jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2502240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | POLLONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 février 2025, Mme C E et M. D A B, représentés par Me Pollono, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 19 décembre 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre la décision du 29 juillet 2024 par laquelle l'ambassade de France à Islamabad (Pakistan) a refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à M. D A B ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à un nouvel examen de la situation de M. D A B, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros HT à verser à leur conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour cette dernière de se désister du bénéfice de l'aide juridictionnelle en cas d'accord et de verser directement cette somme au profit des requérants en cas de refus de la demande d'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite en ce que M. A B est en danger en Afghanistan en raison de l'activité de son frère qui travaillait pour l'armée afghane avant le coup d'état et qui a été assassiné ; il a d'ailleurs été gravement agressé lors de son retour forcé en Afghanistan le 15 août 2023, laissé pour mort et hospitalisé dès le lendemain pendant deux mois ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d'un défaut de motivation ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux liens familiaux dès lors que les requérants établissent leur mariage par le certificat de l'OFPRA délivré le 29 mai 2024 et l'identité de M. A B est établi par les copies de son certificat de naissance et par son passeport qu'il a produit et alors que l'administration n'établit aucunement en quoi le certificat de naissance du requérant serait irrégulier ; son identité et leur mariage sont en tout état de cause établis par les éléments de possession d'état qu'ils produisent ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie :
* le requérant ne démontre pas avoir été expulsé d'Iran et n'établit pas ne pas être en mesure d'obtenir un nouveau visa ni son risque d'être expulsé au Pakistan où il s'est rendu pour déposer sa demande de visa et se soigner ;
* alors qu'il indique être menacé de mort depuis le printemps 2022, il a attendu mai 2024 pour déposer sa demande de visa alors que son épouse a obtenu le statut de réfugié en octobre 2023 ; au surplus, il aurait été admis dans un hôpital pour blessés de guerre au cœur de Kaboul alors qu'il prétend être recherché par les autorités et craindre pour sa vie ; il a pu également faire des aller-retours au Pakistan sans être inquiété par la police aux frontières et son passeport a été renouvelé par les autorités afghanes ;
* il ne démontre pas ses problèmes de santé ni ses conditions de vie.
- aucun des moyens soulevés par M. A B, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle n'est pas entachée d'un défaut de motivation ;
* elle n'est pas entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
* elle n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation et ne méconnait pas les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle ne viole pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mme C E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 décembre 2024.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rosier, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 février 2025 à 10h30 :
- le rapport de M. Rosier, juge des référés,
- les observations de Me Pavy, substituant Me Pollono, avocate des requérants, en présence de Mme E, qui souligne que les soins dont a déjà bénéficié M. A B l'ont été par des médecins étrangers appartenant à l'organisation Croissant rouge ; en outre, l'identité du demandeur de visa et son lien matrimonial sont établis par les pièces du dossier d'autant plus que le ministre n'a pas engagé une procédure d'inscription de faux s'agissant du certificat de mariage ; il n'est pas davantage démontré que les photographies versées au dossier auraient été trafiquées ;
- et les observations de la représentante du ministre d'Etat, ministre de l'intérieur qui reprend à l'audience ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante afghane, née le 11 octobre 2001, et son mari, M. A B ressortissant afghan, né le 30 septembre 2003, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 19 décembre 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours contre la décision du 29 juillet 2024 par laquelle l'ambassade de France à Islamabad (Pakistan) a refusé la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale à M. D A B.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence à statuer sur le refus opposé à la demande de visa litigieuse, les requérants font valoir que M. A B est en danger en Afghanistan en raison de l'activité de son frère, qui a été assassiné, qu'il a d'ailleurs été gravement agressé à son retour forcé en Afghanistan le 15 août 2023, laissé pour mort et hospitalisé dès le lendemain pendant deux mois et enfin, qu'il a été expulsé d'Iran. Toutefois, les requérants n'établissent pas la réalité de leurs allégations. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'alors qu'il se dit menacé de mort et recherché par les autorités afghanes, M. A B a pu se rendre au Pakistan sans être inquiété par la police aux frontières et son passeport a été renouvelé par les autorités afghanes. En outre, il n'est apporté aucune précision quant à la réalité de l'expulsion de l'intéressé de l'Iran ni qu'il ne pourrait pas bénéficier du renouvellement de son visa de séjour au Pakistan. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que sa demande de visa de long séjour n'a été enregistrée que le 13 mai 2024 alors que son épouse s'est vu reconnaitre la qualité de réfugié par une décision du directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 27 octobre 2023 sans qu'aucune explication ne soit donnée quant à ce délai. Par suite, la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions présentées par Mme E et M. A B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquences, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, et sa demande au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme E et M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C E, à M. D A B, à Me Pollono et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 27 février 2025.
Le juge des référés,
P. ROSIER
La greffière,
G. PEIGNELa République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026