mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2500785 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FORCINAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée 15 janvier 2025 Mme A B demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 6 décembre 2024 par lequel le maire de la commune de Fatines (Sarthe) a refusé de la titulariser à l'issue de son stage ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Fatines la somme de 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite en ce que la décision attaquée porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle, morale et personnelle alors que la commission administrative paritaire s'est prononcée à la majorité contre le refus de titularisation ;
- les moyens qu'elle soulève sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : ses aptitudes professionnelles n'ont jamais été contestées et pourtant la durée de son stage a été plus que doublée en méconnaissance de la réglementation applicable, ses fiches de paye indiquant qu'elle est titulaire depuis le mois de septembre 2023 ; les arrêtés de prolongation de stage de six mois à compter du 19 juillet 2023 et du 19 janvier 2024 lui ont été envoyés le 30 octobre 2024 soit après la réunion de la commission administrative paritaire qui n'a pas disposé des documents nécessaires pour se prononcer sur sa situation en toute connaissance de cause, notamment le compte rendu de son entretien d'évaluation pour l'année 2023 ; le maire ne l'a pas informée par écrit de la procédure engagée à son encontre, méconnaissant ses droits de faire valoir des observations ; le maire ne lui a pas précisé la possibilité de consulter son dossier administratif ni avant l'entretien du 23 octobre 2024 ni avant la tenue de la commission administrative paritaire ; les reproches effectués dans le rapport administratif du 24 octobre 2024 ne caractérisent pas son insuffisance professionnelle, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire, enregistré le 28 janvier 2025, la commune de Fatines, représentée par Me Forcinal conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- l'urgence n'est pas constituée en ce que l'intéressée va prochainement percevoir l'allocation de retour à l'emploi, l'intéressée ne précisant pas ses charges ni les autres revenus dont son foyer peut éventuellement bénéficier ;
- il n'existe aucun doute sérieux quant à la légalité, tant externe qu'interne, de sa décision.
Vu :
- les pièces du dossier.
- la requête n° 2500775 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision susvisée.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 2006-1691 du 22 décembre 2006 portant statut particulier du cadre d'emplois des adjoints techniques territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Echasserieau premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 janvier 2025 à 9h30 :
- le rapport de M. Echasserieau, juge des référés,
- les observations de Mme C, ayant reçu mandat pour représenter Mme B en sa présence ;
- et les observations de Me Forcinal représentant la commune de Fatines en présence du maire de la commune.
La clôture de l'instruction a été différée au 5 février 2025 à 15h00.
Une pièce complémentaire, enregistrée le 29 janvier 2025 présentée par Mme B a été communiquée.
Un mémoire complémentaire, enregistré le 30 janvier 2025, présenté par la commune de Fatines a été communiqué.
Un mémoire complémentaire, enregistré le 31 janvier 2025, présenté par Mme B a été communiqué qui soutient que les arrêtés de prolongation de stage ne lui ont jamais été notifiés avant la commission administrative paritaire, qu'aucun bilan de stage n'a été fait et que la décision attaquée n'est pas motivée.
Un mémoire complémentaire, enregistré le 5 février 2025 à 9h22, présenté par la commune de Fatines a été communiqué dans lequel la commune fait valoir que les droits à l'allocation de retour à l'emploi, d'un montant de 42,64 euros par jour pendant 685 jours, à verser à la requérante seront mis en paiement dans les prochains jours, que l'intéressée a toujours conservé le statut de stagiaire nonobstant l'erreur matérielle affectant ses bulletins de salaire et quelle que soit la date à laquelle les arrêtés de prolongation lui ont été notifiés, aucune réglementation n'imposant la réalisation d'un bilan pour pouvoir mettre fin à un stage.
Un mémoire en réplique, enregistré le 5 février 2025 à 14h36, présenté par Mme B a été communiqué dans lequel l'intéressée soutient que la durée de stage a dépassé la durée légale maximale de deux ans et qu'elle devait être titularisée, ce que la commission administrative paritaire a signalé le 14 novembre 2024, et que son insuffisance professionnelle n'est établie par aucune pièce tant au terme de la première que de la deuxième année de stage alors qu'elle a pu légitimement se considérer titularisée eu égard aux mentions de son bulletin de salaire.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été nommée adjoint technique territorial stagiaire par un arrêté du maire de Fatines du 19 juillet 2022. Par deux arrêtés, son stage a été prolongé de six mois à compter du 19 juillet 2023 et du 19 janvier 2024. Sa situation a été évoquée devant la commission administrative paritaire le 14 novembre 2024 laquelle a donné un avis défavorable au refus de titularisation envisagé par le maire. Toutefois, par arrêté du 6 décembre 2024, le maire de la commune de Fatines a décidé de ne pas titulariser Mme B et de la radier des effectifs à compter du 18 décembre 2024. Mme B sollicite la suspension de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () "
3. Aux termes de l'article L. 327-1 du code général de la fonction publique : " Les personnes recrutées au sein de la fonction publique à la suite de l'une des procédures de recrutement par concours, de recrutement sans concours ou de changement de corps ou de cadres d'emplois accomplissent une période probatoire dénommée stage comprenant, le cas échéant, une période de formation lorsque le statut particulier du corps ou du cadre d'emplois le prévoit. ". Aux termes de l'article L. 327-3 de ce même code : " La nomination à un grade de la fonction publique territoriale présente un caractère conditionnel pour tout recrutement : () 2° Sans concours pour un recrutement sur un emploi réservé ou sur un emploi de catégorie C ; () La titularisation peut être prononcée à l'issue d'un stage dont la durée est fixée par le statut particulier. ". Aux termes de l'article L. 321-4 : " Le stagiaire peut être licencié au cours de la période de stage après avis de la commission administrative paritaire compétente. ".
4. Aux termes de l'article 1er du décret du 4 novembre 1992 susvisé : " Est fonctionnaire territorial stagiaire la personne qui, nommée dans un emploi permanent de la hiérarchie administrative des communes, des départements, des régions ou des établissements publics en relevant, autres que ceux mentionnés au second alinéa de l'article 2 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, accomplit les fonctions afférentes audit emploi et a vocation à être titularisée dans le grade correspondant à cet emploi. ". Aux termes de l'article 4 de ce même décret : " La durée normale du stage et les conditions dans lesquelles elle peut éventuellement être prorogée sont fixées par les statuts particuliers des cadres d'emplois. Sous réserve de dispositions contraires prévues par ces statuts et de celles résultant des articles 7 et 9 du présent décret, la durée normale du stage est fixée à un an. Elle peut être prorogée d'une période au maximum équivalente, après avis de la commission administrative paritaire compétente, si les aptitudes professionnelles du stagiaire ne sont pas jugées suffisantes pour permettre sa titularisation à l'expiration de la durée normale du stage. () ". Aux termes de l'article 8 du décret du 22 décembre 2006 susvisé : " Les candidats recrutés en qualité d'adjoint technique territorial sur un emploi d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public d'une collectivité territoriale, ainsi que les candidats inscrits sur une liste d'aptitude au grade d'adjoint technique territorial principal de 2e classe et recrutés sur un emploi d'une collectivité territoriale ou d'un établissement public d'une collectivité territoriale, sont nommés stagiaires par l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination pour une durée d'un an. ". Aux termes de l'article 10 de ce même décret : " () Les adjoints techniques territoriaux stagiaires (.) qui n'ont pas été autorisés à effectuer un stage complémentaire, ou dont le stage complémentaire n'a pas été jugé satisfaisant, sont soit licenciés s'ils n'avaient pas auparavant la qualité de fonctionnaire, soit réintégrés dans leur grade d'origine.".
5. Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. S'il appartient à l'autorité chargée du pouvoir de nomination d'apprécier, en fin de stage, l'aptitude d'un stagiaire à l'emploi pour lequel il a été recruté, la décision qu'elle prend ne doit pas reposer sur des faits matériellement inexacts, une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation ni être entachée de détournement de pouvoir.
6. En l'état de l'instruction, compte tenu notamment du rapport administratif de saisine de la commission administrative paritaire, improprement dénommé " saisine du conseil de discipline " daté du 24 octobre 2024, qui doit être regardé comme équivalant au rapport de fin de stage de Mme B et dont il n'est pas établi que la commission n'en aurait pas eu communication lors de sa réunion du 14 novembre 2024 au cours de laquelle Mme B ou son représentant on pu présenter des observations, et compte tenu des informations que ce rapport contient, aucun des moyens soulevés par Mme B, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne crée de doute quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition relative à l'urgence, que les conclusions de la requête de Mme B aux fins de suspension doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions qu'elle présente aux fins d'injonction et aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la commune de Fatines présentées sur ce même fondement doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Fatines au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Fatines.
Fait à Nantes, le 11 février 2025.
Le juge des référés,
B. EchasserieauLa greffière,
A. Diallo La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026