vendredi 18 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2505675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | POLLONO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mars 2025, M. D B et Mme E B, représentés par Me Pollono, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a implicitement rejeté le recours dirigé contre la décision de l'ambassade de France en Iran du 11 décembre 2024 refusant de délivrer à Mme B un visa de long au titre de la réunification familiale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer la situation dans un délai d'un jour à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à leur conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il existe un risque d'expulsion de la demandeuse de visa de l'Iran vers l'Afghanistan alors que son visa expirera le 6 mai 2025 et que son frère ainé qui n'est pas éligible à la réunification en raison de son âge, a l'intention de retourner en Afghanistan ; ils résident actuellement en Iran dans des conditions précaires et dans un logement pour lequel le contrat de location est arrivé à terme, le reste des membres de sa famille réside en France ; en cas de retour en Afghanistan, Mme B est exposée à des risques en raison de l'ancien rôle militaire de son père, réfugié en France, mais aussi en raison de son activité professionnelle de journaliste et en tant que femme.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de la date à laquelle l'âge de la demandeuse de visa aurait dû être apprécié ;
* elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* elle méconnaît les stipulations de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 14 avril 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
* la condition d'urgence n'est pas remplie : la requérante ne vit pas dans des conditions précaires ou d'isolement en Iran où elle a pu continuer ses études et dispose d'un logement, il n'est pas non plus établi que son frère majeur, ne réside plus en Iran et serait retourné en Afghanistan, le visa de la requérante est valable jusqu'au 6 mai 2025 et a déjà été renouvelé, elle a continué à étudier en Afghanistan jusqu'au mois de juin 2024 et n'a quitté ce pays qu'au mois de juillet 2024, elle ne peut se prévaloir des risques encourus en raison de son activité de journaliste alors qu'elle ne démontre pas exercer cette activité ;
* aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France pouvait légalement rejeter la demande de visa dès lors que M. D B n'a pas donné suite à la demande de régularisation du recours administratif préalable obligatoire qui lui a été adressée, la décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France qui s'est approprié les motifs de la décision consulaire est suffisamment motivée, Mme B qui présente une demande de visa au titre de la réunification familiale avec son frère M. B, n'était pas éligible à la réunification familiale au sens des dispositions du 3° de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle était majeure à la date de sa demande de visa, les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'ont pas été méconnues.
La demande d'aide juridictionnelle déposée par Mme B a été rejetée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 2 avril 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n°2505675 tendant à l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Glize, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 avril 2025 à 10h30, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mme Glize, juge des référés,
- les observations de Me Pollono, représentant les requérants, en présence de M. B qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, elle indique que l'avis d'audience ne lui a pas été communiqué, qu'elle n'a eu connaissance de sa tenue que par la communication du mémoire en défense, elle accepte de ne pas reporter l'audience et a notamment insisté sur le fait que si une demande de régularisation leur avait réellement été adressée, M. B aurait nécessairement procédé à la signature du recours et fourni un mandat. Elle ajoute que lorsque le réfugié est un mineur non accompagné son âge ne doit pas être apprécié à la date de l'enregistrement de la demande de visa mais à la date du dépôt de sa demande d'asile, ainsi que l'a jugé encore récemment la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) dans son arrêt du 30 janvier 2024 (aff. C-560/20), que la demande de Mme B avait initialement était enregistré par erreur comme une demande de regroupement familial et la demande de régularisation faite à cet égard n'a jamais été reçue, que l'intéressée est célibataire sans aucune ressource, et que son hébergement en Iran est nécessairement précaire, qu'elle a était contrainte de suivre ses études par correspondance et que le visa de son frère Dawood qui réside en Iran a expiré,
- les observations de la représentante du ministre de l'intérieur qui s'en rapporte à ses écritures et présente un courrier du 31 mars 2025 qui aurait été adressé au conseil des requérants indiquant que le recours administratif aurait été rejeté en raison de son irrecevabilité, elle ajoute qu'il n'est pas établi que le bail de la demandeuse de visa en Iran serait arrivé à son terme, qu'elle aurait procédé à une demande de renouvellement de son visa iranien alors que celui-ci expire le 8 mai 2025.
A l'issue de l'audience, le juge des référés a décidé de prolonger l'instruction jusqu'au 15 avril à 16h en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du16 mai 2023. Un visa de long séjour a été sollicité au titre de la réunification familiale pour sa sœur Mme B, auprès de l'ambassade de France en Iran, laquelle a refusé de délivrer le visa sollicité le 11 décembre 2024. Saisie d'un recours administratif préalable obligatoire, formé contre cette décision de refus, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, a, à son tour, refusé de délivrer le visa sollicité par une décision implicite résultant du silence gardé sur ce recours administratif préalable obligatoire puis par une décision expresse du 31 mars 2025 laquelle s'est substituée à la décision implicite. Les requérants doivent donc être regardés comme demandant la suspension de l'exécution de cette seule décision expresse.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
3. Aucun des moyens invoqués par les requérants, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision par laquelle la commission des recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé le refus de visa d'entrée et de long séjour en France opposé par l'autorité consulaire française à Mme B.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B et de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B, à Mme E B et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 18 avril 2025.
La juge des référés,
J. GLIZE La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2505675
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026