mardi 21 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2420652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GENTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 décembre 2024, M. B A, agissant en son nom propre et en qualité de co-gérant de la SCI de la Rue du Pré Levain, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 1er février 2023 par lequel le maire de la commune de Noirmoutier-en-l'Ile (Vendée) a accordé un permis de construire à la SARL IKL en vue de l'extension d'une habitation, de la modification de la façade d'un garage et de l'implantation d'une piscine, sur un terrain situé 2-4 basse rue, ainsi que celle de l'arrêté du 26 avril 2024 par lequel le maire a accordé un permis de construire modificatif sur ce même terrain ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Noirmoutier-en-l'Ile les frais exposés non compris dans les dépens.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est présumée en application des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme et en tout état de cause compte tenu du commencement des travaux ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
* les dossiers de demande du pétitionnaire des permis de construire ne présentent pas correctement l'état initial réel de sa propriété, ni les informations ou documents à produire en application des articles R. 431-8, 431-9 et 431-10 et du code de l'urbanisme, ainsi que de l'article 5 des dispositions générales du règlement " sites patrimoniaux remarquables " ;
* il y a une " inexactitude " dans les dossiers de demande du pétitionnaire concernant l'état initial du terrain : le fait que, contrairement à ses affirmations, le terrain n'est pas " plat " ;
* le règlement du plan local d'urbanisme (PLU) prévoit, dans ses articles UA1 et UA2, que les " affouillements du sol " ne peuvent être autorisés que s'ils sont nécessaires à la réalisation des constructions et installations listées dans ledit article UA 2 et si la topographie et le projet l'exigent. Or la création d'une piscine n'est pas au nombre des occupations et utilisations du sol expressément énumérées par cet article UA2 ;
* le projet comprend 3 logements au total avec " création de 2 logements ", en substitution du seul logement préexistant, avec au surplus une capacité d'accueil largement plus importante. Néanmoins le projet du pétitionnaire ne comporte pas de création de l'espace destiné au stockage des déchets prévu par l'article UA4-4 du règlement du PLU ;
* l'article UA 12 du PLU fixe une norme de " 1 place de stationnement par logement créé". Or le projet ne prévoit pas la création de places de stationnement supplémentaires en dehors de la voie publique ;
* l'emprise au sol dudit pétitionnaire va excéder 80% de la surface du terrain ce qui est en contravention de l'article UA9 du PLU ;
* si, contrairement à ce que la commune affirme dans son mémoire en défense à savoir qu'" aucune division de terrain n'[est] mise en œuvre à l'occasion du projet contesté ", il y avait division, le projet du pétitionnaire ne serait pas conforme à l'article 8 des dispositions générales du PLU qui prévoit notamment que " les divisions de terrain doivent aboutir à créer des parcelles de forme simple, permettant l'édification de projet de construction de qualité " alors que le projet dudit pétitionnaire a une forme complexe ;
* le pétitionnaire n'a présenté dans ses dossiers aucun élément visant à sa conformité avec l'article UA 13 qui prévoit au §13-1 " règle qualitative " que " les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des essences équivalentes " ;
* le projet révisé déposé le 2 avril 2024 n'est toujours pas conforme à l'article 7 " Aspect extérieur -Clôtures " des dispositions du règlement du SPR relatives au " Périmètre paysager à caractère urbain " qui prévoit que " les murs de maçonnerie de pierres existant seront soigneusement conservés et restaurés " car :
* les règles applicables au " périmètre paysager à caractère urbain " de la ZPPAU devenue SPR prévoient expressément en leur article 5 que les constructions nouvelles doivent a priori être édifiées en retrait d'au moins 3 m d'une limite séparative, notamment " afin de respecter l'ensoleillement et l'intimité des cours et jardins ". Il relève l'absence de toute motivation explicitée par la commune sur une décision dérogatoire à la règle générale ;
* la destruction prévue d'une demi-margelle du puits inclus dans le mur patrimonial mitoyen entre en contradiction avec l'obligation de conservation de ce puits faite par l'article 7 des dispositions du SPR.
Par des mémoires en défense enregistrés les 10 et 13 janvier 2025, la commune de Noirmoutier-en-l'Ile, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SCI de la Rue du Pré Levain et de M. A la somme de 3 000 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* sur la méconnaissance alléguée des dispositions des articles R. 431-8 et suivants du code de l'urbanisme, et de celles de l'article 5 des dispositions générales du SPR : au vu des pièces annexées à la demande de permis de construire, le service instructeur a été mis en mesure d'apprécier la conformité du projet aux règles d'urbanisme ; les prescriptions de l'article 5 des dispositions générales du règlement du SPR sont inopposables en ce qu'elles imposent au pétitionnaire la production de photos ou de relevés des bâtiments mitoyens ; les documents photographiques qui doivent être joints à une demande de permis de construire n'ont donc pas pour objet de faire apparaître le détail des éléments bâtis sur le terrain d'assiette du projet, même en présence d'un " mur patrimonial ", mais de permettre au service instructeur de situer le terrain dans son environnement proche et lointain. Par ailleurs, le dossier de permis de construire comporte un extrait cadastral permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune, conformément aux prescriptions de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme.
* sur la prétendue méconnaissance de l'article 8 du règlement du PLU : aucune division de terrain n'étant mise en œuvre à l'occasion du projet contesté, le moyen sera écarté comme inopérant ;
* sur la prétendue méconnaissance de l'article UA 2 du règlement du PLU : la construction de piscines n'est nullement prohibée à Noirmoutier-en-l'Ile. Il suffit, pour s'en convaincre, de relever que l'article 10 des dispositions générales du règlement du PLU précise expressément que les piscines relèvent de la catégorie des annexes. En toute hypothèse, ainsi qu'en a jugé le Conseil d'Etat, l'article 2 du règlement du document d'urbanisme interdisant les affouillements n'est pas opposable aux travaux de constructions autorisés par un permis de construire ;
* sur la prétendue méconnaissance de l'article UA 4-4 du règlement du PLU : le projet n'emportant la création d'aucun logement, le moyen sera écarté comme étant inopérant ;
* sur la prétendue méconnaissance de l'article UA 12 du règlement du PLU : pour le même motif, le moyen sera rejeté comme étant inopérant ;
* sur la prétendue méconnaissance de l'article UA 9 du règlement du PLU : le dossier de demande de permis de construire comporte un tableau des surfaces qui justifie du respect de la règle de 80% d'emprise au sol maximum fixée par l'article UA 9 du règlement du PLU. Par ailleurs, l'argument selon lequel la surface du terrain qui devrait être prise en compte est en réalité de 1.218 m2 n'est fondé sur aucun élément permettant d'en attester le bien-fondé ;
* sur la prétendue méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du PLU : les requérants ne produisent aucun élément de nature à démontrer que des arbres étaient présents sur le terrain d'assiette du projet et dont le remplacement par des essences équivalentes aurait dû être prévu ;
* sur la prétendue absence de mention d'un mur mitoyen : contrairement aux affirmations des requérants, le plan de masse de l'existant annexé au dossier de permis de construire fait clairement apparaître la présence d'un puits mitoyen. Le moyen sera donc écarté comme manquant en fait ;
* sur la prétendue méconnaissance de l'article 7 du règlement du SPR : à l'examen des plans des façades Sud-Est et Sud-Ouest annexés au dossier de permis de construire modificatif, il apparaît que le mur mitoyen en pierres existant sera conservé et restauré à l'identique. En outre, l'architecte des bâtiments de France a donné son accord sans réserve sur le permis de construire modificatif. Enfin, la hauteur de la construction n'excédant pas 3,50 mètres au faîtage, c'est à bon droit qu'elle est accolée au mur mitoyen, ainsi que le prévoit la jurisprudence en la matière ;
* sur la démolition d'une demi-margelle du puits mitoyen : aucune disposition du règlement applicable au périmètre paysager à caractère urbain dans lequel est inclus le terrain d'assiette du projet n'impose la conservation des puits. Le moyen sera donc écarté comme étant inopérant.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 janvier 2025, la SARL IKL, représentée par Me Genty, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SCI de la Rue du Pré Levain et de M. A la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable au regard de l'irrecevabilité manifeste du recours au fond pour tardiveté. A défaut, elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.
Un mémoire en réplique, présenté pour M. B A, a été enregistré le 12 janvier 2025.
Le requérant soutient en outre que :
- sur la condition d'urgence : les défendeurs ne contestent pas l'urgence qui motive le présent référé-suspension ;
- sur la recevabilité du recours au fond : ils observent à ce stade que le raisonnement développé ne concerne que le recours à l'encontre du permis initial. Le permis modificatif attaqué
a été accordé par arrêté du 26 avril 2024 et le recours au fond contre cet arrêté a été enregistré au greffe le 18 juin 2024. Au surplus les requérants observent que la commune n'a pas soulevé cet argument ni dans son mémoire en défense au fond ni dans son mémoire en défense dans le cadre du présent référé-suspension.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête en annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouchardon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 janvier 2025 à 9h30 :
- le rapport de M. Bouchardon, juge des référés,
- les observations M. A,
- les observations de Me Vic, avocat de la commune de Noirmoutier-en-l'Ile,
- et celles de Me Gentil, avocat de la SARL IKL.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée par M. A, a été enregistrée le 15 janvier 2025. Elle a été communiquée.
L'instruction a été rouverte pour être à nouveau close le 17 janvier 2025 à 16h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution des arrêtés du 1er février 2023 et du 26 avril 2024 par lesquels le maire de la commune de Noirmoutier-en-l'Ile a accordé les permis de construire initial et modificatif à la SARL IKL en vue de l'extension d'une habitation, de la modification de la façade d'un garage et de l'implantation d'une piscine, sur un terrain situé 2-4 basse rue, sur les parcelles cadastrées BO 49 et BO 789.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige. Il y a lieu, en conséquence, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ni de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Noirmoutier-en-l'Ile, qui n'est pas dans la présente instance partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par le requérant. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A les sommes réclamées par la commune de Noirmoutier-en-l'Ile et par la SARL IKL au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Noirmoutier-en-l'Ile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la SARL IKL au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à la SCI de la Rue du Pré Levain, à la commune de Noirmoutier-en-l'Ile et à la SARL IKL.
Fait à Nantes, le 21 janvier 2025.
Le juge des référés,
L. BOUCHARDON
La greffière,
M-C. MINARDLa République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026