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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2502514

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2502514

mercredi 26 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2502514
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEUDET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 février 2025, M. E B et Mme A C, agissant en leur nom propre et en qualité de représentants légaux des jeunes F D B et G C B, représentés par Me Leudet, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre les décisions du 23 septembre 2024 des autorités consulaires françaises à Dakar (Sénégal) refusant de délivrer un visa de long séjour au titre du regroupement familial à Mme A C, et aux jeunes F D B et G C B ;

2°) d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen des demandes de visas dans un délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de la séparation forcée de M. E B d'avec son épouse et leurs deux enfants, alors que la jeune F D âgée de seulement trois ans et demi, nécessite une aide constante en raison du polyhandicap dont elle est atteinte depuis sa naissance et qu'il n'a pas manqué de diligences dans le cadre de la demande de regroupement familial qu'il a formé une première fois en 2021, puis une seconde fois lorsque les conditions de ressources étaient respectées, et que le préfet a accueilli favorablement le 16 juin 2023 ; les deux visites annuelles et de courte durée de M. E B au Sénégal ne suffisent pas à aider son épouse à la prise en charge des enfants et il ne peut s'absenter davantage en raison de ses obligations professionnelles qui constituent les seules ressources de la famille notamment pour payer les dépenses de santé de leur fille, qui s'élèvent à 2 713,87 euros pour l'année 2024 ; la situation est difficile psychologiquement comme physiquement pour l'ensemble de la famille, M. E B fait l'objet d'un suivi psychiatrique mettant en lumière un syndrome anxiodépressif associé à de l'épuisement, il lui a été prescrit un arrêt de travail d'un mois à compter du 30 décembre 2024 et conseillé de se rendre auprès de sa famille afin d'apaiser ce mal-être ; le pédiatre et le kinésithérapeute de la jeune F D attestent de la nécessité d'une prise en charge pluridisciplinaire afin notamment d'améliorer ses capacités fonctionnelles, ce qui n'est pas possible au Sénégal, ses chances de progrès s'en retrouvant amoindries ; il est urgent qu'elle reçoive les soins adaptés en France, sa vie est en danger car la moindre affection prend de grandes proportions négatives sur son état de santé, elle a notamment dû être hospitalisée au mois d'août 2024, et il n'est pas possible d'attendre le jugement au fond ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est insuffisamment motivée ;

* elle résulte d'une erreur d'appréciation sur le lien de filiation, dès lors que les documents produits sont présumés probants tant que l'administration n'a pas apporté la preuve du contraire et que leur lien est en tout état de cause établi par possession d'état ;

* elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : il est porté atteinte à leur droit au respect de leur vie privée et familiale et que les enfants se retrouvent privés de la présence de leur père.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2025, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions présentées au titre des frais d'instance.

Il fait valoir qu'il a donné instruction aux autorités consulaires françaises à Dakar, le 17 septembre 2024, de délivrer les trois visas sollicités au titre du regroupement familial avant le 30 mars 2025.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 10 février 2025 sous le numéro 2502630 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience puis informées, le 18 février 2025, de la radiation de l'affaire du rôle de l'audience du 26 février 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Il ressort des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur a, postérieurement à l'introduction de la requête, donné instruction aux autorités consulaires françaises à Dakar de délivrer les visas de long séjour sollicités au titre du regroupement familial à Mme A C et aux jeunes F D B et G C B, avant le 30 mars 2025. Dans ces conditions, les conclusions présentées par M. E B et Mme A C sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme totale de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des frais exposés par M. E B et Mme A C et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentée par M. E B et Mme A C aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à M. E B et Mme A C, la somme totale de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E B, à Mme A C et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 26 février 2025.

Le juge des référés,

B. ECHASSERIEAU

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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