mardi 24 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2507671 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | - Etrangers - 15 jours |
| Avocat requérant | ETAME SONE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi n° 2502013 du 2 mai 2025, le magistrat désigné du tribunal administratif d'Orléans a transmis au tribunal administratif de Nantes le dossier de la requête de M. B H, initialement enregistrée le 24 avril 2025, au greffe du tribunal administratif d'Orléans sous le n°2502013, suite au placement de M. H en détention provisoire au centre pénitentiaire du Mans.
Par cette requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrées au greffe du tribunal de Nantes, les 2, 21, 25 et 29 mai 2025, M. B H, représenté par Me Etame Sone, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 avril 2025 par lequel le préfet de la Sarthe lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de circulation sur le territoire français ;
2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, avec astreinte de 100 euros par jour de retard, conformément aux dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision a été signée par une autorité territorialement et matériellement incompétente pour ce faire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait son droit à être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, la menace à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française n'étant pas caractérisée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut de droit au séjour, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 251-1, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 251-1, 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision refusant un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le préfet ne justifie pas de la condition d'urgence de nature à justifier le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale par voie d'exception, la décision portant obligation de quitter le territoire, sur laquelle elle se fonde étant elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est illégale par voie d'exception, car fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire elle-même illégale.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant l'interdiction de circulation sur le territoire français :
- elle est entachée d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie d'exception, car fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;
- la décision est manifestement disproportionnée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mai 2025, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. H n'est fondé.
M. H a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mai 2025.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue par l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juin 2025 :
- le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée,
- les observations de Me Genet, avocate, substituant Me Etame Sone, représentant M. H, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
En l'absence du préfet de la Sarthe ou de son représentant, l'instruction a été close après ces observations.
Considérant ce qui suit :
1. M. B H, ressortissant roumain, né le 23 mars 1967, est entré en France selon ses déclarations en octobre 2024. Par la présente requête, M. H, actuellement en détention provisoire au centre pénitentiaire du Mans-les-Croisettes, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 avril 2025 par lequel le préfet de Maine-et-Loire, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. H a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mai 2025. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun dirigé contre l'ensemble des décisions contestées :
3. Par un arrêté n°2025-0050 du 3 mars 2025, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la Sarthe, le préfet de la Sarthe a donné délégation à Mme I E, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile, de l'éloignement et du contentieux de la préfecture de la Sarthe, signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire assorties ou non d'un délai de départ et d'une interdiction de circulation, en cas d'absence ou d'empêchement simultané de Mme F D, directrice de la citoyenneté et de la légalité et de Mme C G, cheffe du bureau de l'asile, de l'éloignement et du contentieux. Il n'est pas établi ni même soutenu que ces dernières n'auraient pas été absentes ou empêchées à la date de l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () ". Aux termes de l'article R. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative mentionnée aux articles L. 251-1, L. 251-3 et L. 251-4 est le préfet de département et, à Paris, le préfet de police ". Le préfet territorialement compétent pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français est celui qui constate l'irrégularité de la situation au regard du séjour de l'étranger concerné, que cette mesure soit liée à une décision refusant à ce dernier un titre de séjour ou son renouvellement, au refus de reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire, ou encore au fait que l'étranger se trouve dans un autre des cas énumérés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Tel est, en toute hypothèse, le cas du préfet du département où se trouve le lieu de résidence ou de domiciliation de l'étranger. Si l'irrégularité de sa situation a été constatée dans un autre département, le préfet de ce département est également compétent.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. H a été interpellé le 23 avril 2025 par la gendarmerie nationale de la Ferté-Bernard (72) pour des faits de vol aggravé par deux circonstances. Par suite, le préfet de la Sarthe, département dans lequel M. H a été interpellé, était territorialement compétent en application des dispositions précitées. Le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, la décision contestée vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, notamment l'article L. 251-1, 1° et 2°, les articles 3 et 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les règlements (UE) n°2004/38 et n°2016/399 du parlement et du conseil des 29 avril 2004 et 9 mars 2016. Elle mentionne, en outre, les éléments relatifs au parcours et à la situation personnelle du requérant et précise notamment qu'il est entré en France, selon ses déclarations, en octobre 2024 et qu'il ne justifie d'aucun droit au séjour tel que prévu, s'agissant des citoyens européens aux articles L. 233-1, L. 233-2 et L. 233-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise enfin que le 23 avril 2025, il a été interpellé pour des faits de vol aggravé par deux circonstances et est également défavorablement connu des forces de l'ordre pour des faits de vol. Dans ces conditions, la décision contestée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation individuelle de l'intéressé, est suffisamment motivée en fait et en droit.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique, toutefois, pas systématiquement l'obligation pour l'administration d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement qu'informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, l'étranger soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de demander un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision faisant grief que si la procédure administrative aurait pu, en fonction des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, aboutir à un résultat différent du fait des observations et éléments que l'étranger a été privé de faire valoir.
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que le requérant aurait vainement sollicité un entretien auprès des services préfectoraux, ni qu'il ait été empêché de présenter spontanément des observations avant que ne soit prise, le 23 avril 2025, la décision contestée, ni qu'il disposait d'éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise, à son encontre, la décision litigieuse et qui, s'ils avaient pu être communiqués à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de cette mesure. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été auditionné le 23 avril 2023 lors de sa garde à vue à la gendarmerie de la Ferté-Bernard et qu'il a été notamment interrogé sur sa situation personnelle et familiale et sa situation professionnelle. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu, conformément au principe général du droit de l'Union européenne énoncé notamment à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 233-1 : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France () ".
10. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour l'obliger à quitter le territoire, le préfet de la Sarthe s'est fondé sur le 1° et le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, considérant que M. H ne justifie pas d'un droit au séjour et que son comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société.
11. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le préfet a estimé que le requérant présentait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société en se fondant uniquement sur les faits de vol aggravé par deux circonstances, ayant conduit à son interpellation le 23 avril 2023 et les mentions au fichier automatisé des empreintes digitales selon lequel il est défavorablement connu des services de police pour des faits de vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt et vol en réunion, signalés en 2025. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait à la date de la décision attaquée été poursuivi pour ces faits ni condamné, son placement en détention provisoire le 28 avril 2025 pour deux mois, pour de nouveaux faits de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, vol par effraction dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt, refus de remettre aux autorités judiciaires ou de mettre en œuvre la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie et tentative de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance, étant postérieur à la décision en litige. Par suite, le préfet n'établit pas, à la date de la décision contestée que sa présence sur le territoire constitue une menace à l'ordre public au sens de l'article L. 251-1,1° et ne pouvait fonder la décision en litige sur ce motif sans l'entacher d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. D'autre part, si le requérant soutient avoir travaillé en France, il ne verse à la présente instance qu'un contrat à durée déterminée avec la société Autour du Grill, rompu avant la fin de la période d'essai, alors qu'il déclare dans son audition du 23 avril 2023 avoir travaillé à Bordeaux en tant que serveur et maintenant ne pas travailler. Par suite, en considérant que le requérant ne justifie pas d'un droit au séjour, notamment en application des dispositions précitées de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a pu fonder sa décision sur ce motif. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 251-1, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision refusant un délai de départ :
13. Aux termes des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la présente décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".
14. En l'espèce, le préfet qui se borne à soutenir que " eu égard à la nature des faits, à leur gravité, à leur caractère répété et au risque de récidive ", il y a urgence à procéder à l'éloignement de M. H, alors que comme évoqué au point 11, ces faits, à la date de la décision n'ont donné lieu à aucune poursuite ni condamnation, ne l'établit pas. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Sarthe a entaché sa décision d'une erreur de droit.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant le pays de destination :
15. L'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'ayant pas été démontrée, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait illégale par voie d'exception.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision fixant l'interdiction de circulation du territoire français :
16. Aux termes des dispositions de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement du 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".
17. En l'espèce, comme évoqué au point 11, le comportement de M. H ne saurait constituer, à la date de la décision en litige une menace actuelle et suffisamment grave à un intérêt fondamental de la société française. Par suite, quand bien même M. H ne justifie pas de liens intenses stables et anciens sur le territoire français, en déclarant que son épouse est en Irlande avec un de ses enfants majeur et que les deux autres, également majeurs vivent en Italie et en Angleterre et qu'il est entré en France récemment, en l'absence de menace réelle, actuelle et suffisamment grave à un intérêt fondamental de la société française, le préfet, en prononçant une interdiction de circulation d'une durée de trois ans, qui est la durée maximale, a méconnu les dispositions de l'article L. 251-4 et entaché sa décision de disproportion.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. H est seulement fondé à solliciter l'annulation des décisions portant refus de délai de départ et interdiction de circulation d'une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
19. Le présent jugement, qui ne prononce l'annulation que de la décision portant refus de délai de départ et interdiction de circulation n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. H doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administratives par M. H.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 23 avril 2025 par lesquelles le préfet de la Sarthe a refusé d'accorder à M. H un délai de départ et a prononcé à son encontre une interdiction de circulation sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. H est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B H, à Me Verlaine Etame Sone et au préfet de la Sarthe.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2025.
La magistrate désignée,
S. MOUNICLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026