lundi 3 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2420521 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 décembre 2024, M. E D, représenté par Me Neraudau, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a cessé de lui verser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de manière rétroactive pour la période pendant laquelle ce dernier aurait dû en bénéficier ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 700 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour cette dernière de se désister du bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas démontré que le signataire de la décision disposait d'une délégation de pouvoir pour ce faire;
- elle est insuffisamment motivée;
- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence d'information préalable conformément aux dispositions de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence d'examen de sa vulnérabilité prévue aux articles L. 522-1 et L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- en l'absence de preuve de sa non-présentation aux autorités, elle est entachée d'une erreur de droit et de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'absence totale de conditions matérielles d'accueil est contraire au principe de dignité humaine tel que garanti par l'article 1er de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa vulnérabilité et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2025, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée, a été entendu à l'audience publique du 16 janvier 2025.
Une pièce pour le requérant a été enregistrée le 21 janvier 20245 à 10h49 et a été communiquée.
La clôture de l'instruction a été fixée au 22 janvier 2025 à 14h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. E D, ressortissant guinéen, né le 27 octobre 2002 est entré en France irrégulièrement, selon ses déclarations le 20 septembre 2023 et a sollicité l'asile le 18 octobre 2023 à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 27 novembre 2023, le préfet de Maine-et-Loire a ordonné son transfert en Espagne, responsable de sa demande d'asile, dont la légalité a été confirmée par le jugement n°2318787 du tribunal administratif de Nantes du 10 janvier 2024. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler la décision du 17 décembre 2024 par lequel la directrice territoriale de l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme B C, directrice territoriale de l'OFII. Par une décision du 20 juillet 2022, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme C à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives aux conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, lesquelles relèvent des missions dévolues à la direction de Nantes telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'OFII qui prévoit, en son article 8, que " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. D n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, en s'abstenant de se présenter aux autorités et qu'après examen de ses besoins et de sa situation personnelle et familiale, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui est refusé. Cette décision comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. D a attesté par sa signature le 18 octobre 2023 de l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, avoir été informé des conditions et modalités de suspension, de retrait et de refus des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de ce que l'information prévue à l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui a pas été donnée doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A la suite de la présentation d'une demande d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de procéder, dans un délai raisonnable et après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil. Ces besoins particuliers sont également pris en compte s'ils deviennent manifestes à une étape ultérieure de la procédure d'asile. Dans la mise en œuvre des droits des demandeurs d'asile et pendant toute la période d'instruction de leur demande, il est tenu compte de la situation spécifique des personnes vulnérables. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été reçu, le 18 octobre 2023, à un entretien réalisé en français, langue comprise par l'intéressé, et au cours duquel sa situation et sa vulnérabilité ont été évaluées. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa vulnérabilité doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 551-16 : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Aux termes des dispositions de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 551-16, elle ne peut être prise que dans des cas exceptionnels. Cette décision prend effet à compter de sa signature ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
9. Il ressort des termes de la décision contestée que, par une décision du 17 décembre 2024 il a été mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil du requérant en ce qu'il ne s'était pas présenté aux autorités. En l'espèce, si le requérant soutient que la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait en l'absence de preuve du refus de se présenter aux autorités, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. D ne s'est pas présenté le 9 juillet 2024 à l'embarquement d'un vol à destination de Paris puis de Madrid, en exécution de l'arrêté de transfert aux autorités espagnoles édicté par le préfet de Maine-et-Loire le 27 novembre 2023. Par suite les moyens tirés de l'erreur de droit et de fait doivent être écartés.
10. En sixième lieu, si le requérant soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de sa situation de vulnérabilité en ce qu'il est demandeur d'asile, qu'il a été contraint de fuir la Guinée en raison des persécutions graves et personnelles auxquelles il a été soumis, et qu'il a vécu un parcours migratoire difficile et se prévaut de ce qu'il bénéficie d'un suivi médical et qu'une intervention sous anesthésie générale a été réalisée le 23 octobre 2024, en se bornant à verser dans la présente instance le résultat d'un test respiratoire réalisé le 8 janvier 2025 et concluant à un résultat négatif en faveur de l'absence de la bactérie Helicobacter pylori, ce seul document, et ces éléments ne permettent toutefois pas de caractériser une situation de vulnérabilité particulière. Le moyen soulevé en ce sens doit par suite être écarté.
11. En septième et dernier lieu, ainsi qu'il vient d'être dit, en l'absence d'élément permettant de révéler l'existence d'une situation particulière de vulnérabilité, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte atteinte au principe de dignité humaine.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. D doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles à fin d'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à Me Emmanuelle Neraudau et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2025.
La magistrate désignée,
S. MOUNICLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026