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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2509531

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2509531

mercredi 9 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2509531
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation- Etrangers - 15 jours
Avocat requérantKADDOURI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a été saisi par M. C, ressortissant guinéen demandeur d'asile, d’un recours en excès de pouvoir contre la décision de l’OFII refusant de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le requérant invoquait une insuffisance de motivation, un défaut d’entretien de vulnérabilité et une erreur manifeste d’appréciation. Le tribunal, statuant en application des articles L. 551-16 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés n’étaient pas fondés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mai 2025, M. B C, représenté par Me Kaddouri, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 mai 2025 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et ce, dans les quinze jours suivant la décision à intervenir, sous astreinte d'un montant de cent euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, lui enjoindre de réexaminer sa situation administrative dans les quinze jours suivant la décision à intervenir, sous astreinte d'un montant de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, conformément aux articles L. 761-1 du code de justice administrative et 39 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour lui de renoncer à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, ou, en l'absence de décision lui accordant le bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la même somme, à lui verser directement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence d'entretien de vulnérabilité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vulnérabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2025, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé et qu'il y a lieu de rejeter les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas partie à l'instance.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 juin 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Mounic, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Mounic, magistrate désignée, a été entendu à l'audience publique du 24 juin 2025.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée à la suite de l'appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant guinéen, né le 1er mai 2000, est entré en France le 25 janvier 2023 pour y solliciter l'asile. Par un arrêté du 3 mars 2023, le préfet de Maine-et-Loire a ordonné son transfert aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile. Le 17 juillet 2023, l'OFII a décidé de cesser de lui attribuer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le 2 mai 2025, il a déposé une demande d'asile et sollicité le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 19 mai 2025 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ". Aux termes des dispositions de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 551-16, elle ne peut être prise que dans des cas exceptionnels. Cette décision prend effet à compter de sa signature ".Aux termes de l'article L. 522-3 de ce même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".

3. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique comme motif justifiant le refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil " vous n'avez pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en vous abstenant de vous présenter aux autorités ", énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est ainsi suffisamment motivée.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié d'un entretien avec un agent de l'OFII, afin de ré-évaluer sa vulnérabilité, réalisé le 2 mai 2025 et dont il a signé la fiche d'entretien. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait illégale en l'absence d'entretien d'évaluation de sa vulnérabilité.

5. En troisième et dernier lieu, le requérant se prévaut de sa vulnérabilité en faisant valoir qu'il est sans ressource, sans hébergement stable en l'absence de solution d'hébergement trouvée par le 115, ni moyens de subvenir à ses besoins les plus élémentaires. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision attaquée, qui précise que ses besoins et sa situation personnelle et familiale ont été examinés, que son édiction n'aurait pas été précédée d'un examen particulier de la situation du requérant au regard de sa vulnérabilité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la directrice territoriale de l'OFII aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Le moyen doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C ne peut qu'être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Hamid Kaddouri.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2025.

La magistrate désignée,

S. MOUNICLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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