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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2505832

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2505832

jeudi 9 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2505832
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSHIBABA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... épouse A... demandant l'annulation du refus de visa de long séjour opposé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France. La requête a été jugée tardive, car introduite le 2 avril 2025, alors que le délai de recours contentieux de deux mois, interrompu par une demande d'aide juridictionnelle, avait expiré le 13 décembre 2023. L'ordonnance se fonde sur les articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, ainsi que sur l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 relatif à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 avril 2025, Mme C... B... épouse A..., représentée par Me Shibaba, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 5 juillet 2023 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France, saisie d’un recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision de l’autorité consulaire à Bamako (Mali) refusant de lui délivrer un visa de long séjour, a, à son tour, refusé de délivrer le visa sollicité ;

2°) d’enjoindre aux autorités compétentes de délivrer le visa sollicité, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros qui devra être versée à son avocat au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, moyennant la renonciation de cet avocat à percevoir la contribution versée par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.

Mme B... épouse A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par une décision du 9 novembre 2023 du bureau d’aide juridictionnelle (section administrative) du tribunal judiciaire de Lyon.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. 

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (...) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».

2.

Aux termes des dispositions de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…) ». Aux  termes de l’article 43 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relatif à l’aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : « (…), lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : (… ) 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée (…) ».  

3.

Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu’une demande d’aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu’un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l’expiration d’un délai de quinze jours après la notification à l’intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d’aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l’auxiliaire de justice au titre de l’aide juridictionnelle.

4.

Il ressort des pièces du dossier que Mme B... épouse A... a formé un recours administratif préalable obligatoire contre la décision consulaire de refus de visa auprès de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France, laquelle a rejeté ce recours par une décision expresse du 5 juillet 2023, notifiée au conseil de la requérante le 12 juillet 2023. Ainsi, le délai de recours contentieux a commencé à courir le 12 juillet 2023 pour s’achever le 13 septembre 2023. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que Mme B... épouse A..., qui en a sollicité le bénéfice le 6 juin 2023, a été admise à l’aide juridictionnelle partielle par une décision du bureau d’aide juridictionnelle du 9 novembre 2023, notifiée au conseil de la requérante le 28 novembre 2023. Par suite, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 2 avril 2025, soit après l’expiration du délai du recours contentieux, est tardive. Dès lors, elle est entachée d’une irrecevabilité manifeste qui ne peut être régularisée et doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... épouse A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... épouse A... et à Me Shibaba.

Fait à Nantes, le 9 octobre 2025.

La présidente,

P. PICQUET

La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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