majeure partie de sa vie en Côte-d'Ivoire. Par suite, en prononçant une obligation de quitter le territoire, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni pour les mêmes motifs entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :
10. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas été démontrée. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :
1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;
() 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes des dispositions de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ".
12. Il ressort des termes de la décision en litige que le préfet s'est fondé sur le 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Or, comme évoqué au point 5, la décision ne saurait être fondée sur ce motif dès lors que la menace à l'ordre public n'est pas établie. Toutefois, il y a lieu de faire droit à la demande de substitution de base légale demandée par le préfet de Maine-et-Loire, la décision portant refus de délai de départ volontaire pouvant légalement se fonder sur les articles L. 612-2 3° et L. 612-3 1°, dès lors qu'il est constant que M. A est entré irrégulièrement en France et qu'à sa majorité, il n'a pas sollicité de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée de trente-six mois :
13. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai n'a pas été démontrée. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
15. Si le préfet doit tenir compte, pour décider de prononcer, à l'encontre d'un étranger, une interdiction de retour et fixer sa durée de chacun des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à ce qu'une telle mesure soit décidée quand bien même une partie de ces critères, qui ne sont pas cumulatifs, ne serait pas remplie.
16. En l'espèce, il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle indique que le requérant est entré irrégulièrement en France en tant que mineur isolé et qu'il n'a entrepris à sa majorité aucune démarche pour régulariser sa situation. En outre, le préfet de Maine-et-Loire précise qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'il n'établit pas détenir d'attaches personnelles, anciennes, intenses et stables en France. Enfin, le préfet mentionne qu'il a été interpellé par les services de police pour des faits de violation de domicile, vol et infraction à la législation des étrangers et mentionne qu'il est défavorablement connu des services de police. Par suite, quand bien même, comme évoqué au point 5, la menace à l'ordre public ne saurait être retenue, le préfet de Maine-et-Loire a tenu compte de l'ensemble des critères prévus par les dispositions susmentionnées et en fixant à trente-six mois, ce qui n'est pas la durée maximale, la durée de l'interdiction de retour prononcée contre l'intéressé, il n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit en méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'évoqués au point 9, la décision portant interdiction de retour ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale telle que garantie par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire sans délai n'a pas été démontrée. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs qu'évoqués au point 9 la décision portant interdiction de retour ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale telle que garantie par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, le requérant ne fait état d'aucun élément l'exposant à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit également être écarté.
Sur les moyens dirigés contre l'arrêté du 11 décembre 2024 :
20. En premier lieu l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas été démontrée. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. ". Aux termes de l'article L. 733-1 de ce code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ". Et aux termes son article R. 733-1 de ce même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ". Les mesures contraignantes prises par le préfet sur le fondement des dispositions précitées à l'encontre d'un étranger assigné à résidence, qui limitent l'exercice de sa liberté d'aller et venir, doivent, dans cette mesure, être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif qu'elles poursuivent, qui est de s'assurer du respect de l'interdiction faite à l'étranger de sortir du périmètre dans lequel il est assigné à résidence.
22. La circonstance qu'il justifie d'un hébergement auprès d'une famille française n'est pas de nature à entacher d'illégalité une décision portant assignation à résidence dès lors qu'elle se fonde sur une perspective raisonnable d'éloignement dès lors que le requérant dispose d'un passeport valide jusqu'au 17 août 2026 mais qu'il est nécessaire de prévoir l'organisation matérielle de son départ. Par suite le moyen doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A ne peuvent qu'être rejetées dans toutes leurs conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions des requêtes de M. A tendant à l'annulation de la décision du 7 novembre 2023 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire l'a assigné à résidence pour une durée de six mois sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Denis Seguin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.
La magistrate désignée,
S. MOUNICLa greffière,
M-C. MINARD
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N° 2316616, 2419793
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026