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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2509390

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2509390

jeudi 12 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2509390
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTAUGOURDEAU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête en référé suspension de M. A, qui contestait le refus du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de lui renouveler sa carte professionnelle d'agent de sécurité. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant d'avoir fourni des justificatifs suffisants (bulletins de salaire, ressources du foyer) démontrant une atteinte grave et immédiate à sa situation. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et l'ordonnance a été rendue sans qu'il soit nécessaire d'examiner le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mai 2025, M. B A, représenté par Me Taugourdeau, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 24 avril 2025 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui renouveler sa carte professionnelle ;

2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de lui adresser un document provisoire l'autorisant à exercer la profession d'agent de sécurité dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros hors taxes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision de refus de renouvellement de sa carte professionnelle l'empêche d'exercer sa profession à compter du 17 juin prochain et alors que ses revenus sont les seuls du foyer ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

Vu :

- la requête par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rosier pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A était titulaire d'une carte professionnelle relative aux activités privées de sécurité dont la validité a expiré le 17 juin 2025. Le 24 février 2025, il a adressé une nouvelle demande de carte professionnelle au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS). Par une décision du 24 avril 2025, le directeur du CNAPS a refusé la demande de renouvellement d'une carte professionnelle, après consultation du traitement des antécédents judiciaires, aux motifs que l'intéressé a été mis en cause pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis le 18 avril 2024 et pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants le 6 avril 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée.

4. Pour caractériser l'urgence de sa situation, M. A fait valoir que la décision de refus de renouvellement de sa carte professionnelle le place dans une situation précaire en ce qu'il se retrouve privé de toute possibilité d'exercer le métier d'agent de sécurité. Toutefois, il résulte de l'instruction que le requérant, qui était titulaire d'une carte professionnelle relative aux activités privées de sécurité dont la validité a expiré le 17 juin 2025, ne présente à l'appui de sa requête aucun bulletin de salaire se rapportant à l'exercice de cette activité mais seulement l'attestation d'une société de sécurité certifiant l'avoir employé pendant un an et demi. Ainsi, en l'absence au surplus d'éléments se rapportant à l'impossibilité d'exercer d'autres activités rémunératrices et de justificatifs des ressources de son foyer, M. A n'établit pas que la décision en litige porte une atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue. En conséquence, la condition d'urgence, au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article

L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 12 juin 2025.

Le juge des référés,

P. Rosier

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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